‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'AlgérieChapitre 145 sur 249 · Hevue africainey t. H, p. 302 et sq · texte numérisé non relu

Hevue africainey t. H, p. 302 et sq

construire magnifiquement cette « grande fontaine », en a avivé le cours. Que Pami du Maître Auguste (1) intercède, à la réunion du jugement dernier^ en faveur de celui gui, après en avoir bu Peau, pensera à faire une prière à son intention. Puisqu il a établi cet édifice^ que sa grandeur ainsi que la chaste dame qui habite sa demeure soient toujours joyeuses et respectées dans ce monde et dans l'autre. Comme ces constructions ont été achevées avec la bienveillance de la Vérité^ leurs deux dates nous sont venues : rayn, râ, lâm et hâ. Année 1238.

Cette inscription a été publiée par Devoulx (Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger^ op. laud., p. 69 et sq.). Le texte qu'il en a donné diffère de celui-ci sur plusieurs points, et des divergences encore plus grandes séparent sa traduction de celle qui est proposée ici. Devoulx écrit : y — ,jV — #j-^a»- —

J jwf — 0^. — à^ — iSj ù^: — û^ -^3^ — >^y — f^3h3 — ^V^i ^^ ÏÎGu de y — i>\î — dj"^^^ — àjf — •*^,

— jU, — ^jI^U:- — ôy^5^5^ r^' — J-*î>Jy — r^i J^J5 — \)L L3; en outre, il fait entrer les mots ci^^jl»' jJ^^i' dans Tavant-dernière ligne, alors qu'ils appartiennent à la dernière.

L'expression « grande fontaine » a été mise ici entre guillemets parce qu'elle constitue une dénomination particulière au monument^ c'est pourquoi le texte turc la reproduit sous sa forme arabe, et même avec la construction particulière qu'elle affecte dans l'usage oral. La suppression de l'article devant les substantifs suivis d'un adjectif qualificatif est, en effet, très fréquente dans le langage ; c'est ainsi que Ton dit : jSJ\ J3 — jSj\ ^

— jjf^\ JLP — jk^\ jLi! etc., au lieu de j^Xll sS^t^\ — ^jU jj-SsJI — jJsJI jujJI — juuJI jlJI. Quant au genre masculin

attribué au mot ^, on en trouve plus d'un exemple dans les inscriptions de l'Algérie, bien qu'on ne puisse, à cet égard, incriminer l'influence de l'arabe parlé.

Le souhait de la troisième ligne ( J^j^ JUj) s'applique

à Ahmed Kojà. Devoulx traduit : « Que celui qui fait bâtir pour

1. Littéralement : Tami de la majesté du Maître. I. e. : le prophète Mohammed.

Page 1