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Siège de la mahakma du cadi de la ville, rue Perrégauz

n. — DÉPARTEMENT DE CONSTANTINE 3

Cette recoostitulioQ est donc toute récente.

A la deuxième ligne, le mot Cc^K que nous avons traduit par « les deux espèces » (mot à mot : les deux pesants)^ désigne les hommes et les démons, ô^'i cH^^ ainsi surnommés parcequ'ils sont attachés à la terre et ne peuvent la quitter. Le qualificatif de jjgUJI ^ laisse entendre que le saint était en relations avec les démons, et que ceux-ci se soumettaient à son autorité : privilège peu commun, car les personnages religieux ayant mérité ce titre sont très rares, on peut citer parmi eux le prophète Mohammed. On lit en effet dans le Borda :

f^ Ô-J V(/^ ô^ Cff.j^\j Cf^^J Ùi^/JI -v- -^

Traduction. — Mohammed, seigneur des deux existences , des deux espèces et des deux peuples : arabes et étrangers.

Les deux existences, ce sont la vie terrestre et la vie future : ITaJI et 5>ïl.

Les deux espèces, ce sont les hommes et les démons : ^^t et jlLl; enûn, les deux peuples, comme Tauteur prend soin lui-même de nous l'expliquer, ce sont les Arabes et les étrangers.

Au dixième siècle de TUégire vivait également au Caire un moufti des deux espèces : c'est Abou Sàoud Stambouli ^^uJl y\ jj ;»ViJI, auteur d*un commentaire du Coran.

Nous possédons peu de renseignements sur la vie de Sidi Ali ben Makhlouf ; Cherbonneau raconte, d'après l'auteur de la Fare^^ siya, Ahmed ben Hassan ben Ali ben EUKhatib ben El-K'onfoud, qu'Ali ben Ishak ben R'ania, le majorcain, après s'être emparé de Bougie et d'une grande partie des villes de la province, vint mettre le siège devant Constantine. 11 ne put s'en rendre maitre, mais fut sur le point delà réduire en coupant les eaux. Les habitants de la ville vinrent alors implorer l'assistance du marabout; celui-ci obtint par ses prières une pluie abondante qui grossit l'ouad Remelet enleva le barrage construit par les assiégeants (Ij.

L'ouvrage dans lequel Cherbonneau a puisé ces renseignements, \^^\ ^i-AJl </i>U fjt ^j^l est une chronique spécialement rédigée au point de vue Constantinois, qui, d après M. Fagnan, présente de grandes analogies avec la chronique attribuée à Zer^*

!. Cherbonneau, op. cit. y p. 79.

4 CORPUS DES INSCRIPTlOiNS ARABES ET TURQUES

kechi (1). Notons cependant que Zerkechi ne fait aucune mention du siège de Constantine par Ibn R'ania, ni de rintervention miraculeuse du marabout.

Ibn Khaldoun, qui nous parait ici donner la note juste (2), raconte que Constantine fut réduite à la dernière extrémité par Ali ben R'ania. Mais El-Mansour, le souverain Almohade, ayant appris à Ceutales succès du rebelle, avait envoyé son neveu Abou Zeid ben Bou Hafs à la tète d^une nombreuse armée pour faire rentrer le Maghreb dans l'obéissance. Le général reprit successivement à Tennemi Tlemsen, Miliana, Tiklat et marcha enfin sur Constantine. Ali ben R*ania leva précipitamment le siège de la ville et fut poursuivi parle général Almohade jusqu'à Negaous.

Ali ben Makhlouf mourut sans laisser de postérité. Ce fut son frère qui perpétua le nom de la famille, que Ton trouve encore, dit CherbonneaUy au commencement du ix* siècle de l'Hégire.

a Epitaphe sculptée en caractères magrebins, sans points diacritiques, sur une pierre à double encadrement, qui se voit aujourd'hui dans un des murs de la medersa de Sidi l'Akhdar. Les arabesques ainsi que les moulures dont elle est ornée lui prêtent une certaine élégance. C'est en 1848 qu'elle a été retirée de la mosquée de SidiNar'r'ach, qu'on démolissait dans le but d'ouvrir la rue Desmoyen (3) ». N'a pu être retrouvée.

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1. Fagnan, Chronique des Almoh'ades et des IVafcides, attribuée à Zerkechi^ traduclioD {Soc, Arch. de Constantine, 1894, p. 1-282).

2. Ibn Katdoun, traduclion de Slane, II, p. 89-208. ^ E. Mercier, Histoire de l'Afrique Septentrionale, II, p. 116 (Paris, Leroux, 1888).

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