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Mot à mot : ont grandi de Bône la paix et le bonhear

9i CORPUS DES INSCRIPTIONS ARABES KT TCRQOES

et loia d*être à la merci de cet animal venimeux. Tous les Bônois croient à cette légende, et tous respectent, y compris moi, cette inscription qui nous sauva du fléau. »

L'auteur en est un bônois, Mohammed Arâr, maçon, sculpteur et taleb de son état. Le souvenir de ce maître ouvrier, bien qu'il n'ait plus de descendants, est encore vivant à Bùne, où une maison porte le nom de Dar Arâr. Le mot Aràr désigne dans la langue vulgaire le Muj/a, arbuste si communément répandu dans les montagnes algériennes. Nous y voyons un de ces surnoms burlesques, si fréquents parmi les indigènes, les mozabites en particulier.

L'inscription est rédigée en vers, mais les hémistiches ont été mal séparés. Nous croyons devoir les rétablir ainsi qu'il suit, — et tel est Tordre, d'ailleurs, que nous avons suivi dans la traduction :

l j^\ j^lf^ J^^ • ^^r^ J^-^ ^^. (i^ -^

Les deux premiers vers sont ainsi du bah'er khafif oouf^ j^ et

le troisième du bah'er ramel J*j

Les deux premières lignes de l'inscription ont seules été ponctuées; encore est-ce d'une manière fautive et bien incomplète.

Mosquée de Bône. « On n'y voit qu'une inscription, en dehors de la mosquée. Elle est gravée sur une plaque de marbre encastrée dans le mur qui donne sur la petite rue du cadi. Elle est rythmée et divisée en deux colonnes de cinq lignes chacune. Ses caractères sont gravés avec soin, mais un peu maigres (1). »

1. A. Papier, La mosquée de Bône (Revue africaine, 4« trimestre, 1889). — V. les rectifications apportées au texte de M. Papier par MM. Ernest Mercier et Patorni (même revue, 4« trimestre 1890), rectifications dont nous avons

X SX <, f y

tenu compte dans notre lecture. — Au 5* vers, M. Patorni lit: ^jmm\

jJLL^ l^ JuJU <J^ o • <ju»j wil^xJ) ^3 ^J«> «^-^

Traduction. — « \S en juré\par votre vie^ c est une maison de Dieu pleine de mystère; élevée sur ses colonnes^ resplendissante de lumière.

« La clarté des étoiles parait moins brillante et moins haute; par elle^ Bône voit paraître les signes précurseurs de la félicité.

« Par elle a éclatée la munificence du diadème de religion et de gloire f Salah^ qui s' élève et gravit les degrés de la grandeur.

« Prince des créatures ! Puisse-t-il accroître ses victoires et ses triomphes! Protecteur d'une religion de vérité! Observateur de la loi!

« // a jeté dans la bonne voie les bases de cet édifice grandiose. J'en fixe la date [par ces mots] : votre terrain groupe les bonnes œuvres. » « Fin » (Année 1206, commençant le 31 août 1191 pour finir le i S août 1792.)

s ^ xS

A la 5« ligne, on pourrait lire, au lieu de l)^, le mot 2)^ et

traduire : votre piété embrasse toutes les bonnes œuvres.

L'inscription est rédigée en vers du mètre Vaouil.

Il s*agit ici de Salah, bey de Constantine, qui mourut peu après l'achèvement de la mosquée.

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