‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'AlgérieChapitre 27 sur 249 · I. — DÉPARTEMENT D*ALGER · texte numérisé non relu

I. — DÉPARTEMENT D*ALGER

La dernière ligne a été ainsi rendue par lui : Sa date^ bienfait de la direction droite^ est dans les mots : Dis : Il est le Dieu unique. En construisant la phrase de cette manière, on sépare du

chronogramme les mots tju^ jS. et Ton obtient une date inacceptable. De plus, il est d'un usage constant de joindre le mot *Aji au chronogramme directement, sans le secours d'aucune

préposition ; on ne peut donc lire jL^t 4j|l ^ JJ» Aîdji

Mais il est juste d'ajouter que Devoulx a fait entrer dans le calcul les deux mots que sa traduction semblait en exclure, et qu'il est arrivé ainsi au nombre 1C42 qui est bien celui de la date en chiffres.

Cette date chiffrée a reçu deux lectures différentes : Berbrugger (1) transcrit 1022, et Devoulx, 1042. Ce qui tendrait à rendre historiquement vraisemblable Tavis de Berbrugger, c'est qu'en 1022 de l'hégire (1613-1614 del'è. c), régnait, à Alger, un pacha du nom de Huseyn Cheïkh. Trompé par l'analogie, Berbrugger a cru trouver dans le texte le nom de « Chah ou Chikh HossaYn » qui n'y figure en aucune façon, pas plus que le titre d'un « Émir Moussa » qu'il a pensé y découvrir. En définitive, c'est à l'opinion de Devoulx qu'il convient de se rallier : le chiffre des dizaines, sans être parfait dans ses formes, ne saurait être pris pour autre

chose qu'un t; de plus, la concordance est rigoureuse entre la date 1042 et le chronogramme; enfin l'on sait qu'à cette époque régnait, à Alger, un pacha Huseyn dont le nom n'est suivi d'aucun titre. C'est le même qui avait gouverné déjà en 1627 de l'ère chrétienne. (Cf. le n« 20.)

Les vers qui composent l'inscription sont scandés sur le mètre tawil. L'orthographe jui^t pour (/juJdl est destinée à assurer la rime en j; ce participe doit être lu, comme le reste de l'inscription, sans flexions grammaticales. Les mots \xM^ la«il, Ijla sont

mis pour (^jk:Ull, (^jl*1I, (^oa. La construction incorrecte ajuf? «^^t

pour JujjÂi y/A est en complète harmonie avec la médiocrité de style du contexte.

L'an 1042 de l'hégire correspond aux années 1632-1633 de l'ère chrétienne.

1. Berbrugger, Livret explicatif des collections diverses de la Bibliothèque" Musée d'Alger y op. laud,y p. 129.

4i COfcfTJ^ MS f5SCRIPTI0NS ARABES ET TURQUES

Cercle militaire S Alger,

Inscnptioo arabe placée au-dessus de la porte s'ouvrant sur la partie haute de la rue Médée.

Écriture médiocre du type neiky rarby.

Hauteur des lettres moutantes : 0°*,06.

Table de marbre mesurant 0>,48 de hauteur sur 0»,39 de largeur.

Caractères sculptés en faible relief et disposés sur cinq lignes séparées entre elles par des traits du même relief que les lettres.

Inédite.

m jji^\ jsi j^ • jy^\ ,u-ji \jLi. j^

j^\ UL, ^ cA\ ^\ . j^\ J>11 ^Vj ^

jLil w.^L.* ^^y Jk-JI Cf} • J^ -V-" c'i-'VI JU J-t

jivi ^ij jç-^ij ;-r fW . jjv» ^.j ^ j.\ji ^

Traductjon. — Cette construction florissante a été terminée par autorisation de la milice victorieuse^ sous le gouvernement du maître auguste^ fillustre pacha Aboû ^l-Hasan 'Aly, représentant de notre maître le pâdichdh [que Dieu perpétue pour nous son règne dans la joie I), par les soins du fidèle sieur 'Aly^ fils du sieur Moûsà le constructeur^ dans les premiers jours (l) du mois de rebi' 'lawwel de r année parfaite sept et quarante et mil.

Le bâtiment auquel appartient cette inscription servait, sous la domination turque, de caserne pour les janissaires ; on l'appelait foûqânîyà (supérieure), à cause de sa situation dans la partie haute de la rue Médée, ou jedidà (neuve) parce qu'elle avait été construite dix ans après sa voisine, dont il est question au n» 20.

1 . L'expression employée ici s'applique à la première décade du mois .

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