V. au sujet des ben DjcUoul Tinscription n
Celui-ci, envieux de la renommée acquise par son subordonné, aurait voulu partager avec lui les frais de construction de la mosquée; puis, à la mort de ce dernier, il aurait fait gratter le nom d'Abbas sur la dédicace, pour y substituer le sien, comme le prouve la lésion faite dans la table de marbre, au premier tiers du cinquième vers.
Nous ne saurions rapporter ici le commentaire de Cherbonneau que sous toutes réserves. On sait que le dévoué professeur était un peu prompt à ajouter foi aux traditions locales. Or, il tenait les renseignements ci-dessus de la famille même desben Djelloul, naturellement portée à se donner le beau rôle. M. Ernest Mercier ne voit au contraire aucune raison de refuser au bey Bou Kemia le mérite de cette construction.
Nous avons dit plus haut que l'inscription ci-dessus est actuel« lement encastrée dans un mur du palais de la Division. Il s'agit de l'ancien palais du bey Ahmed, de construction toute récente, puisqu'il était à peine achevé lors de la conquête. Nous n'entreprendrons point ici la description de cet édifice, qui a d'ailleurs été faite en détail et avec assez d'exactitude par Féraud (1). Re« marquons seulement que la plupart des inscriptions qui y ont été découvertes (2) avaient appartenu à l'origine à d'autres monuments, et ne se trouvaient dans le palais du bey que par suite d'un concours fortuit de circonstances.
Rien, dans ces inscriptions, ne rappelle la date de la construction de Tédifice ni le nom de son fondateur. Un pareil oubli peut sembler étrange de la part d'Ahmed-Bey. Il s'explique cependant par ce fait que la construction du palais n'était pas entièrement achevée lors de la conquête. Peut-être son fondateur se réservaitil le plaisir de lui donner plus tard une dédicace. Enfin, presque tous les matériaux dont s'est servi El Hadj Amed pour la construction de son palais ont été pris ou volés de tous côtés. Jamais prince n'usa avec une liberté plus grande du pouvoir de confisquer et de s'approprier les biens de ses administrés. Les belles inscriptions étaient recherchées par lui au même titre que les élégantes colonnettes et les vasques de marbre que nous admirons dans ses jardins.
Kelian Housseïn, dil Bou Kemia « l'homme au poignard », succéda à Ali Bey ben Salah en 1713. D'un caractère belliqueux, il fit des expéditions dans différentes parties de la province, notamment