‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'AlgérieChapitre 235 sur 249 · Société Arch. de Constanlinet années 1856-57^ p · texte numérisé non relu

Société Arch. de Constanlinet années 1856-57^ p

des hobous dévolus aux mosquées. Les revenus en étaient énormes; par contre, certaines charges lui étaient imposées, notamment celles de faire inhumer les personnes qui mouraient sans laisser d'héritiers, et de distribuer des secours aux indigents. Le Saheb» beït-el mal était un haut fonctionnaire de la cour du dey, où il occupait le quatrième rang. Aujourd'hui, les attributions du beitel mal appartiennent au service des domaines, qui recueille les successions en déshérence et les biens hobousés au profit des pauvres ou des mosquées, — sans toutefois supporter les charges qui justifiaient en quelque sorte Texistence de cette véritable institution de charité (1).

Hadj Moustafa, dey d* Alger, régna de 1700 à 1705. Son règne est marqué par une expédition contre Tunis qui se termina par une retraite désastreuse et au retour de laquelle il mourut à GoUo, victime de ses janissaires révoltés (^2).

i* V. Sautayra et Cberbonneau, Droit musulman, t. II. 2. Ernest Mercier, op. cil,, p. 327.

OULAD AOUAT

(petite kabylie)

Tombeau d'Othmane, bey de CoDsianline, non loin du petit hameau de Démine, tribu des Ouled Aouat (environs d'El Milia).

L*înscription est gravée sur une dalle de marbre blanc qui recouvre la tombe, surmontée d'une petite colonne turbannée (1).

^^^ JLLi.» ;L^\ j.jVI A^V. JJLi

Traduction. — « Ceci est le tombeau de celui qui a obtenu miséricorde, Sid Othmaneben Mohammed^ bey de Constantine, lequel a été tué en ce lieu dit Khenag Alihem^ ter» ritoire des Oulad Aouat, en tannée 1219. » (12 avril 180î- 31 mars iSOo.)

Le bey Othmaae, qui régna à Constantine du 25 mai 1803 à novembre 1804, périt de mort violente, ainsi que la grande majorité de ses collègues. Voici dans quelles circonstances :

1. Publiée pour la première fois par Féraud {Revtœ africaine, 1862, p. 124); Sociéié Archéologique de Constanline, 1870, p. 208. Nous donnons le texte de cet auteur.

Au commencement du siècle, un cherif marocain, £1 Hadj Mohammed ben L'Ahrech, fut nommé chef de la caravane des pèlerins du Maghreb, et accomplit en cette qualité le pèlerinage de la Mekke. Il y gagna une réputation de sainteté, et, après maintes aventures que nous n'avons point à rapporter ici, revint se fixer dans le pays kabyle où il entretint, au profit de son ambition, Tagitation toujours remuante des montagnards. S'alliant à un marabout de Redjas (environ de Mila), Si Abdallah-Zebbouchi, il poussa Taudace jusqu'à marcher sur Constantine, en Tabsence du bey, alors en colonne chez les Righas. Prévenu à temps, Othmane ne tarda pas à lui faire lever le siège, et poursuivit les rebelles à la tête de ses troupes régulières jusqu'à El-Milia.

Un marabout des Béni Sebih, ben Bagherich, vint sur ces entrefaites offrir ses services au bey, se faisant fort de capturer le Cherif avec Taide d'un corps de troupes. Othmane eut l'imprudence d'écouler ses propositions, et se laissa entraîner par son faux allié jusqu'au cœur des montagnes insurgées. Des nuées d'ennemis ne tardèrent pas à paraître : il en résulta une effroyable mêlée, ou Ben Bagherich périt l'un des premiers. Le bey roula avec son cheval dans une fondrière, et Zebbouchi, qui avait des ressentiments personnels à venger, le perça de coups. La tradition rapporte qu'il posa le pied sur son œil borgne, ainsi qu'il se l'était promis, après quoi il le fit décapiter par un nommé Saîd ben Amer, des Djebala (1).

i. Eroest Merciefi op. cit,^ t. III, p. 456. — Cf. sur le gouveroement de ce bey Vayssettes, op, dL^ Société Archéologique de Constantine, 1869, p. 470 et aq. — Féraud, Monographie de Gigelli, p. 208. ^ Presque tous les historieos appellent ce bey Osmane rju^afi. Nous avons suivi ici l'orthographe qui nous est donnée par l'épitaphe.

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