‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'AlgérieChapitre 50 sur 249 · I. — DÉPARTEMENT D'ALGER · texte numérisé non relu

I. — DÉPARTEMENT D'ALGER

Le mot bedestân désigne un marché, en général, mais il prend, dans ce document, une signification plus particulière, et c'est pour cette raison que je Tai seulement transcrit dans la version française. Il s'applique à remplacement de Tancien Alger où les esclaves chrétiens étaient mis en vente et où Ton procédait au partage des prises faites par les corsaires. Ce lieu était situé à côté de la médresà du maître Boû 'Anân (jUp j» J^ ÎUjJl.) sur le terrain de laquelle a été bâtie la mosquée El-Jâma' El- Jedîd appelée parles Européens « mosquée de la Pêcherie ».

L'orthographe présente quelques incorrections. Le j de v>Ji^ (5« ligne) ne porte qu'un seul point de forte dimension au lieu de deux points ordinaires. Le mot ^, (4* ligne), n'étant pas entre deux

noms propres, devrait être pourvu d'un î. Plusieurs mots sont

scindés à la fin des lignes ; ^ et <JZ»Xi\ (ô^^ etS^' lignes) sont mis

pour «^ et 4^>ll ; enfin l'expression arabe CisJLJLt Jllt C^^ viole la règle fondamentale de Vidâfà.

Le mois de rejeb, pendant lequel est intervenue la décision qui fait Tobjet de cette épigraphe, est qualifié de i^^l. Cet adjectif est peu usité ; en général, les dictionnaires arabes, turcs ou persans n'en font pas mention. Cependant Preytag (1) le cite et l'explique ainsi : « k^H\ 4}I ^i pro ^^^1 Mensis Redjeb ». Mais ce savant orientaliste n'indique pas les raisons qui l'ont amené à considérer «^1 comme une corruption de ^1. Toutefois il est facile de comprendre que le sens du mot s..^^\ considéré comme une forme pure lui ait échappé : Freytag, comme d'Herbelot (2), s'est mépris sur la véritable place que le mois de rejeb occupe dans Tannée

musulmane et dit. à l'article de ce mois : « ^^^m^j Anni Arabici mensis tertius. » Kasimirski (3) reproduit la même erreur et s'exprime en ces termes : « Redjeb, troisième mois de l'année arabe lunaire. » Pourtant, il est notoire que le mois de rejeb est le septième de l'année musulmane (4). Mais Kasimirski ne cite pas i^l, que fieaus-

sier (5) indique en adoptant l'interprétation de Freytag : « w^--»*

1. Freytag, Lexicon arabico-latinum (Halis Saxonum, Schwetschke, 1830).

2. D'Herbelot, Bibliothèque orientale (La Haye, Neaulme et Van Oaalen, 1778).

3. Kasimirski, Dictionnaire arabe-français (Paris, Maisonneuve, 1860).

4. Cf. Claussio de Perceval, Essai sur Vhistoire des Arabes avant risla- Tnisme,

5. Marcellin Beaussier, Dictionnaire pratique arabe-français (Alger, Jourdan, 1887).

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adj., corruption de ^— ^1, sourd; qualification qu*oa donne au mois de redjeb. » Quant à Jawhary, Tune des sources auxquelles a puisé Freylag, il ne parle en aucune façon du mot i^^l. Je crois qu'il faut voir dans ce terme une expression métaphorique dontla

valeur est suffisamment indiquée par le sens de sa racine : «..^i est

le nom de difformité dérivé du radical %.^^ qui signifie, à lai'* forme « descendre dans une vallée » et, à la 4' forme, « desceodre une pente ». Le verbe primitif équivaut donc au latin deciinare et

Tadjeclif ww-»»! correspond à « déclinant » : c'est précisément le cas du mois de ^-«^j qui est le septième chez les musulmans et à partir duquel Tannée décline. C'est pour peindre la même image

que Ton nomme en français « déclin » et en arabe Jljj le midi vrai, le point astronomique à partir duquel le soleil commence, pour un lieu déterminé du globe, la seconde partie de sa course diurne en descendant vers l'horizon. Je pense donc qu'il y a lieu de traduire «-^-•ïl par le « déclinant » et non par « le sourd ».

I*es dix derniers jours du mois de rejeb 1122, indiqués par la date, correspondent à lapériode comprise entre le 14 et le 24 septembre 1710.

Musée d'Alger.

Inscription turque provenant de l'ancien palais des pachas, dit palais de la Jenlnà.

Écriture médiocre du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0<",04.

Table de marbre mesurant 0"»,30 de hauteur sur 0°»,85 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur quatre lignes ; la date, en chiffres, est inscrite au-dessous de la dernière ligne.

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