Société Archéologique de Consianline^ 1867, p
Traduction. — Au nom de Dieu, Clément et Miséricordieux !
Ceci est le tombeau de celui qui est décédé dans la grâce de DieUj Très-haut, Vivant et Éternel^ — du martyr, qui s'avance vers son maître Généreux, Ibrahim Bey^ — que Dieu lui fasse miséricorde et F admet te dans son paradis!
Il est décédé dans la nuit du [dimanche au) lundi; à la date du mois de Moharrem, année 1207. [Nuit du i 9 au iOAoût 1792.)
Ibrahim, dit Bou Sebaa, bey de Constantine, mourut assassiné après un règne de quatre jours. Il était caïd du Sebaou lorsque Hassan, dey d'Alger, jaloux de l'imporlance chaque jour plus grande que prenait Salah-bey à Gonstantine, le mit à la tête de la province de TEst. Ibrahim arriva à Timproviste à Constantine, à la tête d'une faible escorte de soixante-dix cavaliers. Salah-bey, surpris, n*eut pas le temps d'organiser la résistance. Il se réfugia dans la tente des Zbent'out, ou soldats turcs célibataires, qui lui étaient tout dévoués. Ceux-ci^ dit M. Mercier (1), le protégèrent et le conduisirent à Dar el-Bey (16 août). Cependant, Ibrahim ayant convoqué les notables et les principaux fonctionnaires pour leur donner connaissance du firman qui le nommait, fit gracieusement asseoir son prédécesseur auprès de lui, et s'eflorça de le rassurer, l'autorisant même à rentrer dans sa demeure. Selon certaines versions, Salah aurait profité de l'offre ; selon d'autres, il préféra rester dans le palais, quoi qu'il en soit, les fonctionnaires du beylik, dévoués au précédent bey, pénétrèrent dans le palais au milieu de la quatrième nuit qu'y passait Ibrahim, et, après avoir tué l'esclave chrétien qui gardait sa porte, se jetèrent sur lui et le massacrèrent. Gela fait, ils allèrent prévenir Salah qu'il était toujours maître de Gonstantine. On dit que celui-ci leur reprocha d'avoir, par ce meurtre, causé sa perte, mais il est plus probable qu'il en était lui-même l'instigateur. Dans tous les cas, il n'hésita pas à compléter la besogne en ordonnant le massacre des serviteurs et des cavaliers qui avaient accompagné Ibrahim et dont pas un seul n'échappa à cette boucherie (19-20 août).
Les mots ^jjfi-j^ î^jlT que porte le texte sont très proba-