DÉPARTEMENT^D'ALGER
la construction quand le moment de sa mort /ut proche. Il a eu pour but le visage du Dieu auguste. Année SiO et cent.
Cette ÎDScriptiOQ a été publiée et traduite par Devoulx [Epigraphie indigène du Musée archéologique d^Alger^ op. laud., p. 98
etsq.).
La césure que présentent, à la fin de la ligne, les mots Jâp^l et
4i*L^ est remarquable, car elle constitue une irrégularité fort
rare, même dans les inscriptions algériennes les plus incorrectes;
la mauvaise orthographe de ,^lj' f>^ pour ^j»^J^ c/^ mérite
aussi d'être signalée.
Dans la phrase : Il a eu pour but le visage du Dieu augitste^ j*ai
cherché à conserver l'image du texte arabe ^Ji^.ll 4Ui a^j ^ juoi empruntée au Qordn (xiii, 22, et passim). La contemplation de la face de Dieu est considérée comme la récompense suprême réservée, dans la vie future, aux hommes vertueux.
Le mode de notation de la date est tout à fait inusité et a été, de la part de Devoulx, l'objet de judicieuses remarques. 11 faut certainement, comme le pensait cet auteur, lire chaque lettre avec la valeur numérique qu*elle prend dans Talphabet, tout en tenant compte de son rang comme s'il s'agissait d'un chiffre placé selon le système décimal. En suivant cette méthode on obtient le nombre 810 auquel on doit ajouter le nombre 100 indiqué ensuite en toutes lettres. Le total 910 correspond à Tannée 1505 de l'ère chrétienne. On sait qu'il existait des corsaires, à Alger, dès cette époque, antérieure de onze ans à l'établissement de la domination turque; peut-être aussi faut-il admettre que le titre de rets désigne seulement, ici, le capitaine d'un navire non armée en course. Le personnage dont il s'agit n'est pas autrement connu; il ne saurait être confondu avec ses deux homonymes, les reïs Mâmy Korso et Mâmy Arnawt qui apparaissent dans l'histoire de la piraterie barbaresque, le premier vers 996 de l'hégire (1569 de l'ère chrétienne), et le second vers 1009 de l'hégire (1582 de l'ère chrétienne).
Musée de Cherchel.
Inscription arabe provenant de l'ancien fort turc de Cherchel.
Mauvaise écriture du type neskyrarby.
Hauteur des lettres montantes : 0°>,06.
Fût de colonne de marbre paraissant provenir d*un monument romain, et sur la section droite duquel a été tracé un cadre rectangulaire qui mesure 0^,53 de hauteur sur Oro.51 de largeur.
Caractères sculptés en relief et disposés sur six lignes.
Inédite.
^j. 1^ Il Alij ^ to^ > ^» > Il (tJ^ Ù^J^ ^^ ^.
f\Ji\ jmV» ii>^ jt ijll ^jl? ù. Il •>y^ -J^.li» •Liil Jb
Traduction. — Au nom de Dieu, le Clément^ le Miséricordieux! Que Dieu répande ses grâces sur notre seigneur Mohammed et sa famille ! Ceci est le bordj de Cherchel^ élevé par le càid Mahmoud ben Fâris Ez-Zekky, sous le gouvernement de l'émir qui exécute les ordres de Dieu, qui fait la guerre sainte dans la voie de Dieu^ Aroûf, fils d'Ydqoûb aux destinées augustes^ à la date de neuf cent vingt-quatre.
M. René Basset, directeur de l'Ecole des Lettres d'Alger, a donné de cette épigraphe une traduction insérée par M. Gauckler dans son ouvrage sur le Musée de Cherchel (1); les deux derniers mots
de la cinquième ligne (UJ oULi) n'y sont pas rendus. Ce qualificatif persan n'a rien qui puisse surprendre après le nom d'un Osmanli tel qu'Ya'qoûb, père des Barberousse ; il est intéressant de le rapprocher des expressions par lesquelles le même personnage est désigné dans l'inscription 8 : « Le célèbre émir, champion de la guerre sainte, Aboû Yoûsef, le Turc. »
Quelques incorrections sont à signaler dans ce texte; on lit:
^jU ^, v^^ j;l, m (4« et 5« lignes), ^UUI, 4.U, au lieu de
Celte inscription était placée au dessus du bordj turc de Cherchel qui fut démoli en 1860; c'est le seul monument épigraphique du déparlement d'Alger qui mentionne le nom d'Aroûj ben
1. Paul Gauckler, Le Musée de Cherchel (Paris, Leroux, 1895).