‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'AlgérieChapitre 8 sur 249 · I. — DÉPARTEMENT D'ALGER · texte numérisé non relu

I. — DÉPARTEMENT D'ALGER

ricorde!) le mercredi, huitième jour du vénéré mois de ramadan de ï année sept cent quinze. Que Dieu lui fasse miséricorde^ ainsi quà quiconque priera pour lui!

2^ [Au nom de Dieu le Clément] ^ le Miséricordieux! Que Dieu répande ses grâces sur Mohammed!

Cette inscription a été publiée par Devoulx {Epigraphie indigène du Musée archéologique d* Alger y op, taud.y p. 40 et sq.). Le texte qu'il en a donné ne diffère en rien de celui-ci ; c'est avec

raison que Devoulx a rejeté la lecture ^^uJI adoptée par Berbrugger (1) au lieu de c^jLiJ*, car Tavant-dernière lettre est séparée de la dernière et ne peut être considérée comme un j. Le

mot ^.Ajj^l est mis incorrectement pour •Iajj^I ; le î de 4iL>«-^

n'a ni ^ ni points diacritiques. Le Livret de Berbrugger indique que celte stèle fut remise au Musée en août 1853 par M. Fenech, commissaire civil de Bougie, sans dire si elle provient de cette ville même. Le titre de « victorieux », donné au défunt, est attribué soit aux souverains dont le règne est illustré par des conquêtes, soit aux guerriers qui ont rencontré la mort dans les combats. Cette remarque permet de supposer qu'El-Mes'oûd ben *Abderrahmân était un des hommes qui se distinguèrent dans les luttes que les habitants de Bougie soutinrent à cette époque contre Tarmée zeyanite envoyée par Aboû Hammoû à la conquête de la ville. La tranche supérieure de la stèle contient une inscription d'une

seule ligne qui a échappé à l'examen de Devoulx ; le mot jl^ est sculpté sur la face même de la pierre, dans Tangle supérieur gauche, en dehors du cadre elliptique dont il est parlé dans la

description. Quant aux mots ^^-^.Jl alll ^, placés entre crochets, ils ont disparu ; heureusement, la formule dont ils font partie est assez invariable pour qu'on puisse les rétablir sans hésitation.

Ce monument épigraphique est l'un des plus anciens du Musée d'Alger. L'indication de la date contient une contradiction, comme Ta fort bien fait remarquer Devoulx : le 8® jour du mois de ramadan 715, correspondant au 6 décembre 1315, était un sa-

1. Berbrugger, Livret explicatif des collections diverses de la Bibliothèque- Musée d'Alger (Alger, Bastide, 1861), p. 140.

medi ; le mercredi précédeni était le 5 de ramadan 715 (3 décembre 1315) (1).

Grande Mosquée, rue de la Marine, à Alger,

lascriptiou arabe placée à rentrée du minaret, à Tintérieur du monument.

Bonne écriture du typene*% rarby.

Hauteur des lettres montantes : 0",05.

Table de marbre mesurant 0",75 de hauteur sur 0'",50 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur onze lignes.

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1. Cf. WQstenfeld, Vergleichungs-Tabellen der mohammedanischen und christlichen Zeilrechnung {Leipzig, 1854).

Traduction. — ku nom de Dieu^ le Clément^ le Miséricordieux! Que Dieu répande ses grâces sur notre seigneur Mohammed! Lorsque le prince des musulmans, Aboû Tâche fin {que Dieu le fortifie et lui soit en aide!) eut achevé le minaret d! Alger ^ dans un délai dont le premier jour est le dimanche dix-sept de doû 'Iqadà de Van sept cent vingt-deux^ et dont la fin et l'accomplissement ont eu lieu au commencement {i) de rejeb de tan sept cent vingt-trois, le susdit minaret s'écria dans des termes convenant à son état actuel : « Où y a-t-il un minaret d'une beauté semblable à la mienne? Le prince des musulmans a dressé des pommes (2) dont il m'a fait un gracieux ornement, et il a complété ma construction. La lune du firmament me fit face (3) et me dit : « Salut à toi^ seconde lune! » Aussi aucune perspective ne séduit les âmes comme fait la mienne. Allons! Contemplez ma beauté et l'élégance de mes couronnes (4). Puisse mon Dieu accroître Pélévation de celui qui m'a achevé^ comme il a lui-même accru mon importance et élevé mes parois. Que r assistance de Dieu entoure sans cesse son étendard^ raccompagnant comme un ami et lui servant de seconde armée ! »

Cette inscription a été publiée et traduite par Devoulx {Les édifices religieux de Vancien Alger, op. laud., p. 94 et sq.). Une autre traduction en a été donnée par Tabbé Barges {Revue de VOrient, de V Algérie et des colonies^ avril 1857), avec une élégante reproduction lithographique du texte.

Les cinq dernières lignes de cette épigraphe forment cinq vers scandés sur le mètre tawM. On s'étonne de trouver ici, au milieu d'un style soigné, Torthographe incorrecte bLî (5« ligne), au lieu de (/j\J.

\. Le texte porte v^ * proprement, les trois premiers jours du mois.

2. Ce sont les trois pommes de métal superposées et surmontées d'une flèche, que l'on place à la partie supérieure du minaret. Le pluriel incorrect Ue^Lf? pour ^t^U? mérite d*ôtre remarqué.

3. Le verbe JjLJ, employé ici, signifie « être en opposition », en parlant d*un astre.

4. Il faut entendre par là les rangées de merlons qui entourent le sommet de Tédifice comme feraient les fleurons d'une couronne.

Après avoir traduit ce document historique, Devoulx présente une description détaillée du monument auquel il appartient; il y ajoute un exposé des fondations pieuses établies au profit de la Grande Mosquée et retrace la vie des principaux muftis qui illustrèrent son prétoire.

Aboû Tâchefin, fondateur du minaret, est le premier du nom dans la dynastie zeyanite fondée à Tlemcen par son aïeul Yarmorâsen; à la suite de Tassassînat de son père, vers la fin de juillet 1318, il prit le pouvoir qu'il conserva jusqu'au 1*" mai 1337. Dès Tannée 1319, il partit pour le Maghreb central où il avait à châtier des rebelles commandés par Mohammed ben Yoûsef ; c*est sans doute, au cours de cette expédition qu'il fit élever le minaret de la Grande Mosquée. Le corps du bâtiment existait déjà depuis de longues années, comme le prouve l'inscription sculptée sur le « minbar » ou chaire à prêcher de cet édifice (1). Aux termes de la présente épigraphe, la construction du minaret dura du 17 de doû 'lqa*dà 722 au commencement de rejeb 723, ou, suivant le calendrier chrétien, du 11 novembre 1322 au 6 juillet 1323, c'està-dire un peu moins de huit mois. Mais le rédacteur a commis une inexactitude en écrivant « le dimanche 17 de doû 'Iqa'dà 722», car, selon la judicieuse remarque de Devoulx, ce jour était un samedi (2). Comme il est naturel d'admettre que Terreur porte sur le quantième plutôt que sur le jour, on peut considérer le 18 du mois comme étant la véritable date. D'autre part, Devoulx pense

à tort que la période désignée par les mots <-a-»-j •i/^ ^<e-» s'étend du 6 au 15 juillet; elle va seulement du 6 au 8 juillet inclus, car le

terme de l^ s'applique aux trois premiers jours du mois et le mot JJTjT, aux dix premiers jours.

Aiger.

Mosquée de Sidi-*Abderrahmân.

Inscription arabe.

Écriture médiocre du type nesky rarby.

Hauteur des lettres montantes : O^jtfâ.

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