‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'AlgérieChapitre 26 sur 249 · DÉPARTEMENT D'ALGER · texte numérisé non relu

DÉPARTEMENT D'ALGER

^ de dJi»-, il est presque inutile de la faire remarquer^ tant sont fréquentes les omissions de ce genre dans les épigraphes algériennes.

L'inscription est rédigée en prose rimée; la quantité prosodique des périodes qui la composent dépasse généralement celle des mètres les plus longs.

La porte que décorait cette épigraphe fut démolie en mai 1870; mais Devoulx avait eu la précaution de prendre un estampage de la pierre vers 1868, alors que la première ligne et le commencement de la deuxième, détruites accidentellement en 1870, existaient encore. Il résulte des recherches historiques faites par cet auteurque le monument, désignéySOusToccupation turque, parles noms de Bâb-el-Jihàd (Porte de la Guerre sainte) et Bâb-Dztra (1) (Porte de Tlle), fut appelé successivement par les Européens : Porte du Môle, Porte de la Douane, Porte de la Marine, et Porte de France. On détruisit la Porte de France pour agrandir la caserne Lemercier, démolie elle-même tout récemment, en 1898.

Les maisons que la troisième ligne indique comme étant situées à proximité de la porte étaient la caserne d*Ostâ Moûsâ, devenue plus tard la caserne Lemercier, et la caserne appelée Dâr-ed-droûj, c^est-à-dire Caserne des escaliers, parce qu'on y accédait par quelques marches.

Le personnage appelé « sultan Muràd » est le sultan Amurat IV, surnommé El-Ràzy, qui régna sur la Turquie de 1623 à 1640, et se rendit célèbre autant par sa cruauté que par la féconde énergie qu'il déploya dans la réorganisation de l'armée ottomane et le rétablissement de la discipline militaire. Quant au pacha qui présidait alors aux destinées de la Régence, il n'est pas mentionné par les historiens, et la chronologie établie par Mercier dans son Histoire de l'Afrique septentrionale signale une lacune qui s'étend de 1623 à 1633. Cette inscription éclaire donc en partie l'obscurité qui couvre cette période, car le nom de Huseyn pacha est écrit avec une parfaite netteté. L'épigraphe n^ 20 établit déjà que Huseyn régnait en 1627-1628; il conserva le pouvoir jusqu'en 1634, avec une courte interruption en 1629.

Le chiffre du millésime est tracé comme le serait aujourd'hui le chiffre 5, mais aucune confusion n'est possible, puisque l'ère musulmane en est encore au début de son xiv* siècle. L'an 1039 de l'hégire correspond aux années 1629-1630 de l'ère chrétienne.

i. Dzira est la prononciation barbaresque de • rv^; on dit de même Dzâir pour j\y^*

Musée d* Alger.

InscriptioD arabe provenant de la porte principale de l'ancieD palais des pachas, dit palais de la Jenina.

Très mauvaise écriture du type nesky rarby.

Caractères sculptés en relief et disposés sur cinq lignes enfermées dans deux cartouches de forme elliptique qui mesurent 0°>,1^ de hauteur sur 0™,26 de largeur. Les deux cartouches sont placés Tun à côté de Tautre, celui de droite contenant les premiers hémistiches, et celui de gauche, les seconds.

La date» inscrite sous les cartouches, à la partie médiale de la pierre, est entourée d*un encadrement trapézoîde.

jf • IjJLf ^'Uc* Il j^\ jUJL w»L ^ • IjuI! J j,jJ II jcill ^j • Il Jo^\ <Ul y^ Ji • Ijj. jjJ. a^^^jC II JuJ^l ^^ ^li.

Traduction . — Hiiseyn pacha qui sert de modèle^ ministre du seigneur aux fermes desseins, avec le consentement des troupes de celui-ci^ a donné l'ordre à Moûsâ qui imite les exemples (du pacha), de restaurer le frein de toute incursion^ c'est-à-dire la porte du sultan de la ville. Son existence est renouvelée sous un horoscope qui chassera F envie. Sa date est : « La meilleure direction consiste dans [le verset) : Dis : C'est lui qui est le Dieu unique! (l). » — Et c'est 1042.

Cette inscription a été publiée parDevoulx [Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 55 et sq.). La traduction qu'il en a donnée diffère légèrement de celle que je propose.

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