‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'AlgérieChapitre 101 sur 249 · I. — DÉPARTEMENT D*ALGER · texte numérisé non relu

I. — DÉPARTEMENT D*ALGER

Le personnage désigné sous le nom de Mohammed, bey de l^Ouest, est Mohammed ben *Osmàn; il avait été d'abord kaltfà d'Ibràhtm, bey de TOuest, dont la résidence était à Mascara. C'est en cette qualité qu'il avait pris part, avec les contingents de cavalerie, à la défense qu'Alger opposa à l'expédition d'O'Reilly, en 1775. Lorsque Ibrahim mourut, vers 1777, Mohammed eut Vespoir de lui succéder. Un certain El-Hàjj Kelil le supplanta en Sichetant, dit-on, la charge à prix d'argent; mais il succomba, peu après, dans une expédition dirigée contre Tlemcen et, cette fois, Blohammed ben 'Osman fut nommé bey de l'Ouest, çn 1780. C'était un brave soldat doublé d'un administrateur habile; il s'appliqua à atténuer les désastres que la peste et la famine de "1780 avaient causés dans la région soumise à son autorité. Il eml)ellit et fortifia Mascara et Mostaganem, réduisit à Tobéissance les tribus rebelles de l'intérieur, poussa jusqu'à Laghouat dont il s'empara et dont il obtint la soumission; puis, après une première attaque infructueuse dirigée contre Oran, en 1784, il vint mettre le siège devant cette place au lendemain du terrible tremblement de terre de 1790. Après des alternatives de succès et de revers, il traita avec les Espagnols et fit passer cette place de guerre sous l'autorité du dey d'Alger. Les plus grands honneurs lui furent rendus: il reçut le surnom d'El-Kebîr (le Grand), et fut décoré de l'Ordre de la Plume et nommé dey d'Oran. Il s'efforça d'assurer le peuplement de la ville et se montra humain et bienveillant pour les quelques familles chrétiennes qui y étaient restées.

Mohammed El-Keb!r mourut en 1797; un certain mystère plane sur son trépas car on accusa le dey d'Alger de l'avoir fait empoisonner.

Les vers qui composent cette épigraphe forment un distique scaadé sur le mètre kâmil.

L'an 1200 de l'hégire correspond aux années 1785-1786 de l'ère chrétienne.

Musée (f Alger,

Inscription turque provenant d'une caserne des janissaires sise autrefois dans la rue Médée.

Bonne écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0">,09.

Caractères sculptés en relief et disposés sur deux lignes.

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Traduction. — Le 'achji Hasan a fait inscrire cette dat en mil deux cent cinq^ et a réparé et restauré sa chambre.^ Année 1205.

Cette inscription a été publiée par Devoulx [Epigraphie indi* gène du Musée archéologique d'Alger^ op. laud.j p. 19); mais la transcription et la traduction qu'il en donne sont également incorrectes : le texte porte nettement j^m^ et non ô^»^- C'est la lecture qu'avait proposée Berbrugger, et Devoulx Ta écartée sans motif; les caractères sont très bien tracés et le doute n'est pas permis. Le 'achjî Hasan devint dey d'Alger le 12 juillet 1791 (11 doû '1-qa'dà 1205); or il était de tradition que les anciens janissaires élevés au pouvoir fissent réparer et embellir la chambre qui les avait abrités jadis, et l'inscription ci-dessus montre que le dey Hasan s'était conformé à cet usage avant d'être investi de la dignité suprême.

La charge de 'achjî était une des plus importantes dans l'ancienne régence d'Alger. Le mot 'achji, qui signifie « cuisinier », désignait l'officier chargé de surveiller la préparation des mets, et de les goûter devant le pacha au moment où ils lui étaient servis. Mais c'était là une de ses moindres attributions : les archives de la domination turque qui ont été étudiées par Devoulx (1) donnent des indications précises à ce sujet. Elles nous apprennent que les 'achjî étaient sous les ordres d'un 'achjt-bdcht lequel avait, conjointement avec le kaznaddr ou intendant, la direction du personnel de la maison du pacha, et était chargé, en outre, de la surveillance des prisons militaires, parfois même de l'administration du régiment (orta). L'orthographe employée ici n'est pas celle que donnent la plupart des dictionnaires; on écrit gêné-

1. Cf. « Tachrifât », Recueil de noies historiques sur r administration de Van^ cienne régence d'Alger^ traduites par Devoaix (Alger, Imprimerie du GouTerment, 1852), p. 19^ 1. 7 et sq. ; p. 25 1. 47 et sq., et passim.

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