I. — DÉPARTEMENT D*ALGER
Traduction. — Et quiconque d'entre nos beys (T Alger n'aura pas servi avec conscience et aura pris la fuite en emportant fimpôt^ s'il vient à être arrêté aura la tête broyée dans un mortier. La malédiction sera prononcée contre ceux qui commettront des actes analogues et il ne leur sera plus octroyé de charge publique. Du consentement général^ finscription en a été faite à cet endroit. 1122.
Cette iascriptioQ a été publiée par Devoulx {Epigraphie indi* gène du Musée archéologique d'Alger^ op, laud,, p. 59 et sq.); c*est par erreur qu*il lui attribue seulement trois lignes.
J'ai reproduit ici les quelques indications vocaliques, qui constituent une rareté dans les inscriptions turques de l'Algérie.
On remarquera que le texte commence par la conjonction j, et parait ainsi se rattacher à une phrase précédente. Bien que cette tournure se rencontre dans des inscriptions manifestement isolées, il semble quMl faille y voir, cette fois, Tindice d'une relation logique. Il existe, en effet, au Musée d'Alger, une autre table du même marbre et de la même provenance ; l'inscription qu'elle contient (voir le n^ 48), due sans aucun doute au même ciseau, porte aussi la date do 1122 et relate une décision du Dlwàn. On est donc fondé à croire que les deux pierres, d'égales largeurs, contiennent des textes de même nature, et que la seconde épigraphe (n^ 49) est un complément de la première (n» 48), ce qu indique la présence de la conjonction y Si l'on admet cette hypothèse, on comprend l'emploi du suffixe pluriel dans j^yjLXj [d'entre nos beys)^ contrairement à l'usage suivi à Alger : c'est que l'autorité venait, à cette époque, de se concentrer plus fortement que jamais entre les mains de la milice dont les officiers formaient le conseil de gouvernement ou Dlwân (1). Le suffixe l^ se rapporte, sans doute, à cette collectivité.
Cette observation présente aussi quelque intérêt au point de vue de la date. Deux deys ont régné pendant l'année musulmane 1122 : Dâly Brâhlm, qui arriva au pouvoir le 21 de moharrem (22 mars 1710), et *Aly Chaouch qui lui succéda le 18 de joumâdâ 'Utàniyà (14 août 1710). L'inscription n<* 48 portant la date du mois de rejeb appartient donc au règne d'*Aly Chaouch ; et si
i. Uo missionnaire du xvu* siècle, le Père Dan, a fait connaître quels étaient, dès 4634, la composition et le foDctionoement de ce conseil.
on lui reconnait la priorité, on sera amené à attribuer celle-ci à la même période et à la considérer comme la trace des mesures énergiques que ce souverain prit, à Tinstigation des yoldach, pour assurer à ses troupes une solde régulière. 11 s'agissait, en effet, d'éviter le retour de regrettables incidents : le bey de TEst, Huseyn Ghaouch, venait, tout récemment, de prendre la fuite en emportant les fonds de l'impôt sur lesquels on comptait, à Alger»
pour payer les janissaires. L'expression 4^\ jtjAjl montre quelle part active le Diwân militaire prenait à la direction des affaire^ publiques; il en avait profité pour se venger de la déconvenue que lui fit éprouver la fuite de Huseyn Ghaouch en mettant ^ mort le dey Mohammed Baktach qui régnait à cette époque (1)— L'an 1122 de l'hégire correspond aux années 1710-1711 de l'èr^ chrétienne.
Musée d'Alger,
Inscription turque de provenance inconnue.
Assez bonne écriture du type nesky cherqy.
Table de marbre élégamment historiée, mesurant 0'»,50 de hauteur sur 0™,50de largeur.
Garactères sculptés en relief et disposés sur six lignes.
Je. ^y. «JCX- ^^-«ft ji^l JJ j O"^ Il JSU- jU A^l jlLLJl
> j II iS»^. t^-J^' 6^ -^.JÏ ^J' t^X JJL ^. Il 4^'-»
;.iirr
'tJ^. Il ^-VJ» cr»» ^jJ^
Traduction. — Les travaux de restauration de ce palais du Dîtvdn d'Alger la bien gardée, boulevard de la guerre sainte^ ont été achevés à V époque du sultan fils de sultan Ahmed^ le Kân impérial, et sous le commandement de celui
1. Cf. Mercier, Histoire de f Afrique sepUtUriondle, op. laud., t. III, p. 337.