‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'AlgérieChapitre 197 sur 249 · Pages · texte numérisé non relu

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Traduction. — Lorsque je nomme à des emplois ^ Je choisis des gens de noble origine; lorsque f ai un conseil à demander Je m'adresse à des sages.

Je n'ai point pour habitude de placer, parmi les hommes, les Jeunes avant les vieux.

JamaiSy après mie promesse ou une menace, Je ne reviens sur ma parole ;

Et si J'ai à punir, Je mesure le châtiment d la gravité de la faute, non à la violence de la colère.

Le caractère de ces pensées aussi bien que la vigueur de Tex* pression contrastent avec le style ordinaire des inscriptions indigènes.

Cherbonneau, se basant sans doute sur des renseignements locaux, assigne à cette inscription la date de 720 (1320 de J.-C). Nous savons en effet qu'en 1318, Abou Yahya Abou Beker s'empara du trône Hafcide de Tunis, dont dépendait la province de Constantine. Il mit à la tête de cette dernière province son vizir Ibn R'amer, qui la commanda en véritable chef indépendant jusqu'à sa mort, survenue en novembre 1319. Abou Yahya partagea alors la province entre ses deux ûls : Abou Zakaria eut Bougie, et Abou Abd Allah, le plus expérimenté, fut nommé gouverneur de Cons-

tantiae. Au mois de mars 1320, les princes quillèrent Tunis a?ec une brillante escorte.

L'émir Abou Abd Allah était né à Constantine et y avait fait ses études. El-Khatib nous a laissé de lui le portrait le plusûatteur, au moral et au physique; aussi paralt-ii avoir été très populaire chez ses concitoyens. La plus grande partie de son gouvernement fut occupée par sa lutte contre les Abd-el-Oaadiles de Tlemcen, qui avaient envahi la province de Constantine et rifriqiya (1), et dont le prince bafcide ne put se débarrasser qu'en 1332, grâce à une diversion des sultans Merinîdes du Maroc. Dès lorsy Abou Abd Allah se consacra tout entier à ses délicates fonctions. « Ce prince, dit El-Khatib, continua à se popularisera Constantine et à Jouir de l'affection de ses sujets. Mais ce bonheur devait avoir un terme : une mort prématurée l'enleva à ses amis et plongea Constantine dans les ténèbres de la tristesse. On était dans l'année 739 (1338). La ville entière prit le deuil. Le bouffon du prince jeta ses habits et se plongea tout entier dans la cuve d'un teinturier. Ainsi barbouillé de la tête aux pieds, il courut à la Kasba, mais on ne l'y laissa pas entrer (2). » Selon IbnKhaldoun, le prince Abou Abd Allah serait mort dans Tété de l'année 1337. « Son ûls atné, Abou Zeïd Abderrahmam prit alors le commandement; mais en raison de sa jeunesse le sultan lui imposa l'affranchi Nebil, comme guide et tuteur (3) ».

L'inscription suivante, dont l'original avait malheureusement déjà disparu lors de la conquête, nous paratt également devoir figurer sa place dans ce recueil. On la doit à M. Dolly, qui l'a publiée dans V Indépendant de Constantine du 9 août 1859, d'après une copie prise sur l'original, et communiquée par le cadiSid Ahmed Ben Djelloul. La Revue africaine Ta reproduite ensuite (^)i telle que l'avait donnée M. Dolly et que nous la publions ci-dessous avec ses incorrections.

L'inscription était gravée sur le mechhed d'un tombeau qui ^ trouvait dans l'ancienne mosquée de la Kasba.

1. E. Mercier, Histoire de VAfrique Septentrionale, II, p. 271 et sq*

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