ÉBAUCHE D'UNE RESTITUTION DE LA TROIE HOMÉRIQUE
(Voir les plîtnrlios 3. 'i. 6, 7, il)
Nous voici donc en face d'une cité touchant aux âges préhistoriques, à en juger par son mobilier : idoles à faces d'animaux, abondance de fusaïoles, présence à peu près exclusive du bronze '. Les traditions les plus anciennes la font sortir des ténèbres de l'oubli.
1. Cet auteur étant, selon Euphorion et Theopompc, contemporain de Gygès île Lydie, a pu visiter la plaine troyenne vers le ix' siècle, quand déjà, peut-être, plusieurs mètres de décombres recouvraient la ville dont il chante la fin tragique; aussi lui attribue-t-il peut-être parfois l'architecture en usage au temps de son séjour à Ilios.
2. Nous donnons ici le résumé des observations consignées plus haut. — Avant 1890, on n'avait trouvé aucune trace de fer dans la seconde ville ; les dernières fouilles en ont mis à nu quelques légers (Vasrnients.
Un peuple arven, dont la lanj^ue est grecque ou peu s'en faut, occupe une ville basse que domine une petite acropole dite Pergainos. Poséidon et Apollon, symboles peut-être de populations maritimes, l'avaient entourée d'une « haute et belle muraille, afin qu'elle fût inexpugnable». Cette muraille, la voici : elle se développe sur un plan pentaj^fonal (pi'on peut: inscrire dans un carré de cent mètres. (PI. 1 1 et 3, 6, y.)
Son soubassement, en |)etites pierres calcaires liées par de l'argile, a quatre mètres d'éj^aisseur et neuf de hauteur ; il est surmonté d'un mur haut de six mètres, fait en briques crues, que surmonte une galerie de bols ; de la sorte, le mur de défense peut atteindre une hauteur totale d'environ dix-huit mètres ; sa masse parait polie grâce au stuc dont on l'a enduite, et sa robuste apparence s'augmente encore par l'inclinaison des parements extérieurs, faits pour contenir le terre-plein de l'Acropole; aux points vulnérables ou dangereux de solides contreforts affermissent l'ouvraoe.
Du côté de la plaine fertile, le rempart^ dressé sur le roc escarpé qui la domine de trente-cinq mètres, est renforcé de tours', écartées de six mètres, saillantes de deux ; leur nombre, leur structure et leur épaisseur varient sur les iliverses faces de l'enceinte, flanquant les portes, les courtines et les points faibles tels que le saillant du sud-est. Et Homère y ajoutait de véritables échauguettes axo-riY;^.
Des portes à l'aspect grandiose sont pratirjuées dans les murs et sont surmontées de fortes toiu-s, flanquées d'ouvrages de défense. L'entrée du sud-ouest, à doidjles vantaux de bois, renforcés par des barres de bronze, s'annonce par une longue rampe, large de neuf mètres, irrégulièrement mais superbement pavée de grandes dalles en grès rouge, assemblées en joints polygonaux (|)lanclie 7) au dessus de quatre assises de fondements qui posent sur la terre vierge ([)Ianche 6). F^a rampe est si raide qu'elle semble interdite aux chars.