‹ Correction des défectuosités d'allures du cheval trotteurChapitre 24 sur 51 · RO HE · texte numérisé non relu

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teur en action. On sait, en effet, que tout trotteur ne peut rendre le maximum de vitesse sans prendre un léger appui ; ceux qui fuient à la main sont d’une conduite difficile. Le trotteur tire sur le mors par des nécessités physiologiques ; il immobilise sa tête et son encolure pour permettre le fonctionnement de certains muscles de l’encolure, en particulier le mastoïdo-huméral qui a un rôle majeur dans l’extension du membre. Tout trotteur tirant démesurément à la main, outre qu'il est difficileemnt maniable, perd, du fait de la flexion exa- $érée de l’encolure, en régularité et en vitesse. Chez ces sujets, l’enrênement, en donnant un point d'appui fixe, empêche le cheval de tirer en permanence sur le mors de conduite et supprime au driver un tirage incessant.

Dans l’enrênement des trotteurs, on leur laisse $énéralement prendre un très fort point d'appui sur la main; ces chevaux, étant très énergiques, tirent toujours fortement et le jockey ou le driver tirent non moins risoureusement sur la bouche, croyant, de cette façon, favoriser la vitesse. Cette manière d’agir compromet l’intégrité buccale si nécessaire au trotteur, rejette le poids du corps sur l’arrière-main et fatigue les reins et les jarrets.

Il faut, ainsi que le recommande J. FILLIS, donner un léger point d’appui à la main, permettant de soulever un peu la tête et l’encolure ; mais on doit avoir soin de les porter de bas en haut et non d’avant en arrière, sous peine d’entraver infailliblement la puissance des reins et des jarrets.

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Régler l’enrênement est un point délicat qui nécessite de multiples observations : se baser sur le port naturel de la tête du trotteur en action constitue la meïlleure méthode. Pour obtenir ce résultat, fruit de longues recherches, on commence par utiliser un enrênement lâche et on le raccourcit progressivement jusqu’au point correspondant au port normal de la tête du trotteur en plein train.

Lorsque, par un enrênement méthodique, la tête est en bonne direction, le mors prend un point d’appui régulier sur les barres, l’insertion des guides ou des rênes étant plus perpendiculaire aux branches ; en outre le cheval rend sans effort à la main, est d’un maniement plus facile et prêt à exécuter tel ou tel déplacement du balancier cervical que le conducteur lui commande.

L’enrênement suffisamment tendu, sans l'être à l'excès, élève le centre de gravité. Il s’en suit une moindre stabilité de l’équilibre, mais plus de vitesse, en raison de l’allèsement relatif de l’arrière-main, dont toute la puissance est utilisée à la propulsion.

Les efforts de l’entraîneur doivent précisément tendre à déterminer, par de multiples essais, le port de la tête compatible avec le maximum de vitesse et l’intégrité de l'allure. L’enrênement doit être réglé de façon à ne pas entraver l’extension de la tête, attitude indispensable au cheval de course pour porter le centre de $ravité en avant et dans le sens du mouvement. Bien réglé, en limitant les mouvements d’élévation de la tête qui précèdent toujours la faute, l’enrênement joue

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un rôle préventif indéniable dans la production des enlevés ; en cas d’allures mixtes, il permet de reprendre plus facilement le trotteur dans son train régulier.

En outre, en dehors de son rôle dominant dans l’équilibre, il permet, par une longueur invariable des guides, l’utilisation des « mains » indispensables à la conduite régulière du trotteur.

Sportivement, il y a une relation étroite entre les défectuosités d’allures et l’enrênement irrationnel ; il n’est pas rare, en effet, de voir des sujets qualifiés fautifs être ultérieurement et à bref délai « réguliers » lorsqu'ils sont soumis à un enrênement méthodique. (Le cas se présenta récemment à Toulouse d’un cheval, « Vif Orange », qui, fautif invétéré, parvint à effectuer un beau jour un parcours impeccable grâce à une modification judicieuse de son enrênement.)

Un enrênement trop lâche, en supprimant tout point d'appui au trotteur, a une action nulle ; trop tendu, il élève rrop la tête, surcharge l’arrière-main, exerce un effet dépressif sur la vitesse et « use » prématurément les jarrets. Tels sont les deux écueils à éviter.

Dans le trot, l'importance de l’enrênement, selon les indications, longs, demi-long, court, solide ou souple, est primordiale : les entraîneurs le savent bien et ne manquent pas d'apporter tout leur soin à la solution de ce délicat problème d’hippo-mécanique.

Il ne faut cependant pas être trop absolu et s’ingénier à compliquer à plaisir l’enrênement puisqu'on sait que dans certains pays étrangers, où l’on n’applique aucun

de ces systèmes, les trotteurs arrivent cependant à à réaliser de très bonnes performances.

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