Année 1860, p. 157 et sq
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Traduction. — Ceci est la pierre tumulaire du serviteur qui aspire à la miséricorde de son Maître, de celui qui dirige selon sa loi et sa volonté^ notre maître Abou Isk'aq Brahim, fils du commandeur des croyants A bou t A bbas Ahmed, fils de nos seigneurs et maîtres les souverains orthodoxes^ — que bien les protège j quil augmente leur gloire pour le bien de l Islam et des musulmans! — Il est décédé dans la soirée du vendredi^ huitième jour du mois de Moharrem de l'année sept cent quatre-vingt-treize (15 décembre 1389).
Peut-être la date de celle inscriplion a-t-elle été copiée d'une
façon inexacte. Tout au moins faudrait-il ^y: j^ ^ ^Ul et non fjJ\ j^ ^^(9 d'un autre côté, le chroniqueur El-Khatib dit que ce prince est mort pendant le mois de Chouàl.
Abou r Abbas, père d'Abou Ish*aq dont on vient de lire Tépitaphe, était un prince de la dynastie Hafcide. Sa jeunesse fut très mouvementée. Ambitieux, il s'emparait en 1354 du trône de Constantine, alors occupé par Abou Zeid. Quelques années après, le sultan merinide Abou Ëinane envahit Tlfriqiya, s^empara de Constantine après une campagne meurtrière, et fit interner Abou r Abbas à Ceuta (juillet-août 1357). Ce prince fut rendu à la liberté par le merinide Abou Salem trois ans plus tard, et ne tarda pas à rentrer en possession de Constantine (1360), puis de Bougie (1365). Mais il lui fallait le troue de Tunis. En 1369, le hafcide Abou Ish'aq II mourut subitement et fut remplacé par son fils Abou r Baqa II, encore en bas âge. La rivalité des grands qui voulaient arriver au pouvoir favorisa les projets d'Aboui' Abbas. A la tête de forces importantes, ce prince vint mettre le siège devant Tunis : le 6 septembre 1370, il fit son entrée dans le palais du gou-
vernemeat et s'assit sur le trône de la dynastie hafeide^dont l'empire se trouvait ainsi rétabli dans son intégrité. Le nouveau sultan devait régner non sans gloire pendant vingt-quatre années. Gonstantine perdit alors son rang de capitale, mais le souverain hafcide ne Toublia pas et ne cessa de lui témoigner une prédilection que les habitants lui rendirent sans réserve. Il plaça son jeune fils Abou Ish'aq à la lete du commandement de la province^ et chargea TalTranchi Bechir, militaire démérite, de conseiller le jeune prince (1371). Celui-ci fut autorisé à prendre le titre de roi et à s'entourer du cérémonial d'une cour souveraine. « 11 remplit ces fonctions de minière à confirmer la haute idée qu'on avait de ses talents », dit ibn-Khaldoun (1). Son règne fut paisible et prospère jusqu'à la révolte des Douaouda, tribu arabe qui a longtemps dominé la province de Gonstantine. Abou Ish'aq lutta contre eux, aidé de son père Abou l' Abbas, pendant trois années. En 1390, il était sur le point de les réduire dans les oasis du Zab, lorsqu'il succomba des suites d'une maladie contractée dans ses campagnes (2).
Dédicace de l'ancienne zaouia de Sidi Tiemsani, dont celle inscription ornait la porte, et qui occupait l'emplacement actuel de la grande synagogue, rue Thiers. A disparu avec cet édifice religieux. Publiée par Cherbonneau en 1856-57 (3), qui en fait la description suivante : « La légende est sculptée sur une planche longue de 1°»,06, large de 0™,11. Elle se divise en trois parties, dont l'une, celle du milieu, est marquée en caractères extrêmement petits, et comme une devise, au centre d'une Ggure géométrique qu'on appelle dans les livres « khatem Souleimane ^^y sceau de Salomon, et qui est formée par deux triangles croisés. ^
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2. Voir sur ces deux règnes Ibn Kaldoun, t. III, p. 56 et i^q., p. 83, 89, 90» etc. — Abbé Barges, Complément de V histoire des Béni Zeyan (Paris, LerouXi 1887) p. 193. — Zerkechi, Chronique (Société de Constantine, 1894), p. 170 et gq. . Ernest Mercier, Histoire de V Afrique^ t. II, p. 355 et sq. — Histoire de Constantine (inédite). — El RtiaUb, Chronique, p. 110.