I. — DÉPARTEMENT D*ALGER
Table de marbre mesurant 0",50 de hauteur sur 0«,50 de largeur (l'angle supérieur gauche a été brisé et a disparu).
Caractères sculptés en relief et disposés très irrégulièrement, sans intervalle entre les lignes que l'on peut cependant considérer comme étant au nombre de sept.
j^u ;âi j^j j> Il ùh^i jXi viim ;»\ vMi V
<^j >« >- ^ j II Ç^\ j^vi <J^ iii L^\ j\^\
I liil^^ \^\ ;^l ju willj ^ ;iJI
Traduction. — Il n'y a de divinité ç ne Dieu, le Roi^ la
Vérité, l'Évident ; Mohammed est Renvoyé de Dieu, il
est sincère dans ses promesses et digne de foi Celui qui se
confie à [son Maître], le docte, le fervent dans la maison sacrée de Dieu, El-Hâji Chabân, Dey du pouvoir durable dans la ville bien gardée d'Alger^ la protégée de Dieu, [que les meilleurs souhaits de longue vie soient formés à son
intention!) [a fait construire] cette mosquée pour
contempler le visage du Dieu auguste ( 1 ) , dans l'excellent mois de sa far de tannée mil cinq après F émigration du Prophète. Année H05.
Cette mscription a été publiée par Devoulx [Eplgraphie indi* gène du Musée archéologique d'Alger y op. laud.y p. 7 et sq.) qui en a donné une lecture et une traduction un peu différentes de celles qui sont proposées ici. Tout d'abord, il faut remarquer avec Berbrugger (op. laud., p. 130) que la date en lettres est 1005, et la date en chiffres, la véritable, 1105. Devoulx conteste l'exactitude de cette observation et prétend que « le mot 4^U est parfaitement reconnaissable bien qu'un peu fruste ». Cet épigraphiste a été victime d'une erreur de déchiffrement ; le seul mot a fruste » de
1. Dans la vie future; i. e. pour Tamour de Dieu. Cf. rinscriptlon n* 6.
loule rinscriplion est le mot iy^ré^ dans lequel le 2$ et une partie du jr ont été écrasés ; le nom de nombre i-^U n'existe en aucune façon.
Plus bas, le sculpteur, soit à dessein, soit faute d'avoir pris les m<^;sures convenables, a enchevêtré des membres de phrase qui devaient rester séparés ; c'est ainsi qu'il a scindé la proposition
4...*^ Jliai^l 4.^ dont la première partie JiiAi^l «uIp est accolée à la fin de la 5** ligne et placée sous les mots 4^.»^l yljJ-l
4iLi, tandis que la seconde partie 2L>^i est rejetée au commencement de la dernière ligne, avant î^^jft^l J^.. Cette disposition a fait croire à Devoulx que le souhait ainsi exprimé s'adressait au Prophète, alors qu'il s'applique à El-Hâjl Cha'b^n ; c'est ce qu'indiquent surabondamment les termes mêmes qui composent
la formule. D'une part, le mot 4^, signifiant « souhait de longue vie fty s'applique mieux aux personnes vivantes; de l'autre, il faut bien remarquer que la phrase précédente ne contient aucun mot qui désigne le Prophète et auquel on puisse rapporter le pronom
afflxe de 4— .U. Quant à la constrnction k^^\ J^a^^l, elle est, comme on le voit, des plus incorrectes. Il n'est pas inutile d'observer que C^^j^^ est écrit avec un «li, et non avec un • comme l'indique Devoulx qui le fait précéder, également à tort, de la préposition y ; l'orthographe de ce mot, non moins que la construction de la phrase qui le renferme, semble révéler l'origine turque du rédacteur.
Le mot 4i^UJI est écrit 4j^l.
Les points de suspension introduits dans le texte correspondent aux parties de l'inscription détruites par la mutilation de la pierre, qui provient de la mosquée de Bàb-Dzîrà, fondée en 1105 de l'hégire (1693-1694 de l'è. c.) par El-Hàjî Cha'bân, dey d'Alger de 1688 à 1695(1). J'ai rétabli, entre crochets, dans la seconde
phrase, le verbe disparu qui ne pouvait être que ^^^ ou ,u— ». ; les renseignements complémentaires que Ton possède sur l'ancienne mosquée de BâbDzlrà permettent de choisir le premier de ces deux termes.
i. Cf. Devoulx, 1,65 édifices religieux de Vancien Alger (Alger, Bastide, 1870), p. 88 et sq.