‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'AlgérieChapitre 132 sur 249 · I. — DÉPARTEMENT D'ALGER · texte numérisé non relu

I. — DÉPARTEMENT D'ALGER

français quand nous employons « faire son chemin » comme synonyme d' « avancer dans sa carrière ».

D'après la coutume établie dans Tojàq d'Alger, les anciens janissaires parvenus à un grade élevé tenaient à honneur de faire embellir la chambre qu'ils avaient habitée à leur début dans le métier des armes : c'était un moyen de resserrer les liens de solidarité qui unissaient les membres de la milice turque et d'encourager les nouveaux venus par l'exemple du succès de leurs aines.

Le pacha *Omar dont fait mention cette épigraphe exerça le pouvoir, à Alger, d'avril 1815 à octobre 1817. 11 résulte des recherches faites par Devoulx qu'il avait appartenu à l'ojàq (1) n® 232 logé dans la chambre dite de Bàbà Hasan, à la caserne d'Ed-Droûj (2) sur l'emplacement de laquelle les Français bâtirent plus tard la caserne Lemercier, démolie tout récemment. C'est sans doute de ce local que provient la présente inscription qui forme un distique scandé sur le mètre remel.

L*an 1231 de l'hégire correspond aux années 1815-1816 de l'ère chrétienne.

Mu$ée d* Alger.

Inscription turque provenant du fort dit Borj El-goumen, à Alger.

Belle écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0™,07.

Table de marbre mesurant O^^^TS de hauteur sur 1%22 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur cinq lignes scindées en deux parties dont chacune est enfermée dans un cartouche

1. Il est évident que Dovoalx emploie à tort le mot « ojâq » qui s'applique an corps des Janissaires dans son ensemble. On ne peut songer à le remplacer par « orta » qui désigne le régiment, car il n'y avait pas 232 régiments en Barbarie. Sans aucun doute, il s'agit ici de 1' « oda » qui signifie proprement « chambre » et « chambrée » et que l'on donnait à l'unité autonome la plas simple dans l'organisation de la milice; à sa tète était un u oda-bftchî » dont le titre correspond littéralement à « chef de chambrée », mais qui était, en réalité, un capitaine, un commandant de compagnie. Ainsi s'explique le chiffre élevé de 232 donné par Devoulx : le numéro de la chambrée avait une si grande importance que le jeune soldat le faisait tatouer sur sa main gauche lors de son incorporation.

2. I. e.: Caserne des Escaliers, parce qu'on y accédaitpar plusieurs marches.

du même relief que les lettres. La date, également en relief, est inscrite dans un petit cartouche séparé, au-dessous de la partie médiate de la dernière ligne.

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Traduction. — Bien\quelle fût devenue fort ancienne j la vigie était indispensable. Dieu soit loué! Elle est mainte^ nant achevée et a reçu une oryanisaiion. A F origine^ la vigie n^avait que deux canons : c'était peu. A présent^ elle est devenue ainsi un fort d six canons : c'est la sécurité. Son constracteur est 'Omarpacha^ compatriote de celui qui fit la conquête. Puisse-t-elle durer tant que dureront les mondes^ jusqu'au jour de la résurrection! hommes de garde ^ observez bien qui aborde à ce rivage ! A rtilleurs qui êtes du nombre, allez ^ donnez vos soins aux canons! 'Alwy^ si le mo^ ment est venu^ dis c'est en toi qu*est sa date : « Elle a été achevée en l'an mil deux cent trente-et-un ». Année

Cette inscription a été publiée par Devoulx {Épigraphie indi^ gène du Musée archéologique d'Alger, op, laud,^ p. 86 et sq.). Le texte qu'il en a donné diffère trop sensiblement de l'original pour qu'il soit possible de relever les diverses irrégularités de transcription. Toutefois, je signalerai, parmi les altérations les plus graves, Tinterversion complète des hémistiches dans chacun des

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