‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 88 sur 99 · C'est la prononciation vulgaire du nom Souleymân · texte numérisé non relu

C'est la prononciation vulgaire du nom Souleymân

La sépulture de laquelle provient cette épitaphe en prose rimée était située au-dessus de la zâwiyà de Sidi cAbderrahmân Et- Ta'àliby. Au rapport de la tradition, elle avait été élevée par un dey à son médecin; mais les noms des deux personnages étaient tombés dans l'oubli. Elle affectait la forme d'une coupole reposant sur une base carrée et présentait, sur chacune de ses faces, deux arceaux soutenus au milieu par une colonne et surmontés de deux inscriptions; la face nord n'en possédait qu'une seule.

Musée d'Alger.

Inscription arabe provenant de la mosquée Sidi rAbderrahmân.

Ecriture médiocre du type nesky rarby.

Hauteur des lettres montantes : 0m,03.

Fragments d'une table de marbre mesurant 0m,49 de hauteur sur 0m,49 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur huit lignes dont chacune est divisée en deux parties par une rosace.

^..ftl^.U J> 4)1 al — >. *LJ o (£-*.*> tL>c-L« Sj-X-J ^->v/* *%-•

J:\jiW j> 0jJ ^yy* \^j . ê^jl. jJ:>\±J-\ U!l ^__sj 4.

jy 3^i à\ ^\ ^j

Traduction. — Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux ! Que Dieu répande ses grâces sur notre seigneur

Mohammed! Lorsque tu désireras obtenir ce que tu sollicites, visite le tombeau de la couronne des savants,Et-Taâliby([), H est un asile (2), un éducateur, un modèle, un refuge, une direction (3), un imâm (4) à qui Dieu a prodigué tous les dons. Par lui, Dieu a rendu Alger célèbre en Orient et en Occident. Sois donc assidu auprès de son tombeau, dans les malheurs. Que de nœuds il a dénoués, supprimés et élargis, quand les voies étaient restées jusqu'alors étroites! Un de ceux qui le savaient par expérience a dit : « Le pèlerinage auprès de lui apporte la plus pure des choses nécessaires (5) ». Accorde donc, ô mon Dieu, à celui qui vient le visiter l'objet de sa demande, et concède lui, dans ses deux demeures (6), tout ce qu'il sollicitera. Il est décédé (que Dieu perpétue l'éclat de sa lumière !)

Cette inscription a été publiée par Devoulx (Fpigrapkie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 73 et sq.). La pierre qui la porte a été brisée, et n'est pas parvenue au Musée dans son entier. 11 en résulte des lacunes dont quelques-unes ont pu être comblées grâce à une copie manuscrite placée dans un cadre, à l'entrée de la mosquée de Sîdî 'Abderrahmân. Il existe entre elle et l'original certaines différences qui ont été signalées par Devoulx et qui corrigent le texte sculpté. Par contre, les 6e et 8e lignes de l'épigraphe font absolument défaut dans le manuscrit, en sorte que le mot v-^-*-'» dans lequel la partie inférieure du j a disparu, a été placé en partie entre crochets par Devoulx; pourtant, c'est là une précaution inutile, car la lecture n'est pas douteuse. La dernière ligne n'a pu être complétée; mais c'est à

1. 'Abderrahmân était originaire de la tribu des Ta'àlibà, qui habitait jadis la plaine delà Mitidja.

2. 11 est possible que ce mot soit pris au sens propre, car la protection du saint s'étendait autrefois sur quiconque se réfugiait dans la mosquée qui renferme son tombeau, et elle le rendait inviolable.

3. Par métonymie, pour : celui qui indique la direction religieuse.

4. Chef religieux et, en particulier, celui qui se place devant le groupe des fidèles en faisant face à la Mekke, pour réciter la prière et donner le signal des mouvements rituels.

Page 1