On sait qu'un tel poème porte le nom de rn'edh \jrJ
Traduction. — Les fondements du magasin de V'achoûr ont été consolidés et son revêtement a été restauré. Après que la réparation eut été ï objet d'un examen sur et que T achèvement en eut été doublement constaté, il fut approvisionné. Puisque Mohammed pacha {à qui Dieu fasse obtenir ce qu'il désire!) a ordonné cette construction, puisse-t-il en être récompensé! Que [ce magasin) délicieux [soit] rempli de blé et d'orge!
Cette inscription a été publiée par Devoulx {Épigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 52 et sq.). La transcription qu'il en a donnée porte <s\Sà>, 4]^U, j5ju» (4e ligne),
au lieu de c/Uîu, 4!^, JSj^ qui sont très nettement tracés. En outre, l'usage qu'il a fait des points de suspension pour remplacer la partie du texte qui a disparu laisse supposer que la mutilation atteint la fin de la quatrième ligne, tandis qu'elle affecte en réalité la région moyenne de celle-ci. Il semble probable, en raison du contexte, de l'étendue de la lésion, et de la forme des fragments de lettres qui ont subsisté, que les mots disparus étaient '0y£ y j^Jjl.
Les indications du Livret de Berbrugger (1) font connaître que cette épigraphe figurait au-dessus du bureau du qâïd-el-'achoûr, dans la cour du magasin des grains d'fachoûr(2) situé rue Jénina et démoli vers 1854. Il est difficile de fixer, même par approximation, la date des travaux dont elle nous a conservé le souvenir, car le nom de Mohammed fut porté par un assez grand nombre de pachas. On pourrait songer à les attribuera Mohammed pacha, le fondateur du Fort de Babeloued (3) qui régna de janvier 1567 à mars 1568. Mais il n'est pas permis de s'arrêter à cette hypothèse. On sait, en effet, par une inscription (n° 39) qui appartient également au Musée d'Alger et qui provient du même édifice, que le magasin aux grains de la rue Jénina fut bâti en 1080 de l'hégire (1669-1670 de l'ère chrétienne), sous le règne d'El-Hâjj 'Aly Agha. Or les termes employés ici montrent qu'il s'agit d'une restauration et non d'une construction neuve. Il en faut conclure que cette épigraphe est postérieure à l'an 1080 de l'hégire; mais
1. Berbrugger, Livret explicatif des collections diverses de la Bibliothèquemusée d'Alger (op. laud.), p. î32.
2. L'cachoûr ou dîme était l'impôt eu nature perçu sur les céréales.