I. e. : le séjour d'ici-bas
qu'ont tracé ses témoins {i) et ce qua dit{t) Celui dont parole s' accomplit , quoi qu'il arrive (3); Usera tenu debo nu et humblement ravalé, et il sera examiné ^ au Jour du compte y et interrogé. Alors, tel sera heureux^ placé dans paradis pour r éternité^ et tel y infortuné^ sera enchaîné du V enfer. Tai mis en dépôt ici la profession de foi qu'il n'y de divinité que Dieu et que Mohammed est l'envoyé de Dieu ^ L'adorateur de son Maître , le Tout-puissant^ A hmed Kojà ben Mohammed {que Dieu lui pardonne ainsi qu'à ses pa rents!) Année 1221.
La première et rayant-dernière ligne de cette inscription contiennent des formules religieuses, et la dernière est réservée à la signature et à la date. Les quatre autres lignes sont formées de vers scandés sur le mètre tawiU La manière dont le fondateur est nommé montre qu'il est en même temps le rédacteur de l'épigraphe : Ahmed Kojà était, en effet, un lettré, et avait exercé les fonctions de <c kojèt-el-keyl ». A la suite d'une émeute provoquée par la famine et au cours de laquelle le dey Mustafâ fut assassiné par les janissaires, il fut porté au pouvoir et régna à Alger du 30 juin 1805 au 7 novembre 1808. 11 eut le même sort que son prédécesseur et périt au cours d'une révolte ourdie contre lui; il fut tué d'un coup de feu, puis décapité. Son successeur 'Aly 'L-Rass&l fut, au bout de quelques mois, victime à son tour de l'anarchie des yoldach (4). Un tel état social justifie bien les sombres réflexions auxquelles Ahmed Kojà se livre ici et qui sont inusitées lorsqu'il s'agit de la fondation d'une fontaine : le texte est celui d'un testament philosophique plutôt que d'un acte de donation.
L'expression JJi» Up offre un rare exemple de l'emploi de U avec
le sens de »^. A la fin du 3° vers, J^ devrait être écrit JUj.
1. L e. : les anges qui sont préposés à renregistremeat des actions des hommes en vue du Jugement dernier.
2. L e. : le Qordn^ considéré par les musulmans comme la parole même de Dieu.