I. - DÉPARTEMENT D'ALGER
sultan, ayant affecté à sa chambre^ comme bien de mainmorte^ la boutique de cordonnier située dans le voisinage de la Porte du pac/ia^ à la condition que le loyer en servait affecté à la réparation et à rétamage des grands chaudrons de la chambrée^ il en a été fait mention en cet endroit.
2^ Sceau de Salomon :
Quelle belle chose Dieu à voulue!
Cette inscription est intéressante à un double titre. D'abord c'est le seul monument où il soit question d'un bien de mainmorte attribué à une chambre de janissaires par un de ceux qui l'avaient habitée; les libéralités de ce genre consistaient, d'ordinaire, en simples embellissements. En outre, raffectalion toute spéciale du revenu ainsi assuré se rencontre fort rarement dans les fondations pieuses. Pourtant, on trouve une clause du même genre dans un acte cité par Devoulx (1) et ainsi conçu : « La dame Douma bent Mohammed déclare constituer en habous ses chaudrons en cuivre au profit du tombeau du saint et vertueux Sidi Abderrahman et-TsaUbi, afin qu'il en soit fait usage, soit pour la cuisson des aliments, soit autrement. Ces chaudrons seront entretenus, étamés et réparés sur les revenus d'une boutique dont elle est propriétaire. » (Acte de 1241, soit 1825-26.)
L'auteur de cette fondation n'a pas laissé d'autre trace dans l'histoire d'Alger. Le pacha auprès duquel il exerçait les fonctions de second officier des cuisines était Mohammed ben 'Osman, qui régna de 1766 àl791. Quant à la caserne Lemercier à laquelle cette inscription a été empruntée, elle portait, sous la domination turque, le nom de caserne d'Osta Moûsâ; elle a été démolie en 1898 et l'épigraphe qui l'ornait a été déposée à la Mairie d'Alger.
L'an 1199 de l'hégire correspond aux années 1784-1785 de l'ère chrétienne.
Phare de V Amirauté, à Alger.
Inscription turque d'origine incertaine.
1* Devoulx, Les édifices religieux de Vancien Alger, op, laud,, p. 41.
Belle écriture du type nesky cherqy.
Hauteur des lettres montantes : On»,07.
Table de marbre mesurant 0",41 de hauteur sur 0°>,47 de largeur.
Caractères gravés en creux et remplis de plomb, disposés sur quatre lignes enfermées dans des cartouches tracés comme les lettres. La date est inscrite au-dessus de la partie finale de la dernière ligne.
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^ Il ^. ^(^ -^ J^' •JCkijf j^\ dJL I ^4,\ xjJ-
Traduction. — En prodiguant sa sollicitude ^ il a étendu ses bienfaits; se proposant d'être agréable à la Véiité^ il a restauré sa chambre. A la date de mil deux cents ^ Mohammed, bey de l Ouest, a joint cela à la somme de tous ses bienfaits. An 1200.
Cette inscription a été publiée par Devoulx {Épigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud,, p. 132). Le texte qu'il en a donné diffère très peu de celui-ci. On y lit : jL^I j^c, •Lj^j ,C^, ,v*^, a, au lieu de V a'L^I ,t^L;^j ,j-. ,o> ,cL; en outre, la date en chiffres y a été omise, ainsi que le mot 41^ qui la précède. Le ^s de (/U»j est Vizâfèt persan; cette notation remplace très souvent le hamzà dans les inscriptions turques de l'Algérie.
Il estim possible de savoir d'une façon certaine de quelle caserne provient cette épigraphe qui consacrait le souvenir d'embellissements apportés à une chambre de janissaires; mais il est permis de supposer qu'elle appartenait, comme celle qui porte le n*" 140, à la caserne d'Ed-Droûj. En effet, tous les marbres encastrés dans le mur de la poudrière, au pied du phare de l'Amirauté, ont été recueillis à la suite de l'explosion qui détruisit, en 1845, le magasin aux poudres situé en cet endroit; et il est bien probable que ceux qui sont relatifs aux bâtiments militaires ont été arrachés des murs de la caserne d'Ed-Droûj qui, située tout près de l'Amirauté, a dû éprouver les plus grands dommages.