DÉPARTEMENT D*ÀLG£R
2« Inscription.
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Traduction. — Celui qui a restauré cette batteiie pour dompter Fennemi est le victorieux Mof^ammed pacha ben ' Osman ^ F homme heureux et brave. Elle sera devant Fennemi un bâtiment solide comme la barrière d Alexandre. Que le Dieu créateur lui donne une large récompense lors de la résurrection. Quand elle eut été achevée avec laide de DieUy on lui donna une date; son feu fait périr le mécréant comme les flammes ardentes. An mil cent quatre-vingt-dix. — Année de la restauration H 90.
Ces deux inscriptions ont été publiées par Deyoulx {Revue afri'> caine, t. XXI, année 1877, p. 52 et sq.). Le texte qu'en adonné cet auteur diffère de celui-ci sur plusieurs points; heureusement, les passages mal transcrits sont généralement rendus avec exactitude. Je ne m*attacherai pas à faire ressortir les divergences qui séparent les deux transcriptions; il est pourtant une lecture inexacte que je dois signaler parce que, fournissant un sens acceptable, elle pourrait passer pour conforme à l'original. Dans
la deuxième inscription (2« ligne) Devoulx écrit JlXJI, alors que la pierre porte L-jOl (1). Quant au mot J\î^l qu'il place avant
1. Il est impussible de lire autre chose que U^l; non seulement il n*y a pas, actnellemeot, de J, mais encore Tétat de la pierre montre que cette lettre n*a jamais existé. D*aiiieurs, la rime en a est une indication dont il faat
tenir compte. Le mot »U^ appartient à la racine ^^«^qui donne le participe
JL4O, il o'exisle pas eo arabe, le singulier J^ ne doiuiaDt nais
€ y f^^ y CM
actif J^ pi. iL^ et TadjecUr ^^ pi. «UnTI, tous deux avec le sens de ■ brave •; •LjSÎ sigaiûe donc « la bravoure >.
saoce qo'aox plorieb jy et J^L
La barrière d'AU-randrii qae meatioane la deuxième înscriptioa eât celle qae, seloo la légeode mahométane, ce prince aTait fait élcTer sur les bords de la mer Caspieone. p>3ar arrêter les încorsioDS des peoples barbares. H ea est parié asez looguement dans le Qoràn (ch. xvm, t. 82 à 97); où les natioos eoTahissaotes sont appelées Yàjoâj et Màjoùj. lacdîs qaWlexaodre reçoit le sorDom de Doù l-Qanieya soos lequel le ct^ooaisseQt les mosalmaDS.
Le personnage désigné sons le nom de Mohammed Kàn le Viclorienx est le sultan Mahomet W ^1649-1687); les soaTerains turcs prennent le titre de « victorieux > jâzy lorsque lear règne a été illustré par quelqne conquête.
Ahmed pacha, mentionné dans la première iascriptioa, exerça le pouvoir à deux reprises, de 1653 à lfô5y puis de 1656 à 1658. Il ne fit que continuer les travaux inaugurés par ses prédécesseurs ; mais il ne les conduisit pas à leur terme et laissa cet honneur à la milice turque dont les chefs, constitués ea diwàn et présidés par un agha, formèrent, de 1659 à 1671, le gouvernement I de la Régence. C'est ainsi que la construction de la batterie fat achevée en Tan 1077 de Thégire, sous *Aly agha. Il est à remarquer que Texpression j^^tim ^L^ figure toujours sur les tables de fondation des bâtiments institués par la milice ; on en trouve plus d'un exemple dans ce recueil et je me borne à citer l'épigraphe n* 39, parce qu'elle contient également la mention de l'architecte Ibrahim ben Moûsâ dont il est question ici.
Dans la seconde inscription figure le nom de Mohammed ben 'Osman qui fut pacha d'Alger de février 1766 à juillet 1791.
Il ne faut pas voir ici, dans les phrases qui contiennent le mot 'Ajij l'annonce d*un chronogramme ; le rédacteur a simplement voulu dire que la batterie avait été dotée d'une table de fondation lui assignant une date certaine. L'an 1077, porté sur la première inscription, correspond aux années 1666-1667 de l'ère chrétienne, et Tan 1190, indiqué par la seconde, correspond aux années 1776-1777 de r ère chrétienne; le calcul, s'il s'agissait de chronogrammes, donnerait 1287 et 1209.