‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'AlgérieChapitre 201 sur 249 · A Tangle des rues CombeB et Rouaud · texte numérisé non relu

A Tangle des rues CombeB et Rouaud

Gonstantiae, cherchèreni à s'appuyer sur les Ben El Feggoaa pour contrebalancer Tinfluence de la vieille famille religieuse des Oulad Âbdelmoumen, à la tête du parti national, qui leur était hostile. Les Ben El Feggoun retirèrent de celte amitié des Turcs une foule d'honneurs, d'avantages et de privilèges.

Abou Zàkariya Yahiya ben Mohammed El Feggoun, père du personnage dont nous venons de lire l'épitaphe, était un savant très estimé de son temps. Il est l'auteur d'une glose marginale renommée sur la Moudaouana ^îjoll, ouvrage de jurisprudence. Etant allé faire un voyage à Tunis, il se fixa dans cette ville «que l'on ne peut plus quitter lorsqu'on y est une fois entré » (1), et devint imam de Djamâ-Ezzitouna. En 1535, lors du sac de Tunis par Charles-Quint, il fut tué dans la mosquée même, où il était occupé à lire les ouvrages du saint El-Boukhari.

Abou-Mohammed Abd-eU Kerim^ dont Tépilaphe nous occupe, est le véritable fondateur de la grandeur de la famille. Il étudia à Gonstantine sous les professeurs les plus renommés du temps» entr'autres le cheik El-Ouezzân,et fut d'abord imam de la grande mosquée. En 1567, éclata, contre l'autorité turque, une réYolle dont les Oulàd Abdelmoumen étaient les véritables instigateurs. Le cheikh Abdelkerim se hâta en conséquence de prendre fait et cause pour les Turcs. Ses compatriotes le députèrent à Alger à cette occasion, et il sut si bien gagner les bonnes grâces do pacha, que celui-ci lui conféra la dignité de Cheikh-el-IslaCD. j»X.ÏI ^.Lu ^t^, retirée aux Abdelmoumen.

Le Cheikh-el-Islam était un véritable chef de la religion, devaï^^ lequel s'inclinait le représentant du pouvoir temporel lui-mên^** Il était investi d'une foule de prérogatives et de privilèges, exenr^ f tions d'impôts, etc. Sa demeure offrait aux criminels un asile i ^' violable. Plus tard, à ces hautes fonctions, devenues héréditait*'^ dans la famille, on joignit celles d'Émir Errekeb, ôe-JLlI «^ j^

celui qui en était investi avait le commandement suprême -^^ l'immense caravane de pèlerins, qui tous les deux ans se rendt^^ du Maghreb à la Mekke. (Voir infra, les inscriptions n* 18, 2^^

26.) Les ben El Feggoun (2) ont donné de nombreux cadis à la vi^ ^^

1 . Ces renseigaemente sont tirés de mémoires manuscrits parliculiers à ^ famille.

2. Cf. Vayssettes, Consiantine aous la domination turque, {Recueil de Cof^^' tantinet année 1867, p. 281 et sq., 323 et sq.) — Ernest Mercier, Élévatiim ^ la famille El Feggoun, (Même recneil, année 1878.)

de Conatantine. Ils furent fréquemment appelés & Tunis même par les princes hafcides qui les nommèrent à de hauts emplois.

« luscription en caractères couPiques, dit Cherbonnesu, formaat le fronton de la porte d'une chapelle qui fait face au refuge musulmaa. Le tableau en bois sur lequel elle est sculptée représente un cintre à lignes brisées et passe à Constantine pour un des plus Jolis échantillons de l'art musulman (1) ». L'inscription ayant malheureusement disparu avec la zaouia, nous n'avons rien à ajouter à celte description un peu sommaire.

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Traduction. — Je me réfugie auprès de Dieu pour échapper à Satan le lapidé!

Dans les édifices que Dieu a permis d'élever, et dans

i. Soc. ÀreA., annie S6-S1, p. SB-SO.

lesquels son nom est répété ^ on proclame ses louanges du matin au soir {\).

C'est un édifice élevée rempli par la prière y comme a Dieu : il sera pardonné à ceux gui s'y trouvent j et à celui qui Fa fondé et construit^ Yahya ben Mahdjouba^ qui h consacré à Dieu! Que Dieu lui pardonne ses fautes passées^ le préserve des brûlures de r enfer et f admette dans la demeure du salut, bienheureux séjour! Qu'il lui accorde la grâce ei la paix loin des terreurs du jour de la résurrection! Quille favorise d'une place dans la plus haute région du paradis ^ bienheureux ceux qui l'habitent !

En Pannée Ich (1010) (1601 de J.-C.) la construction a été terminée et F édifice consacré à Dieu, lecteur, prie pour celui qui l'a fondé!

Nous ne savons presque rien de la vie du personnage. Il en est fait mention dans un passage des mémoires manuscrits de la famille Ben El Feggoun, duquel il résulte que le moufti Yahya ben Mahdjouba accomplit le pèlerinage en compagnie d'un certain Abou r Âbbas Ahmed, aussi appelé Hameida ben Hassaa ^ Gharbi, suppléant du cadi hanafite, qui mourut en 1030(1621)< Nous verrons plus loin (2) que Yahya ben Mahdjouba s*est illustré dans la fonction de moufti, et qu'il est décédé en 1017 (1608).

L'édifice dont il est ici question portait le nom de Zaouiet-Tlemsani et se trouvait sur remplacement actuel de la rue Thiers.

Épitaphe relevée par Cherbonneau dans Tancien cimetière arabe (3). N'existe plus.

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i. Coran t xxiv-36.

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