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TEMPLE D'ATHENA. KNTABLEMKNT RESTITUE

DU

Ifl u

« des fondements gigantesques composés de blocs calcaires réguliers et taillés , les constructions et surtout les marques de la taille des pierres ne laissent pas douter qu'ils n'appartiennent à l'époque romaine». On les démolit après les avoir dessinés, écrit Schlieniann ; mais ces dessins ne sont ni dans son livre, ni dans les minutes que j'ai consultées chez M. Burnouf.

L'enceinte de l'Ilion gréco-romain était percée de portes ; l'une d'elles, donnant accès de la ville dans l'Acropole, affectait la forme habituelle aux Propylées ; elle fut élevée presque à la même place, mais à un niveau plus élevé, que la porte correspondante du sud-est de l'Ilion archaïque. Des Propylées grecs, il ne reste qu'un mur, car à cette construction hellénique en a succédé une autre de l'époque romaine. C'est un édifice, d'ordre doritpie, dont on n'a retrouvé en place que les fondations, tracées sur plan rectangulaire, long de i2'"5o, large de 8™5o. Sur son front méridional, c'est-à-dire à l'extérieur de l'Acropole, se dressaient quatre colonnes doriques. Le portail, sous lequel on passait ensuite, se composait de trois portes séparées par des demi-colonnes corinthiennes. Du côté de l'Acropole devait se trouver une façade décorée par deux colonnes comprises entre les antes.

La ville d'Ilium Novum possédait im remarquable sanctuaire, le temple d'Athena. Ilienne (pi. 14, 19). Scliliemann a mis au jour, sur le flanc nordest de l'Acropole, plusieurs grandes fondations en pierres calcaires bien taillées, qu'il détruisit avant d'en avoir levé le plan. C'étaient, peut-être, les soubassements du temple, dont des débris, d'ordonnance dorique, se retrouvent ici. Il est possible aussi de reconnaitre, avec M. Dorpfeld, le tracé des fondations du temple dans des fossés remplis de sable, larges de 2™5o, et coudés à angles droits, découverts en 1890, et dont la suite reste encore à fouiller ; ces fossés annoncent ici un monument d'environ seize mètres sur trente-cinq ; comme les triglyphcs et méto|)CS retrouvés semblent indiquer un bâtiment large de seize mètres, la concordance est possible. Est-ce le temple mentionné sous le nom de itpov, c'est-à-dire de temple par excellence, dans l'une des trois inscriptions trouvées dans une

Cil. Normand. — La Troie J'ilomère. 10

tranchée ? Pourtant je ne puis, comme Schliemann, conclure du lieu de sa découverte que le sanctuaire se trouvait dans le voisinage, car il se peut que l'inscription ait été tout simplement transportée ici. Des fragments divers, de même matière et de style analogue à la frise dont je vais parler^ gisent aujoiaxl'hui encore dans la partie nord de la colline d'Hissarlik ; c'est là que j'ai mesuré le chapiteau dorique en marbre blanc dont le profil, relevé par points, se trouve sur la planche 19. La courbe de son échine est très peu prononcée ; c'est presque une ligne droite. Chapiteau et entablement offrent les plus grandes analogies avec l'ordonnance dorique des Propylées de Palatitza en Macédoine, qu'on peut voir au Louvre. De part et d'autre, vingt cannelures s'amortissent également « sur la courbe continuée de l'échiné, et cela avec une extrême délicatesse. D'un autre côté;, l'échiné, d'une saillie très modérée, ne présente qu'un profil rectiligne. Par ces derniers caractères, les chapiteaux de Palatitza se rapprochent des chapiteaux doriques du portique de Philippe à Délos et de ceux que l'on voit au Forum triangulaire dans l'ancien quartier grec de Pompéi ». M. Daumet y constate une certaine analogie avec les chapiteaux des Propylées d'Athènes. J'ajouterai à cette série le chapiteau de marbre blanc que j'ai vu et mesuré au Pirée, à la porte d'une école.

Le fût porte un trou carré destiné à permettre le logement d'un goujon liant solidement le fût de la colonne à la naissance de son chapiteau. Le lit de pose n'est pas complètement horizontal ; il est amaigri sur les bords, suivant le cercle tracé sur le plan de la colonne (pi. 19); lit de pose dont la section est indiquée sur la coupe A B. Le diamètre de la colonne est, à la partie supérieure^, de i™o4.

Le morceau le plus intéressant du temple est un bloc de marbre blanc, long de deux mètres^ et haut de o'^Sj', qui figure au Musée de Berlin sous le n» i3 ; c'est une partie de l'entablement du temple qui permet de voir que, comme à Palatitza, l'architrave, la frise et la corniche répondent

1. Le bloc et non le triglyphe, comme Schliemann l'a écrit (Ilios, p. 784).

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