DÉPARTËMEI^T D'ALGER
La pierre qui contient cette double inscription provient d'une batterie nommée Borj Es-Sardin (Fort des sardines), dont l'entrée se trouvait auprès de la voûte par laquelle on passe de la darse de l'Amirauté au môle que défendait une autre batterie appelée Borj Râs el-Moûl (Fort de la pointe du môle) (1). C'est une, large table de marbre dont la forte épaisseur a permis de sculpter, avec un relief très prononcé, de part et d'autre de l'épigraphe, une mosquée pourvue de minarets, de laquelle surgissent deux ifs ; chacun d'eux porte, à son sommet, un oiseau qui fait face à celui de l'arbre opposé (2). Cette représentation figure, sans aucun doute, l'oiseau que le mythe persan désigne sous le nom de
chèb âviz (^jT 1-*:^) et qui, perché sur un arbre, est censé répé-
ter continuellement ^ l* (3*- l» ( Yâ haqçy yâ haqq : ô Vérité, ô Vérité). On trouve encore là un exemple de la persistance des croyances mystiques des derviches au sein de l'odjàq d'Alger (3). Au-dessus, est une autre table de marbre sur laquelle sont sculptés deux poissons qui se font face, et deux navires à voiles. Enfin^ dominant l'ensemble, se dresse, à la partie centrale, un lion debout tenant une sphère entre ses pattes antérieures. La présence des poissons dans l'ornementation donna naissance au nom de Fort des sardines.
Les vers qui composent ces inscriptions sont scandés sur le mètre hezej.
Musée d'Alger.
Inscription arabe provenant d'un magasin aux grains.
Mauvaise écriture du type nesky rarby.
Hauteur des lettres montantes : 0",05.
Table de marbre mesurant 0",50 de hauteur sur 0°>,50 de largeur.
Caractères gravés en creux et jadis remplis de plomb disposés sur sept lignes. L'angle inférieur droit de la pierre a été brisé.
i. Cf. les inscriptions n»* 46, 47, 52, 53.
2, Cf. un passage de l'inscription n» 26 : « Tant qu'un oiseau chantera avec entrain sur les rameaux... »