I. — DÉPARTEMENT D'ALGER
Ya'qoûb. On sait qu'en 1516, avant de marcher sur Alger où l'avait appelé Sâlim Et-Toûmy, Aroûj passa par Cherchel alors occupé par un de ses lieutenants, Qara Hasen, qui s'y était solidement établi. Craignant de trouver en lui un rival, Aroûj le fit mettre à mort et laissa dans la ville une petite garnison. Peutêtre Mahmoud ben Fâris Ez-Zekky succéda-t-il à Qara Hasen; il est, en tous cas, vraisemblable que la construction du bordj fut entreprise dès cette époque puisqu'elle s'acheva en 1518 (924 de l'hégire). C'est en cette même année de 1518 qu'Aroûj fut tué après avoir soutenu bravement le siège de Tlemcen contre les Espagnols.
Musée d'Alger.
Inscription arabe provenant de l'ancienne mosquée de Keyr* Ed-Dîn (1).
Écriture très médiocre du type nesky rarby.
Hauteur des lettres montantes : 0'",05.
Table de marbre mesurant 0™,35 de hauteur sur 0",87 de largeur.
Caractères sculptés en relief et disposés sur six lignes.
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Traduction. — A.u nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux! Que Dieu répande ses grâces sur notre seigneur Mo-
1. Cf. Devoulx, Édifices religieux de Vancien Alger {op, laud»), p. 137 et sq.
hammedl Dans des édifices dont Dieu a autorisé f élévation, où il a permis que son nom fût prononcé^ on proclame ses louanges matin et soir [{). La construction de cette mosquée bénie a été ordonnée par le sultan qui soutient la guerre sainte dans la voie du Maître des mondes (2), notre souverain Keyr Ed-Din, fils du célèbre étnir^ champion de la guerre sainte, Aboû Yoûsef Ya'qoûb^ le Turc. Que Dieu le fasse parvenir au plus extrême objet de ses désirs, et F aide à combattre r ennemi de Dieu et r ennemi de son Prophète! A la date des premiers jours du mois de joumddd 'loûlà de Tannée neuf cent vingt-six.
Cette inscription a été publiée par Devoulx {Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op, laud.y p. 54 et sq.). La vocalisation qu*il a donnée au texte diffère un peu de celle de l'original dont j'ai respecté scrupuleusement les indications.
Le mot ^^*«j a été traduit par « on proclame »; en réalité, le
sujet de ce verbe n'est pas exprimé et il eût fallu, pour le rétablir, ajouter intégralement le verset 37 qui le contient. 11 n'est pas inutile d'observer que la voyelle de la deuxième radicale a été prudemment omise, tandis que le techdid est nettement tracé : c'est que la deuxième forme active du verset cité s'accorderait fort mal avec le contexte. Il semble que l'écrivain, prévoyant l'embarras où les lacunes de sa citation mettraient le lecteur, ait voulu lui permettre de satisfaire à la syntaxe et de modifier légèrement le texte du Qorân en adoptant la forme pas-
sive ^^^ employée comme impersonnel.
Le père de Keyr Ed-Din est désigné, à la 4® ligne, sous la déno> mination pompeuse de jjOI v^^^-^ <-^Jl ^} J^L^' j^\ jSi\^ qui donne matière à plusieurs remarques. Tout d'abord, on n'est pas nettement fixé sur la profession qu'exerçait le père de Keyr Ed-Dîn Barberousse dont il s'agit ici : les uns en font un potier (3), les autres, un reïs de l'île de Métilène (4). Au surplus, dans les Razawâty Keyr Ed-Din fait dire à son frère Aroûj :