‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'AlgérieChapitre 185 sur 249 · DÉPARTEMENT D'ALGER · texte numérisé non relu

DÉPARTEMENT D'ALGER

Le verbe «^U-l (me ressuscitera) est mis au parfait ea vertu de la règle qui parmet d'employer ci temps ponr indiquer une action future mais tellement certaine qu'on peut la considérer comme déjà accomplie (1); la promesse de la résurrection des morts est exprimée dans un grand nombre de chapitres du Qorân, La traduction « qui m'a fait revivre », adoptée par Devoulx, [l'est donc pas très rigoureuse.

La stèle qui porte cette épitaphe était un mechhed de tête.

Mutée eT Alger.

Inscription arabe d'origine incertaine.

Très mauvaise écriture du type netky rarài/.

Hauteur des lettres montantes : O°,02.

Table d'ardoise mutilée, affectant une forme rectangulaire, et mesurant 0°>,30 de hauteur sur 0°>,77 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur troîn lignes dootla partie Qnale a disparu par suite de la mutilation de la pierre.

Inédite.

I L. LT^I J. ^ I ji\. ^\j l

Traddction. — toi gui te liens debout devant [notre] tombeau, sort; hier nous étions comme

Malgré les nombreuses lacunes et les incorrections que présente cette inscription^ on y reconnaît une formule assez fréqaente sur les tombes algériennes, que l'on peut lire dans son entier sons le n° 196. Ici, les pronoms disparus étaient au pluriel, comme le montre le mot 115^ resté intact. En corrigeant les fautes d'orthograpbe qui émaiUent l'original, on peut rétablir ûnsi le texte complet :

1. Cf. Cupari, Grammaire arabt [trad. Uricoechea] (Paria, MaiionDeuve, 8SI), p. 33S, S 361, S*.

« toi qui te tiens debout devant notre tombeau, ne t' étonne pas de notre sort : hier nous étions comme toij de^ main tu seras comme nous. »

Ce texte est rédigé en prose rimée; le rythme exige que Toq

lise «-A^) abrégé du conditionnel de la 5* forme w»A^.

La table d'ardoise qui contient cette inscription est agrémentée de fleurs en relief. C'était une « jenabtyà » ou bordure latérale d'un tombeau. C'est dans la partie supérieure gauche que sodI sculptés les caractères.

Cercle militaire d'Alger,

iDScription provenant de la ville de T&za.

Belle écrilure du type netky rarby.

Hauteur des lettres montantes : 0™,06.

Table de bois mesurant 0",65 de hauteur sur l^.OS de largeur.

Caractères peints en noir et disposés sur six lignes dont les trois dernières sont divisées en deux parties, enfermées chacune dans un cartouche tracé comme les lettres. La date est inscrite dans un petit cartouche séparé au milieu de la cinquième ligne ; la formule initiale, tracée en lettres de très faible dimension, est scindée en deux groupes dont chacun occupe l'une des extrémités de la ligne.

Inédile.

îlui .JL» L^l . 4JI J>-j J^ f^tJlj ;y-Jl aB jJ-1 ,j^ jM Juft ^U-l tll-' ^^1 j^\ Il U^j Ut-j 'j\C

lÀ» ^1 JL Jdtl II JU* -C-Jj «L* Je ^1 M^\ lri»-j Uj I â\

.Uj ^1 U \j\Jj\\ JJi ^IjUl ^ j^lj ^ . -^Jis^ Il J. jt oi. ^^l yjj ,lC1j . 1:411

Traduction. — Louange à Dieu! La bénédiction et le salut sur l'envoyé de Dieu! Le prince des croyants, notre

seigneur El-Hâjj 'Abdelgâder {que Dieu tassiste!) a fait revivre y bâti et peuplé cette ville de Tâza. Lorsquil y entra j il prit Dieu à témoin de son action et de son intention et dit : « Dieu sait que ceci n^indique pas^ chez moi^ des espérances à longue portée. Au contraire, mon trépas est proche de moi, et je serai, au matin, misérablement couché dans la terre. Tout ce que je puis désirer, c'est dette agréable à notre Dieu et de laisser longtemps après moi une œuvre utile aux hommes ». Année 1255.

Une traduction très infidèle de cette épigraphe a été donnée dans le Moniteur algérien du 7 juillet 1841 ; elle a été reproduite dans V Univers pittoresque (Algérie, p. 312) par M. Urbain. Actuellement, rinscription est fixée au-dessus de la porte du salon de lecture, au Cercle militaire d'Alger. Sur le cadre de bois qui l'entoure figure une bonne traduction, sans nom d'auteur, et une légende ainsi conçue : « Cette inscription était placée au-dessus de la porte de Taza, ville prise par les Français, le 26 mai 1841^ sous le commandement de M. le général Baraguey d'Hilliers S. A. R. le duc d'Aumale présent. »

Les trois dernières lignes sont scandées sur le mètre kâmil\

dans le dernier hémistiche, il faudrait »!«• au lieu de »lÂla.

Bien que la date de 1255 de l'hégire, correspondant aux années 1839-1840 de l'ère chrétienne, soit postérieure à la conquête de l'Algérie, cette épigraphe a été mentionnée ici parce qu'elle provient d'une ville que la conquête de 1830 n*avait pas fait entrer sous la domination française.

Musée d'Alger.

Inscription arabe provenant de la mosquée dite M esjed 'Abderrahim.

Belle écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0n>,05.

Table de marbre mesurant 0°>,31 de hauteur sur 0^,31 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur quatre lignes sépa-

rées par des traits du même relief que les lettres. Entre les mots de la dernière ligne est indiqué le nom du lapicide, également sculpté en relief, suivant un type nesky cherqy dans lequel les caractères montants ont 0°^,007 de hauteur; cette petite inscription supplémentaire est reproduite ci-dessous entre parenthèses.

r^. V J-\ J^& jV ^\ ^j 4, ^\j\ Jc^\ Ijlj^ ^fU.

L^l jjf-] 4jJL^ ,^^U jIpJI JL>1 c;, J^ <s>JU. Il 4a\

ll(u^.

Traduction. — Celui gui a réparé cette mosquée a eu en vue la face de Dieu[i)^ car Dieu ne vouera pas à la perdition celui qui aura fait le bien. Celui qui l'a restaurée est 'Aly ben Ahmed En-Nejjâr [1), chaouch de Sidi Mohammed Ech'Cherif. Que Dieu lui donne, en retour, la récompense et la rémunération. Année 1255. [Ben Mou *izz ben Mikhalà, dit Jelis.)

Cette inscription a été publiée par Devoulx [Epigraphie indigène du Musée archéologique d^ Alger, op. laud,, p. 70 et sq.). Il est étonnant que cet auteur ait négligé de noter le nom du sculpteur; la mention qui en est faite sur la pierre constitue pourtant une exception très remarquable.

D'après Devoulx, la mosquée à laquelle appartenait cette épigraphe portait le nom de Mesjed *Abderrahim, et aussi celui de Mesjed El-Hammâmàt à cause du voisinage de deux étuves situées rue Porte-Neuve. Elle était sise dans la rue Damfreviile et fut démolie en 1850 (3). Dans son Livret explicatif (4), Berbrugger commet une confusion en disant que la pierre provient de la

1. I. e. : la récompense suprême promise aux croyants, qui pourront contempler éternellement la face du Maître des mondes. Cf. Qorân, ch. ziii, vers* 22, et passim.

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