DÉPARTEMENT D*ÂLGER
Musée d'Alger.
Inscription arabe provenant de la mosquée dite Jâma' Seyyidà (?).
Belle écriture du type nesky cherqy.
Hauteur des lettres montantes : 0™,l'i-
Xable de marbre ayant été rognée sur ses bords et mesurant Lcttiellement0°^,34 de hauteur sur 1",43 de largeur.
Caractères gravés en creux et remplis de plomb^ disposés sur [eux lignes divisées en plusieurs parties (1) dont chacune est ener^cnée dans un cartouche tracé comme les lettres.
'•^?— JI-" ^^.ô-^^^^ ^. ^»
Traduction. — A merveille! C'est un monument impo-
^cint et élevé ^ et un chef-d'œuvre qui a été bâti pour Fêter-
'^ité. Notre éminent prince Mohammed pacha Va disposé
dans la bonne direction en orientant exactement sa qiblà (2),
« cause d'une tradition (3) disant qu'il est au paradis une
^^meure qu'obtiendra celui qui aura bâti une mosquée à
OieUf le très-haut.
Cette inscription a été publiée par Devoulx (Épigraphie indigène *^ Musée archéologique d'Alger, op. laud.j p. 95 et sq., et Les édifices religieux de Vancien Alger, op. laud., p. 166 et sq.). Le texte ^u'ilen a donné diffère de celui-ci sur un point très important : il contient à la première ligne le nom de Hasan pacha, au lieu de ^h\ de Mohammed pacha. C'est cette erreur inexplicable qui a
1. 11 ne reste plus actuellement que trois cartouches sur chaque ligne ; ni&is il y en avait primitivement un plus grand nombre, car Textrémité droite des cartouches suivants de chaque ligne est encore visible sur le bord gauche de la pierre.
2. Direction de La Mekke, vers laquelle les croyants doivent se tourner pendant la prière.
3. Il 8*agit d*une parole traditionnelle attribuée au prophète Mohammed.
amené Devoulx à penser que l'épigraphe avait appartenu à la mosquée dite Jâma' Ketchawà, et non à celle dite Jfima' Seyyidà ainsi que l'indique le Livret explicatif de Berbrugger (p. 130, n* 81). Comme il est établi que Hasan pacha n'a fait restaurer qu'une seule mosquée, Devoulx eût été autorisé à attribuer cette inscription à Jàma* Ketchawà si le nom de Hasan y avait été mentionné. Mais il n'en est rien : les lettres o^i^ sont très nettes et
le f seul a disparu lorsqu'on a scié le bord supérieur de la pierre. On ne peut même pas avoir la tentation de lire Ahmed pacha, car ce nom comprend un 1 dont la partie inférieure au moins serait restée apparente.
Il faut avouer, toutefois, que l'origine de l'inscription n'est pas très certaine ; la pierre avait été rognée, puis placée dans une cheminée du palais du Gouvernement. Berbrugger put, à force d'instances, la faire remettre au Musée, et, sur la foi des renseignements qui lui furent alors fournis, il l'inscrivit au catalogue comme paraissant provenir de Jàma' Seyyidà; mais il s'abstint de toute afOrmation catégorique.
Il est à remarquer que le texte de cette inscription est reproduit avec une variante par Devoulx lui-même, dans son ouvrage inti-
tulé Les édifices religieux de Cancien Alger (p. 166) : il écrit IjT^
au lieu de U^. Cette altération pourrait bien provenir de la réminiscence d'une autre épigraphe citée dans le même ouvrage (p. 235) et empruntée à Tune des mosquées intérieures de la Qasbà (1); il y a entre les deux documents une similitude de ré-
daction tout à fait frappante, et le second porte précisément \Sy
au lieu de U>».
A la seconde ligne, le mot ^,j^y masdar de la 2' forme, pré' sente un sens dénominatif et se rattache à la signification du sub-
stantif ^y» « point, côté vers lequel on se dirige » ; il serait impossible de le prendre ici dans son acception ordinaire de « approbation ».
Le nom de Mohammed a été porté par plusieurs pachas, mais Devoulx a établi, par des actes de qâdî qu'il a eus entre les mains, que la mosquée Jâma* Seyyidà fut reconstruite par Mohammed ben *Osmân pacha, qui régna de février 1766 à juillet 1791.
Cette épigraphe est rédigée en prose rimée.
1, Cf. rinscription n* 147.