‹ Corpus des monuments grecsChapitre 25 sur 43 · Moniteur des Archilectes, 1874, p · texte numérisé non relu

Moniteur des Archilectes, 1874, p

méplat un visao-e de face ou de trois quarts, entreprise fort difficile une première fois et dans laquelle les Grecs n'avaient pas eu de prédécesseurs. On s'arrani^eait, en peinture et dans le bas-relief, pour poser les personnages de profd. » La mode passa du reste assez vite ; l'abandon du profil eut lieu vers le temps d'Alexandre, tyran de Plières en Thessalie, mais l'on était revenu presque partout au profil vers le temps d'Alexandre. Ces observations feraient attribuer à cette période la sculpture de la métope; d'ailleurs, pour M. Burnouf, le type de Phœbus et le caractère général de ce précieux bas-relief indiquent une époque voisine d'Alexandre le Grand. Nous signalerons plus loin l'analogie d autres sculptures d llion avec celles de Pergame.

La métope du char du Soleil fut découverte dans une tranchée ouverte le 20 juin 1872, au côté nord de l'Acropole, dans les terrains de M. Frank Calvert, au point marqué en haut et à droite de la planche 10. Cette sculpture fut trouvée « dès le début du travail », nous dit Schliemann (p. 25), par conséquent, très près du bord de la colline, tourné vers les Dardanelles, et à une faible profondeur. On rencontra autour d'elle nombre de tambours de colonnes doriques, qui attestent la présence en cet endroit d'un grand temple dorique.

Schliemann fit don à divers musées d'im moulage de la métope et du triglyphe, empreinte où ne fut point prise la fiice de retoui'. Le moulage reçu par le Louvre est déposé (février 1892) dans le magasin de l'ancien manège ; son triglyphe de droite est défoncé ; il serait à désirer que cet exemplaire fut répai'é, puis exposé de manière à ce ([u'on put le voir. Le moulage offert au Musée Britannique a été placé, par M. Newton, près des antiquités du Parthénon. Nous donnons ici la première reproduction exacte et inaltérable de cette métope, photographie que nous avons prise d'après l'original du Musée de Berlin. On peut comparer cette héliogravure aux dessins défectueux d'Ilios (i54oet i545); on verra que le caractère dans ces dessins est mal rendu, la queue du cheval trop large, et que la physionomie des chevaux n'est pas vraie. En outre, dans la gravure, on a mis sous la

frise un support qui existait dans le jardin et qui ressemble à une architrave, alors qu'on n'a pu en retrouver le moindre morceau ; enfin nous donnons (pi. ig) le plan des triglyphes, élément d'appréciation si nécessaire et qui n'avait pas encore été publié. Quant à la reproduction qu'on en voit dans l'album photographique publié par Schliemann, elle est si effacée, comme toutes celles de la collection, qu'elle ne vaut pas un dessin. C'est pourquoi nous avons reproduit en héliogravure la vue de cette sculpture sur les planches i3 et 14. Chacim pourra désormais l'apprécier comme François Lenormand : « tout le monde admirera la grandeur et la beauté classique du style, la science des raccourcis, l'heureux agencement de la composition, la vie et le mouvement des chevaux. C'est là une œuvre de premier ordre et qui peut aller de pair avec les plus beaux morceaux grecs que l'on possède ; nous n'avons rien de supérieur, du siècle d'Alexandre. »

Nous possédons peut-être d'autres métopes dans les deux fragments en marbre blanc qu'on voit au poiu-tour de la salle II du Musée Schliemann (voir le bas de la pi. 20J ; mais elles sont trop incomplètes pour que leur hauteur puisse nous en fournir la preuve ; elles sont placées à droite (n" 68) et à gauche (n" 66) du médaillon circulaire de la Louve (n" 67). L'une, le n" 68, fut achetée par Schliemann à M. Calvert, dont elle orna pendant vingt-cinq ans la maison de campagne qu'il possède en Asie Mineure ; on y voit un guerrier nu, affaissé, et tenant un bouclier rond. 11 porte la main à sa tète mutilée, qui peut à peine se reconnaître, et que saisit le bras gauche d'un personnage, dans lequel on a voulu voir Pallas Athéné. Armée d'un bouclier rond, vêtue d'un chiton à pli, elle est très incomplète. Le bloc mesure environ o'"8o de haut sur o"'75 de large, et o'"34 d'épaisseur, dans ses plus grandes dimensions. J'ai été frappé de l'analogie de style de cette sculpture avec celui de la frise du combat des géants de Pergame. Ainsi, par des considérations d'art, j'arrive à la conclusion que M. Rossbacli a trouvée par des preuves historiques. Pour lui, les sculptures des métopes d'ilion sont dues à des artistes de l'école à laquelle on doit les bas-reliefs de Pergame; elles ont même pu être exécutées sur

l'ordre de leur souverain, Eumènes II (igy-iSg av. J.-C.)\ Il compare le n" 68 à un bronze^ du Musée Rirclier et à une terre cuite (n" 697) du « Berliner Anti([uarium », trouvée en Italie.

L'autre IdIoc en marbre blanc, le n" 66, se compose d'un fragment de triglyphe et d'une métope attenante sur laquelle on reconnaît en bas-relief les épaules d'un homme casqué, vu de profil, ayant à sa gauche une portion de bouclier. Elle a servi de pierre sépulcrale dans le cimetière de Koum-Rioi, et mesure 0^57 de haut sur o'"96o de large. Schliemann indique encore dans Ilios une métope de même style, où l'on voit un guerrier tenant par les cheveux un homme agenouillé et le frappant de son bras levé, et une autre sculpture (n" 65) représentant un homme soutenant une personne affiiissée.

En face de ces sculptures, on voit dans une vitrine de la salle II la partie inférieure d'une statue de femme en marbre blanc (n» 63), et une statue d'homme de même matière et sans tète (n° 64). On y a mis aussi des fragments de cimaise (xO[jLa) en marbre blanc (n° 6'2), travail romain^ assez barbare, avec enroulements, rinceaux et tètes de lions crachant l'eau ; ce sont peut-être les restes des parties restaurées par Sylla, après la démolition de Fimbria.

Par les dimensions, le style, la richesse de la décoration, on est naturellement porté à voir dans ces fragments les restes du temple principal d'Ilion, celui de la Pallas Ilienne, dont parle Strabon (liv. XIII).

Nous pouvons rassembler quelques souvenirs relatifs au culte d'Athéné à Ilion ; son temple est mentionné par Homère ; Cassandre s'y était réfugiée ; elle embrassait la statue de la déesse quand Ajax, se précipitant sur elle, fît tomber l'image divine. Le temple d'Athéné est mentionné par Hérodote, à propos des sacrifices que Xerxès y fit à Athéné Iliade, en 480 av. J.-C

1. Archealogische Zeitiutg, 1884. Avec planche en héliotypie des n°' 66, 67, pris de (ace.

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