BASES PHYSIOLOGIQUES DE L'ÉQUILIBRE NATUREL
Pour comprendre, au point de vue hippo-mécanique, 1’ Importance dévolue à l’équilibre du trotteur et pour justifier l’emploi des moyens correctifs (embouchure, enrênement, ferrures, poids) utilisés couramment dans la pratique du trot, il convient de signaler, dès le début, les bases de son équilibre naturel.
La détermination du centre de gravité chez le cheval
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du fait des ‘poids différents des organes, des attitudes diverses du corps, des mouvements qui se rapportent à la locomotion, est des plus délicates.
Le corps du cheval, composé du tronc et du balancier cervico-céphalique, est soutenu par quatre piliers, les membres, qui formènt, associés par paires, des trains. En plaçant les deux trains sur des balances de proportion à plancher mobile on constate que le poids de l’avant-main l’emporte sur celui de l’arrière-main, en moyenne, d’un neuvième du poids total.
À l’aide de ces doubles pesées, il n’est pas difficile de déterminer l’emplacement du centre de gravité du corps qui, pour un animal normal, doit nécessairement occuper le plan médian du corps. Des expériences de ce $enre et d’autres, effectuées sur des cadavres, ont établi que le centre de gravité se trouve à l’intersection de deux lignes, l’une verticale qu’on élève un peu en arrière de l’appendice xiphoïde du sternum (région située en arrière du passage des sangles) et l’autre horizontale limitant le tiers inférieur et le tiers moyen de la hauteur thoracique.
L'emplacement des centres de gravité n’est pas exactement le même chez tous les chevaux : il est notamment placé plus en avant chez les sujets qui ont la tête fort et l’encolure massive et longue et chez tous ceux qui sont bas de devant. Il se déplace momentanément vers l’avant chaque fois que la tête est étendue sur l’encolure, ou encore quand il y a, pour une raison quelconque, une tension plus forte de la corde du lisament cervical par abaissement de l’encolure et de la tête.
Le centre de gravité peut être reporté en arrière par des dispositions anatomiques ou des mouvements inverses,
Le centre de gravité peut encore osciller dans le sens transversal $râce au jeu du balancier cervico-céphalique. Le cheval qui porte la tête et l’encolure à droite surcharge le membre droit et soulage son congénère $auche et vice-versa.
On entend par ligne de gravitation la verticale abaissée du centre de gravité vers le sol.
La base de sustentation est l’espace compris dans la fisure $éométrique qu’on obtient en reliant extérieurement par des lignes droites les pieds à l’appui. Cette base de sustentation est fonction de la longueur du trotteur ; en d’autres termes, la longueur normale de la base de sustentation est assez exactement les trois-quarts de la longueur scapulo-ischiale, qui est elle-même égale à la taille. Un cheval de 1 m. 60 a donc une base de sustentation d’environ 1 m. 20.
L’appui peut être quadripédal, tripédal et momentanément, dans certaines allures, unipédal, suivant qu’il y a quatre, trois, deux ou un pied à l’appui. La base de sustentation est d’autant plus réduite qu’il y a moins de membres à l’appui et on conçoit que la situation du centre de gravité change continuellement au cours des allures. On appelle équilibre stable celui que le cheval peut assurer, passivement par la position des piliers qui soutiennent le corps, ou activement en recourant en outre à des forces musculaires extrinsèques aux mem-
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bres. L'équilibre est stable aussi longtemps que la ligne de gravitation tombe dans la base de sustentation. Cet équilibre est alors maintenu passivement ou activement peu importe ; il est et peut rester stable.
L'équilibre est rompu chaque fois que la ligne de éravitation tombe en dehors de la base de sustentation.
La stabilité de l’équilibre a des degrés : elle est d’autant plus $grande que la base de sustentation est plus large, que le centre de gravité est placé plus bas, que la ligne de gravitation tombe plus près du centre de la figure de base de sustentation. L'équilibre devient de moins en moins stable dans les cas contraires.
La progression s’opère par la contraction des muscles propulseurs et se résularise ensuite grâce à la vitesse acquise ; l’impulsion provient des membres à l’appui : élle s’effectue pendant la durée de l’appui. Dès que le membre, à cause de la progression continue du corps, devient oblique en arrière et en bas, il survient une nouvelle cause de propulsion : le corps a tendance à tomber en avant ; mais comme, dans le pas ordinaire, les membres oscillent autour de leur axe directeur, il en résulte nécessairement que les deux directions obliques se neutralisent et que toute l’impulsion doit provenir de la contraction musculaire. Aussi, pour se mettre en marche, le cheval pousse sa masse sur les membres postérieurs et cette poussée est transmise à l’avant-main par l’intermédiaire de la colonne vertébrale maintenue rigide grâce, en partie, aux puissants muscles qui l’entourent : le centre de gravité dépasse, en avant, la base de sustentation ; l'équilibre est rompu et les membres