I. — DÉPARTEMENT D ALGER
obtenir des actions de grâces, établisse une fontaine semblable à celle-ci. » Ce n'est pas le sens auquel aboutit une interprétation rigoureuse, et Terreur de Devoulx vient sans doute de ce qu'il a
In ^\| au lieu de jb; il a probablement considéré |jV comme étant Tarabe ^1; participe actif de ^. Mais, si cette hypothèse était exacte,
le rédacteur aurait écrit à^jj}ji JV et non a^jjA ^V- L'expression
*-U:î.I jb est aussi régulière en turc que Cj^^ Si» en persan.
A la fin de la même ligne, Devoulx traduit j^\ wijjui J^y par
« son eau est comme du miel ». L'expression d^\ ^^J signifie
^< boire » et le gérondif v3"H' ^^ saurait prendre le sens de ^j)^^.
Quant à Torthographe ôjjI pour ^1, elle est des plus fréquentes
dans les inscriptions turques de l'Algérie et est amenée par les
exigences du mètre.
Li€ mot fjjf qui figure parmi les premiers de la cinquième ligne
^st devenu ^^jii'chez Devoulx. En réalité il n'y a qu'un i-» entre îJ
^^ le j. Les deux dernières lettres sont bien deux is dont le pre-
'^i^r porte un », et non un ,j et un c^ comme l'a écrit Devoulx. 11
■^ttt probablement voir là une forme incorrecte de l'arabe t^ijf
^^nl n a été supprimé et auquel on a joint Taffixe turc de la
^ personne. Aussi bien les irrégularités orthographiques sont
^^^mbreuses dans ce texte ; c'est ainsi que l'izâfet a été indiqué
ï^^r un if dans les mots ^^ù — ^^^ — J^r^»^ — J*ï — J^*
Au début de l'avant-dernière ligne, Devoulx traduit : « Grâces
^^ient rendues au Bon (Dieu) qui lui a permis... ». La formule
hIj^I ^ i^iy (avec la bienveillance de la Vérité) est assez fréquem-
^^ent employée pour qu'il soit inutile d'insister sur cette erreur.
Le style de cette épigraphe est bizarre et tourmenté : c'est
^'abord l'impératif Ji et l'interjection y qui viennent interrompre l^ cours de la première phrase; c'est, à la fin de la sixième ligne,
le mot ^j^ qui ne s'explique que comme un parfait passif arabe
\fj^) employé sous forme de souhait; c'est encore la particule IT (1)
répétée à la fin de deux lignes consécutives avec tous les caractères d'une cheville à consonnance opportune, et l'expression L*L
1. \j est une particule corroborative qui se place généralement en tête de la proposition. — Cf. Barbier de Meynard, Dictionnaire turc-français (Paris, Leroux, 1881) : « il particule employée en osmanli pour donner plus de force à une indication ou à une affirmation ».
(pour l«L) qui vient clore le poëme et sauver la rime déjà si paum.
En ce qui concerne la dernière ligne, Devoulx indique, sur U foi de son collaborateur, Si Mohammed ben 'Osmân Kojà, que les mots qui suivent j\à^j^ n'ont aucun sens et renferment un chronogramme. Les deux afûrmations sont exactes, mais Devoulx confesse Tinutilité des efforts qu'il a tentés pour le déchiffrement de ce chronogramme. Son insuccès tient évidemment à ce quila additionné toutes les lettres du texte, au lieu de faire la somme de celles dont les noms sont indiqués dans leur entier. Le mol JUfijl»' (ses deux dates) est au duel parce qu'il s'applique à la date en chiffres et à la date en lettres ; il est suivi des noms des lettres dont les valeurs donnent un total de 1238 ; ce sont j^- 1000, j = 200, J = 30, ^ = 8. Quant à UL qui les suit, c'est l'équivalent arabe du turc c^jJTqui accompagne si souvent, ^^ pareil cas, le mot f^JS.
Cette inscription présente une particularité extrêmement remarquable : c'est la seule, parmi celles d'Alger, où il soit ^^^ mention d'une femme à propos de la fondation d'un monum^^ Il est regrettable que l'histoire, complètement muette sur la p^^' sonnalité d'Ahmed Kojà lui-même, ne permette pas de savoir quoi est due cette étrange exception.
Les huit lignes du texte forment autant de vers scandés sur* mètre hezej.
L'an 1238 de l'hégire correspond aux années 1822-1823 de V& ^ chrétienne.
Vouie donnant accès aux bains de V Amirauté, à Alger.
Inscription turque encastrée dans l'un des piliers de soutenu ^ ment.
Belle écriture du type nesky cherqy.
Hauteur des lettres montantes : 0'»,08.
Table de marbre mesurant 1 mètre de hauteur sur 1">,25 d^ largeur.
sept lignes dont les 2% 3®, 4*, 5* et 6* sont scindées en deux parties, et la 7°, en trois parties enfermées chacune dans un cartouche tracé comme les lettres. La première ligne contenant une formule religieuse est aussi entourée d'un cartouche.
Inédite.