IX, 469, et XXV
3. Voir, sur le haut de la planche IX, une vitrine du Musée de Berlin.
sauvages, chez les Aztèques du Mexique, les Péruviens, les Indiens, les Chypriotes. « Ne dit-on pas encore le col, les lèvres, les oreilles, la panse, le pied d'un vase ? Qu'est-ce autre chose que l'aveu inconscient du modèle éternel d'oii dérivent la plupart des oeuvres produites par des mains humaines. »
Dans ces couvercles cylindriques, plats, sphériques, afïidjlés de hecs crochus et de sourcils figurés en arcades, où Schliemann ne Aboyait que l'emhlème de la Minerve à tête de chouette ou glaucôpis, on peut présager encore le point d'éclosion d'un art qui, dans la suite, atteindra l'idéal. Pourtant, on saisit déjà en Troade le départ entre la poterie et la statuette, dans ces petites idoles « grossièrement liiçonnées, écrit M. Pottier, qui n'ont pas de destination pratique. Il est vrai que la plupart sont en os ou en pierre ; mais on rencontre aussi des terres cuites exécutées d'après le même modèle. Elles sont presque plus informes, si c'est possihle, que les figures des poteries ; la tête est à peine ébauchée, les yeux iiidifpiés parfois par un grand cercle avec un point central, les hras ébauchés par deux courts moignons (jui ne diffèrent pas sensiblement des appendices soudés aux vases en guise d'anses. C'est le ^oavov ou idole primitive dans sa barbarie, qui nous transporte à l'âge où une pierre dressée, un pieu mal équarri, un caillou représentaient un dieu. Nous verrons que la Grèce elle-même n'a pas débuté autrement : combien d'offrandes du même genre avaient primitivement pris place sur l'Acropole d'Athènes, devenue plus tard l'asile d'incomparables chefs-d'œuvre ! »
Les idoles de Troie sont des petites pierres plates, des plaques en terre cuite ou en os ; leur partie supérieure est rétrécie, entaillée de façon à figurer un cou ; au dessus on a essayé d'indiquer une tête de chouette par une barre verticale, qui serait le bec, flanquée de chaque côté d'un point que surmonte une ligne oblique, façon d'exprimer les yeux; la partie inférieure, au dessous du cou, plus large que la tête, est incisée de deux points représentant les seins, et, au dessous, d'un autre corres|)ondant au nombril.
Pour Schliemann, ces figures informes sont l'imaae de la Minerve-
Cliouette, du palladium tombé du ciel au jour de la fondation de Troie, du palladium qui, dit-on, porté à Rome, devint protecteur des conquérants du monde. A Troie, on employait son emblème comme amulette, ainsi qu'on a pu le reconnaître dans les appendices qui forment le rang inférieur des diadèmes d'or que nous décrirons plus loin.
On a retrouvé aussi une idole de ploml), chevelue, à cornes de chèvre, «i^arnie au cou de cinq colliers ; les mains sont croisées sur la poitrine, la K>uh'a représentée par un triangle entouré de points, est décorée au milieu de cette sorte de croix nommée swastika, mot sanscrit appliqué aux choses troyennes et signalé par M. Burnoui"^ désignant quatre bras coudés, tantôt simples, tantôt cantonnés de clous. (Figure à la page /^i.) On a cru reconnaître dans cette statuette une image de l'Istar babylonienne ou d'Anat, ou de Zarpanit, divinité du panthéon chaldéen. Les jambes des idoles sont accusées par deux points figurant les genoux.
Une autre idole, faite de bronze, est plus barbare encore.
Après avoir étudié les objets qui portent des attributs religieux, voyonsen d'autres qui n'ont que le caractère usuel. Ce sont de grands bols à deux anses, des jarres, des cratères; quelques cratères ont quatre anses; il y a aussi des bouteilles en forme de gourdes; parfois le trou d'écoidement est percé dans la panse et pourvu d'une tubulure. On a trouvé aussi de longues cruches, des plats faits à la roue et à la main, demi-cuits, rugueux^, jaunes ou brun foncé ; on a découvert de petites cuillères en terre cuite, des entonnoirs, des creusets, des écopes, des tasses d'argile, des cachets en terre mal cuite, à dessins incisés, des cylindres de terre cuite ou de feldspath bleu, à dessins gravés, et même une boite à grelots.
Certains signes ou décors gravés sur des pesons coniques de terre cuite, reti'ouvés en nombre considérable, méritent de retenir l'attention : ces pièces sont nommées fusaïoles^ par analogie avec le nom donné par
1. Voir le Dictionnaire sanscrit-fr.inçais de MM. E. Burnouf et Leupol (1865) au mot swasti et swastika.
en
u en
les Italiens à ces doubles cônes trouvés à Villanova, et qui ressemblent à des glands de passementerie ; ce sont des pesons de fuseaux comme ceux qui sont en usage en Orient^; les dessins se trouvent sur le cône le plus aplati ; on en conclut que cette face était la plus apparente, opinion que confirme la suite de la description de Platon ; les sujets sont parfois empruntés aux astres ou aux météores : quatre, sept ou douze soleils, un soleil radié, des étoiles, la foudre, les constellations, les quartiers de la lune ; d'autres dessins sont inspirés par la faune : tels le lièvre et l'antilope, attelage des vents dans la mythologie aryenne,
Poterica jirniiiii\u3 Je Id Ti-oaJu
Idole en plomb d'IIissarlik.
ainsi que le rappelle M. Biu^nouf, ou la chenille, la sauterelle, rongeurs de l'arbre de vie sur les cylindres du symbolisme persan, ou enfin le monoirramme de la chouette.
Il convient de rapprocher les dessins symbolitpies de ces fusaïoles avec la valeur symbolique que Platon donne à ces objets dans la Republique (liv. X, p. 285, traduction Cousin). On y trouve ce passage : « La tige et le crochet de ce fuseau étaient d'acier ; le peson était un mélange d'acier et d'autres matières. Voici comment ce peson était tait: il ressemblait pour la forme aux pesons d'ici bas. »
Des représentations sont puisées dans la flore : rameau d'arbre à feuilles
1. On peut voir le mode d'emploi du peson au mot Fiisiis H-pxy.-z: dans le dictionnaire de Ricli, qui a négligé cet autre emploi du même instrument, qui consiste ii i'aiie du fil retors et qu'on désigne par le mot clôster •/.Aus-T^p.
2. Le cliché ci-dessus est emprunté à I'k Histoire de la Sculpture;) ] ar (^oliignon.
Cn. Normand.
La Truie it'lloiiiêie.
alternées, fleurs à pétales. Enfin, des signes conventionnels : la rouelle, la croix, particulièrement la croix swastika.
On a trouvé aussi de petites boules en pierre ou en terre cuite, portant de.s dessins du même genre.
Ces fusaïoles sont en noir lissé, en noir, en brun-jaune, brun-noir, en rouge, en noir verdàtre, en gris, en jaune. (Voir la planche des fusaïoles).
Les Troyens imitaient en bois le poisson, sculptaient en os et en ivoire des objets simulant un animal couché, des cuillères, des tètes de flèche, des aiguilles et alênes, des tubes décorés d'ornements géométriques ; ils gravaient aussi sur l'ivoire des enroulements, des arêtes de poisson, des bâtons rompus. On a retrouvé des boules de cristal de roche, de curieux moules en micaschiste, des balles de fronde en hématite ou pierre d'aimant, des balles de serpentine, des haches et marteaux perforés, en pierre, en diorite, en porphyre, enfin des pierres rondes servant à bi^oyer les grains.
M. Albert Dumont a donné des appréciations intéressantes sur les terres cuites troyennes dans son bel ouvrage sur la céramique grecque. Nous reproduisons ici les passages principaux :
« L'intérêt de la collection d'Hissarlik, qu'il est possible, croyons-nous, de considérer comme un ensemble où l'unité d'époque est certaine, du moins pour le plus grand nombre des objets, est, à mon sens, de nous offrir des types d'une industrie naissante, des objets d'une très ancienne civihsation ; elle est jusqu'ici l'exemple le plus complet de cette industrie; mais autour de cette collection, il est possible de grouper d'autres objets^ ou semblables ou analogues, découverts dans le reste des pays grecs, et de prouver que cet état, dont Hissarlik offre le type le phis précis, a été autrefois celui de tout l'Orient hellénique, et se retrouve dans d'autres parties de l'Europe. On remarquera toutefois combien ces études sont encore nouvelles et que les antiquités de cet ordre n'ont presque jamais fixé l'attention des savants qui étudiaient la Grèce. Je ferai donc seulement un certain nombre d'observations que chaque jour permettra de suivre et de multiplier »
La céramique d'Hissarlik a des rapports incontestables avec celles de Santorin, d'Ialysos, de Mycènes, de Spata, de Rnossos,
« Proposer une date précise serait tout à fait contraire à la vraie méthode. Il est certain que ces objets remontent à une époque où la côte de l'Asie Mineure était encore barbare, tout au moins qu'ils appartiennent à un état de civilisation très rudimentaire. Remonter au delà du temps où nous savons avec certitude que les Phéniciens vinrent sur cette côte et que les Assyriens soumirent le pays, parce que l'influence de ces peuples ne se constate aucunement dans cette collection, est une hypothèse qui, bien loin d'aider à nos études ultérieures, courrait risque de les compromettre...
« On admettra, je crois, les conclusions suivantes, qui montrent le grand intérêt de la collection d'Hissarlik, bien que nous ayons laissé de côté une foule de questions qui ont été discutées à propos de ces objets :
« i" Ces objets appartiennent à un même état industriel, encore assez peu avancé, très différent de celui que l'on constate dans les maisons les plus anciennes de Santorin, et, croyons-nous, inférieur à celui de Santorin.
1° Il n'y a trace évidente, dans la collection d'Hissarlik, d'aucune influence de la décoration dite orientale : nous entendons par ces mots aussi bien l'Egypte que Ninive, Tyr et Sidon. Cependant ces produits variés supposent des relations commerciales étendues, il n'est pas douteux que les progrès de la science ne montrent par la suite des rapports précis entre la civilisation d'Hissarlik et celle des plus ancieimes industries de l'Asie Mineure.
3*» Des objets semblables ou analogues à cevix d'Hissarlik se sont rencontrés en petit nombre dans tout l'Orient grec et dans les pays classiques. On en trouvera certainement beaucoiq) d'autres dès qu'on sera attentif à les chercher. La science doit multiplier ces rapprochements qui donneront à cette collection son [)lus grand prix. »
La découverte la plus curieuse est celle des objets en métaux précieux provenant de plusieurs trésors. « Le grand trésor » trouvé, au point oii je l'ai indiqué, sur le plan n" 1 1, point que j'ai marqué sur le nuu- sud-ouest de l'enceinte, était enseveli sous une masse de cendres rouges et de débris
calcinés, épaisse de un mètre et soixante-dix centimètres ; on avait élevé sur ce précieux butin un mur haut de six mètres, épais de un mètre cinquante centimètres^ fait de grandes pierres, visible sur le plan lo, et dont le sommet était à un mètre au dessous du sol actuel. Un jour, en 1873, au milieu du chantier des fouilles, Schliemann se heurta contre un g-rand objet de cuivre derrière lequel paraissait un point brillant où il crut reconnaître de l'or. Afin de conserver ce trésor à la science, Schliemann, bien qu'il ne fût pas encore l'heure du déjeuner, fit crier « païdos », expression locale qui signifie Vheure du repos. Puis, écrit-il, « tandis que mes gens mangeaient et se reposaient, je dégageai moi-même le trésor avec un grand couteau ; ce travail demandait beaucoiqi d'efforts et comportait un réel danger, puisque la grande muraille sous laquelle je travaillais menaçait à
chaque moment de s'écrouler sur moi Comme je trouvais tous ces
objets réunis ou placés les uns dans les autres et formant une masse rectangulaire sur le mur d'enceinte, il paraît vraisemblable qu'ils avaient été entassés dans un coffre de bois, ce que semble confirmer une clef de cuivre (lisez bronze) trouvée tout près de ces objets. » M'"" Schliemann l'aidait à transporter son trésor ; le plus grand vase d'argent contenait près de neuf mille petits objets d'or. Près du lieu de la trouvaille, on découvrit trois coupes d'argent, un vase d'argent renfermant une coupe d'élcctrum, et avec ce vase un casque de bronze tellement rongé par l'oxyde de cuivre qu'au toucher il tomba en pièces. Les parties supérieures et cimiers ont été sauvés et sont curieux à rapprocher de fragments trouvés près de la porte du midi. Ces derniers coiffant des crânes (voir la gravure à la fin du chapitre) étaient tellement rongés et fragiles qu'on ne put restituer ces casques; toutefois on possède le cimier ou tpâXo; dans lequel était fixée l'aigrette de crins de cheval ()^6cpoç î'irTOvpt;), souvent mentionnée dans l'Iliade, notamment dans le vers 469 du chant VI, où le fils d'Hector est « épouvanté à la vue de l'airain et du cimier à crinière de cheval qui s'agitait sur le casque élevé » . Les débris retrouvés sur les crânes troyens permettent de voir un cpâXoç fait en deux morceaux, un clou de bronze perçant l'épaisseur du casque, offre à un bout
une tête ronde et saillante, à l'autre une pointe recoui^bée. Dans l'ouverture réservée au sommet devait être insérée la crinière. Cette disposition a été retrouvée à Mycènes (voir Mj-cènes, p. 84, 96, 1 1 8, 1 55, fi^. 97, planche XIV) sur le casque d'un guerrier dans Xintaille d'un coidant d'or et d'un anneau de même métal. Les objets du « grand et des petits trésors » sont placés aujourd'hui dans les vitrines des deux salles de la collection Schliemann, installée dans les nouveaux bâtiments du Musée ethnographique de Berlin, ou Muséum filr V'olkerkunde. L'une des vitrines, au milieu de la salle II, renferme les objets d'or ou d'argent et porte le n" 48. Le soir, pour la sauvegarder, on la descend dans un sous-sol. Le petit côté de l'armoire, tourné vers la fenêtre, renferme des boutons, des bracelets, des épingles, des boucles d'oreilles, des perles et autres bijoux, le tout en or, des barres de ce métal ou de cet alliage de métaux précieux^, encore mal défini, que les Anciens nommaient électron. On voit encore sur cette face de la vitrine une très curieuse coupe a boire, tout en or, faite comme une nacelle, haute de neuf centimètres, longue de dix-neuf, large de dix-huit, battue dans une seule plaque d'or, épaisse de deux millimètres. La coupe est pourvue de deux anses, creuses, rapportées, soudées avec de l'or ou avec un alliage d'or et d'argent, selon le dire de l'orfèvre Giulano. La forme étrange de cette coupe fut longtemps en usage à Ilion, puisque Schliemann nous apprend dans son Vortrag (p. i3) qu'il en constata l'emploi dans des débris trouvés à deux mètres au dessous du sol moderne.
Sur les autres côtés de cette vitrine on a disposé des pendants, des bracelets, des boutons, des anneaux, des rouelles et étoiles dentées, des colliers faits par Schhemann en enfilant des perles d'or, des épingles et broches, le tout en or. Mais les deux pièces capitales de cette riche collection sont les deux diadèmes d'or, ou tcXexty] âvaSéo-fAY]. L'un est formé d'un bandeau, long de cinq cent cinquante millimètres, large de treize, d'où tombent des chaînettes placées là pour orner le devant de la tête et composées d'anneaux alternant avec des feuilles ; aux extrémités du bandeau, les chaînettes tombant sur les épaules sont plus longues
que celles du fi^ont ; toutes se terminent par des appendices bizarres, dont la forme rappelle les primitives idoles, image, pour quelques-uns, de la Pallas troyenne; les yeux, les genoux sont indiqués par des points saillants, et le tout est entouré d'un cercle de points.
Le bandeau de l'autre diadème d'or est constitué par une chaîne de deux cent quatre-vingt-quinze maillons, à laquelle sont accrochées quatre-vingts chaînettes, dont soixante-quatorze pour le devant de la tête, longues de dix centimètres, sont faites de quatre-vingt-quatre anneaux doubles, terminés par des feuilles lancéolées ; à chaque extrémité du bandeau tombent huit chaînettes.
Ces chaînettes, longues de agS millimètres, se terminent en pendeloques faites d'une feuille d'or découpée à la façon des idoles en terre cuite dont nous avons parlé, et dont le champ, ourlé d'une ligne de points, est chargé de cinq points, ou saillants, gravés, un dans le haut^ un au milieu, et trois dans le bas. Le bijou se compose de 12271 anneaux, de 4066 feuilles et de seize idoles.
C'est M. Schliemann qui a enfilé les maillons retrouvés isolés, de façon à les présenter sous l'aspect où on les voit aujourd'hui.
Ne serait-ce pas^ comme M. Gladstone l'a fait observer, une parure de ce genre qu'envisageait le poète quand il chantait : « Andromaque laissa tomber loin de sa tète les liens magnifiques, les bandelettes, et le réseau, et le filet tressé et le voile que Vénus lui avait donnés. » (PI. XXII, 8.)
Sur le quatrième côté de la même vitrine n" 48, on voit des fragments oxydés de Aases en argent et une plaque de bronze. Sur la tablette supérieure sont alignés, à la suite de la coupe à deux anses déjà décrite, une bouteille sphérique en or, pesant 4o3 grammes, un gobelet de même métal (10.6 gr.), une petite coupe et un gobelet en électrum 5 ta côté sont des objets en argent : deux coupes, deux vases à couvercles avec trous tubulaires pour le passage des cordes de suspension ; enfin on voit encore sur cette tablette un crâne de femme, et un gobelet de bronze provenant de la sixième ville.
Une autre vitrine (n" 4)? tlans la salle I, renferme aussi des objets provenant des trésors : dans le milieu, et en bas, un grand chaudron (n» SS^),
Grand trésor de Troie: Chaudron en bronze (Photographie de Charles Normand).
d'un ton bleu vert, baut de o™i4, ayant ©"^20 de diamètre au fond qui est plat, et o™4^ ^n haut. Ce cbaudron porte les traces de l'incendie qui, par fusion, y a fixé des fragments d'une hache d'airain. A droite du chaudron, figuré sur la gravure ci-contre, on voit un clou en bronze dont je donne l'aspect géométrique sur la planche 3, et, à gauche, un autre clou de même matière lui faisant pendant. Dans le haut de cette vitrine, une cruche d'argent^, à anse iniique, provenant du grand trésor, renfermait de petits ornements d'or en grand nombre; son diamètre est de o'"20, sa hauteur, de o'"2i ; l'anse creuse, longue de o'"i4, a on^og de diamètre. A côté, on voit deux crânes de Troyens, et, au dessous, six lingots d'argent, en forme
1. Voir, page 49, la photographie de cette vitrine formant cul de lampe du chapitre.
de lames, arrondis à une extrémité, échancrés à l'autre. Les plus grands ont o'»i85 de long, o'»o5 de large, et pèsent, selon Schliemann, respectivement 190 et i83 grammes. Deux autres ont o"m85 de long, o™o4 de large et pèsent 178 et 174 grammes ; les deux derniers ont o'" 18 de long, o'"o3 de large et un poids de 173 et 171 grammes. Dans le bas de la même vitrine, et à droite, on voit des objets de bronze, liacbes, tètes de flèche ou de lance.
Parmi les autres objets de métal, signalons encore un petit bronze de la forme d'une monnaie, une face plate, décorée d'un point, l'autre peu concave avec une figure d'iui très léger relief. Un bouclier circulaire en bronze, tordu, replié sur lui-même, d'un diamètre de o™5o, pourvu en son milieu d'un umbo ; cette partie saillante cerclée d'un bourrelet, mesure six centimètres de hauteur, onze de largeur, et est battue avec sa rainure et sa bordure dans la même pièce de métal. Le bouclier est garni sur son jiourtour d'une bordure haute de quatre centimètres. Citons enfin des barres d'électrum pesant 87 grammes, et les objets exposés à Constantinople dans le Musée de Tchinili-Kiosk.
L'exécution de l'orfèvrerie, supérieure à celle des poteries, atteint parfois un degré de perfection cpii fit croire à quelques-uns qu'elles proviennent peut-être de pays asiatiques d'une civilisation plus avancée.
Les fouilles et l'analyse des grains carbonisés ont fait reconnaître que les Troyens s'approvisionnaient de froment, de seigle, de fèves et de petits pois. Ils consommaient les huîtres, à en juger par des bancs considérables de coquilles de mêmes espèces que celles qu'on trouve encore sur les rives de l'Hellespont. Les Troyens se nourrissaient aussi du cardium et de la moule. D'autres coquilles servaient à la parure ; c'étaient la Colombelle, le Trochus, le Pectunculus et la Pourpre.
On trouve des os de vertébrés, principalement ceux de chevaux, porcs, chèvres et moutons ; on chassait le lièvre, le cerf, le daim, le sanglier, l'oie, le cygne ; les ossements d'oiseaux sont rares.
Comme dans les temps chantés par Homère, les troupeaux consistent encore en chevaux, moutons et chèvres; peu de grands ruminants et de porcs. Les chameaux restent en plein air, couchés en i^randes troupes, dans les rues et les cours, ou hien dans le lit desséché des torrents.
Armes, lingots (l'ar^'cnl et mines Iroycns [l'iioio^'rnplite ilt! Chnrlrs i\onnnii,l\.
Cn. NoRMAXD. — La ïioir ti'llomère.