‹ Corrélations psycho-sexuellesChapitre 12 sur 72 · GÉNÉRALITÉS SUR LA PATHOLOGIE DE L^ESPRIT ET DE L* AMOUR · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS SUR LA PATHOLOGIE DE L^ESPRIT ET DE L* AMOUR

b) Des degrés plus ou moins intenses de précoce sénilité, partielle ou générale, de l'esprit même ;

e) Des disproportions partielles et plus ou moins intenses de développement ou d'action de certains éléments de la vie morale en opposition aux autres ;

d) Des penchants originaires naturels spéciaux, qui agissent en ce sens, qu'ils interrompent la régularité et déplacent Téquilibre dynamique actuel de la société ;

e) Des effets de perturbation de l'esprit par les influences infectives^ toniques, débilitantes, altérantes, accidentelles de la vie, transitoires ou continues.

De là, la conception qu'une grande partie de la pathologie de l'esprit peut être considérée comme connexion à la vie morale, dont elle réfléchit approximativement les conditions et dévoile les mécanismes psycho- physiologiques, les diverses circonstances d*âge, de sexe^ de lieu, de temps, d'éducation étant considérées et que la nature dégénérative, base des diverses formes pathologiques, stables ou progressives de l'esprit, répond principalement aux diverses conditions du cours parabolique entier (évolution et involution) de la vie saine et aux penchants spéciaux qui représentent, dans la vie de chaque espèce, les énergies divergentes, progressives, régressives et destructives biologiques. Bref, la série successive des attitudes de l'esprit individuel sain est réfléchie par la série parallèle d'autant de ses morbosités.

II. — Aux diverses morbosités de Tesprit répondent celles de la vie sexuelle, sous la forme d'autant d'immaturités, de sénilités et de monstruosités correspondantes.

Nous verrons plus loin que, même dans le champ pathologique, se conservent les liens étroits entre les opérations, servant au besoin de la conservation et du bien individuel et les autres, qui aident la continuation de l'espèce.

C'est ainsi que la pathologie de l'esprit dans la série de ses formes et dans ses monstruosités, peut être résumée continuellement par la pathologie de la vie sexuelle.

Nous verrons aussi que les premières conditions morbides de

84 s. VENTuni

la vie sexuelle parcourent le même chemin que les altérations correspondantes de la vie spirituelle.

Cette étude, relativement à la pathologie, est vraiment l'image parfaite de celle faite par la physiologie relativement à la vie sexuelle. Elle nous amènera à des résultats analogues à ceux obtenus par l'étude de la série des maladies primaires de Tesprit, qui représentent le cours de la vie morale saine.

J'essayerai aussi de déduire de cet ordre d'études la possibilité de la connaissance de la pathologie de la vie psychique par celle de la vie sexuelle. II y a à ce propos quelques considérations préliminaires à faire.

Le fait de Taccord des altérations sexuelles ayec les diverses formes d'altération mentale découle de ce que l'orbite de la vie sexuelle, dans sa partie la plus grande, est comprise dans celle plus ample de la vie psychique.

En effet, l'activité psychique puise sa source dans les activités les plus élémentaires de la vie biologique (Richet) et évolue jusqu'au moment où, chez Thomme civilisé actuel, elle devient l'ensemble des moyens servant aux besoins des luttes pour l'existence individuelle, matérielle et morale (Sergi) et à la reproduction de l'espèce, bornée à tous les actes qui aident l'activité physiologique générative aux effets de sa fonction pendant la période animale qui, des nécessités les plus simples pour la lutte pour le choix, aboutit à tout ce qui aujourd'hui représente Vamour chez les hommes civilisés.

La fonction sexuelle naquit avec la fonction psychique à l'origine de la vie de la matière organique, car tout ce qu'il fallait à l'existence de l'élément individuel le plus simple ne pouvait pas être différent de ce qui était nécessaire à la continuation de l'existence de la vie.

C'est-à-dire que les éléments qui conservaient la vie, en servant à sa reproduction, la continuaient. Car la signification la plus élémentaire du mot : « Reproduction » c'est a Continua' tion de r espèce » et les générations successives des organismes les plus simples peuvent être envisagées comme les éléments correspondants de la matière, interrompus par des intermittences successives, qui marquent les successions presque isochrones du temps.

GÉNÉRALITÉS SUR LA PATHOLOGIE DE l'eSPRIT ET DE l'aMOUR 85

L évolution va de l'homogène à rhétérogèue.

Le plasma génératif imaginé par Weissmann avait à peine poussé le long de son filament les bourgeons des vies individuelles, quand il y eut une période de la philogenèse humaine oii les corps de Wolf ou le canal de MûUer n'étaient pas encore distincts.

L'espèce évoluait alors selon une ligne, presque uniforme sur laquelle les individualités n'avaient que des influences insignifiantes. L^activité psychique était une simple énergie, qui protégeait exclusivement les opérations génératives.

Mais, après, les activités se différencièrent et l'individu ne représenta pas seulement le simple passage à un autre moment de la série continuative, mais il vécut pour son propre développement, aidant, quand même, à l'amélioration de sa race par le bénéfice des avantages qu'il avait acquis et qui se transmettaient par rhérédilé.

De là, ce fait que, bien que les opérations servant à la reproduction se différencièrent jusqu'à demander de plus vastes moyens d'exécution (éducation, protection et défense sexuelle) et des moyens plus éloignés de leur nature intrinsèque, de sorte que, chez l'homme civilisé, la fonction sexuelle bénéficiât d^une si grande influence, qui d'abord lui fut apparemment étrangère ; néanmoins, les opérations servant à l'avantage personnel élargirent tellement la sphère de leur domination qu'elles contiennent, à présent, dans leur fonction, tout ce qui a trait aux besoins de la sexualité.

L'évolution par ces deux points extrêmes a amené à des elTets opposés.

Bien qu'à l'origine le point individuel fût peu de chose et la ligne de l'espèce, tout, néanmoins à l'état actuel de la grande différenciation, de l'individualisation si marquée, la continuité de l'espèce est assujettie à l'influence prépondérante de l'individu, de sorte que celui-ci non seulement la modifie par Teffet des actions de sa propre vie, mais l'interrompt et la dévie par l'action d'une énergie individuelle, qui est la volonté. Dans ces conditions, bien que les liens entre l'individu et la continuation ne se rompent pas, toutefois celle-ci est subordonnée jusqu'à un certain point à l'importance de l'individu, ce qui n'arrivait pas

86 s. VENTURI

lorsqu'on était au commencement du travail de difFérenciation organique.

En conséquence, en admettant qu'aux altérations primitives de Tesprit correspondent des altérations sexuelles, il faut admettre aussi que ce fait est naturel et nécessaire ; parce que la fonction de la reproduction subit Tinfluence entière des conditions anormales de Tindividu physique et moral, dont elle tire une grande partie des moyens nécessaires à sa propre fonction.

Quoique, par soi-môme, l'activité psychique ne soit que la vie de relation, elle représente néanmoins l'organisme entier, car c'est à elle qu'aboutit chaque énergie nécessaire à la vie individuelle et à sa reproduction, à l'instar du cerveau qui est le centre d'où proviennent toutes le fonctions de la vie de l'organisme. Et, puisque la fonction sexuelle doit un secours si efficace aux facultés de l'activité psychique dans l'œuvre de la séduction et de la conservation de ses conquêtes, elle s'arrête aux périodes d'immaturité ou déchoit précocement, ou s'exerce d'une manière monstrueuse, au fur et à mesure que l'activité psychique se trouve en des conditions pareilles.

Et, vice versa, il n'est pas nécessaire qu'aux altérations de la vie sexuelle répondent autant d'altérations de la vie psychique, parce que, comme nous le disions, celle-ci a une sphère d'action plus ample, qui s'exerce aussi pour les fins de l'avantage individuel. C'est pourquoi, tout ensemble, elle ne subit pas au même degré les altérations dont est affectée sa subordonnée. Cette distinction fondamentale étant admise, il arrive, néanmoins, que dans une certaine mesure, et d'une manière presque uniforme, aux principales altérations sexuelles répondent des altérations psychiques.

Dans l'espèce humaine, les sauvages, les paysans, les adolescents et les phrénasthéniques vouent la plus grande part de leurs préoccupations à l'assouvissement du besoin sexuel. Au contraire, les hommes d'un esprit plus élevé se passent davantage des besoins de la vie générative, parce que leur individualisation plus marquée les rend plus indépendants.

Cependant, bien que nous ne puissions pas avoir une correspondance parfaite entre l'intensité et la forme des altérations

GÉNtRALIT^a BDR LA PATUOLOGIB DE l'eSPRIT ET DE l'aHOUR 87

psychiques secondaires sexuelles et les primaires, nous avons, néaDRioÎDS, ud degré suffisant de corrélation et des apparences suffisantes de formes correspondantes pour juger, qu'au moyen de l'iaducHoQ des conditions de l'esprit, par rapport à celles de lu vie sexuelle, la pathologie nous révèle les marnes rapports généraux que la physiologie nous apprend.

Je résumerai ici rapidement les maladies psychiques et sexuelles, les examinant dans leur succession le long du cours parabolique de la vie psychique et sexuelle normale et dans les effets des monstruosités de développement les plus ordinaires et des altérations par les influences accidentelles,

Je mettrai en évidence les reflets morbides dans le champ des activités psychiques et nerveuses, de sorte que nous remarquerons encore mieux les rapports qui exîstent,à la période actuelle de l'évolution humaine, entre les influences des énergies individuelles et celles des énergies génératrices. Et ceci, parce que tout indice clinique doit servir, non seulement au but des avan* iages immédiats à la branche spéciale delà doctrine, mais aussi à celui de la connaissance des lois générales de la vie.

Entre les activités psychiques et nerveuses il n'y a pas de discontinuité d'action : mais des rapports corrélatifs au degré d'évolution et k la fonction spéciale de chacune d'elles. Les rapports entre la moelle épinière et le cerveau sont continus, l'une servant particulièrement d'instrument à l'action de l'autre.

La différence entre la nature des actions cérébrales ou psychiques et les spinales ou nerveuses consiste essentiellement dans la multiplicité des actions, qui partent du cerveau, parce que celui-ci, étant le produit parallèle de la dilTéren dation entre les parties de l'organisme et ses fonctions, a acquis la haute direction et la capacité d'une plus grande quantité d'actions, laissant à la moelle les actions nécessaires aux opérations les plus fondamentales de la vie des organes.

Malgré les déplacements vers le cerveau des influences sur l'économie animale, le type des actions de chaque centre nerveux est resté homogène sur la base des opérations les plus fondamentales et les plus nécessaires, pour autant que les modalités, relativement au plus haut degré d'évolution, en sont compliquées.

88 8. VENTURl

Tel est en effet le mode général du processus de spécialisation des fonctions dans les organismes animaux et végétaux : du plus grand au plus petit l'organisme humain entier a ses analogies avec la cellule dont il possède les foncions communes de nutrition et de reproduction^ les opérations protectives et la tendance au progrès continu de son propre organisme.

Les maladies nerveuses présentent ces rapports avec les maladies psychiques, dont elles sont l'expression la plus élémentaire et la plus simple.

On ne doit pas oublier naturellement ce fait, que l'évolution, avançant toujours vers la direction de la quantité la plus grande (Spencer), les très nombreuses et très différentes actions psychiques, tant normales que pathologiques, trouvent peu d'équivalents dans les actions nerveuses, lesquelles marquent le point de départ de la plupart des actions psychiques émanées par le cerveau. C'est ainsi que l'histoire nous montre l'enfance du langage caractérisée par la simplicité et le sens multiple des mots^ qui peu à peu se spécialisèrent au fur et à mesure que les diverses conceptions surgirent. C'est ainsi que, dans le champ physiologique, le réflexe spinal a produit autant de réflexes psychiques, et l'automatisme rythmique, source delà nourriture des tissus et de la vie des organes, a produit la mémoire, les actions habituelles inconscientes, etc., etc. Nous trouvons de façon analogue dans le champ pathologique que la convulsion répond contemporainement à l'impulsion, à Thallucination, à l'émotion, à l'idée spontanée ; que l'incoordination répond à l'inconscience, au délire, à l'ataxie verbale, etc., etc., que la paralysie répond à l'amnésie, à la stupidité, à l'aboulie, à Tanesthésie psychique (surdité, cécité verbale) etc., etc.

A ce que j'ai dit plus haut sur les rapports entre les maladies mentales et sexuelles et vice versa, il faut ajouter que la considération de la pathologie de l'esprit sous ce rapport n'exclut pas l'observation du fait que les psychopathies primaires retentissent aussi sur le désordre d'autres fonctions et que les reflets psycho-nerveux peuvent dériver de lésions d'autres fonctions que la sexuelle. En effet, il arrive très souvent que les folies se traduisent par des troubles circulatoires, respiratoires et même digestifs, sécrétoires, etc., et vice versa, d'autres maladies

GÉNÉKALITÉS SUR LA PATHOLOGIE DE L £SPRlf £T DE L^AMOUR 89

des appareils correspondants produisent des troubles psychiques ou nerveux. Ces phénomènes se produisent par le même mécanisme que les reflets psycho-nerveux, c'est-à-dire par l'influence des désordres de certaines fonctions de l'organisme, entre lesquelles existe une étroite harmonie d'action.

La folie n'est pas une maladie dépendant de l'action limitée à un organe, au cerveau; son siège se trouve plutôt dans l'organisme entier que dans le cerveau^ comme l'ont dit Esquirol et Morselli. C'est pourquoi ces maladies non seulement peuvent être engendrées par le trouble des fonctions, des appareils du corps, mais se refléter aussi dans le désordre de chaque fonction de l'organisme en particulier.

L'activité intellectuelle n'est pas seulement le produit d'une fonction cérébrale, mais le consensus unus entre les parties de l'organisme, qui maintient l'union et la coordination entre ses parties.

Le cerveau n'est que Torgane où les activités psychiques, de toute provenance, atteignent leur coordination et leur union. Voilà pourquoi les maladies psychiques ont une si large correspondance secondaire avec les troubles de toute la sphère d'action organique; voilà pourquoi il n'y a pas de folies correspondant aux maladies de la fonction seulement, mais aussi aux fonctions respiratoire, circulatoire, digestive, cutanée, nerveuse, etc., et vice versa dans la folie des troubles relatifs. Il y a quelque chose de plus encore. Les maladies des appareils que nous venons de nommer ont vraiment plus ou moins de Tinfluence sur la fonction intellectuelle et sur la fonction sexuelle, qui en est dérangée au fur et à mesure des circonstances spéciales et dont quelquefois l'action est paralysée. On sait que cela arrive très communément. C'est parce que la fonction sexuelle ne consiste pas dans l'action de quelques organes seulement, à l'instar de la fonction psychique, qui n'est pas donnée par le seul cerveau: tandis que la reproduction de l'espèce est une haute et vaste fonction, à laquelle l'organisme individuel entier paie sa contribution. Nous le voyons d'abord dans ce fait que, comme les troubles physiques et moraux les plus légers altèrent l'énergie sexuelle, la transmission héréditaire à son tour nous dévoile les conditions morbides ou saines de Torganisniedes parents.

90 s. VENTURl

Les testicules et les ovaires sont, comme le cerveau, des organes de coordination de toutes les activités transmissîbles de l'organisme, et l'appareil génital un instrument secondaire d action» comme les nerfs le sont pour les activités cérébrales. Mais outre Tinfluence sur Tactivité psychique et sur la fonction sexuelle, tous les organes importants de l'organisme sont dérangés dans leur fonctionnement, par l'altération de quelques autres, sans avoir, comme le cerveau et le testicule, la haute faculté d'exercer une fonction d'action générale sur la vie individuelle ou génératrice, mais seulement celle d'accomplir, en relation avec sa propre fonction, un devoir nécessaire à la vie de l'organisme entier.

Quoique les fonctions psychiques génératives à leur origine se fondent ensemble dans les propriétés fondamentales de la matière organique, néanmoins la seconde, à l'extrémité opposée, n'a aucune autre faculté qui l'accompagne dans les hauts et lointains essors sur les champs des opérations physiques ; tandis que la fonction sexuelle au moyen delà séduction, de la pudeur, de l'honneur et de la jalousie, fond son action avec la fonction psychique qui, à son aide, s*élève quelquefois à des hauteurs qu'elle n'atteindrait jamais par le seul effet de sa propre fonction. C'est l'amour, en effet, qui souvent inspire les conceptions les plus élevées de la poésie.

Ce n'est pas que la fonction sexuelle soit la seule dans l'organisme à jouir du privilège d'une étroite relation avec l'activité psychique ; néanmoins, c'est seulement par son développement et son action parallèles, quoique subordonnés, qu'elle réfléchit aisément cette activité dans ses altérations ; de sorte que l'étude de leurs relations reproduit la gamme évolutive de leurs activités respectives tant normales que pathologiques. J'ai déjà dît que les altérations psychiques et nerveuses, dérivant de l'action des maladies sexuelles, ne sont d'ordinaire comparables entre elles ni par le degré d'intensité ni par la forme. J'ajouterai maintenant qu'elles ne le sont pas non plus par la durée, parce que la fonction psychique se remet peu à peu en équilibre avec l'excitation qui provient du désordre sexuel et rétablit et maintient son propre équilibre d'action exercé sur une sphère plus étendue.

GÉNÉRALITÉS SUR LA PATHOLOGIE DE l'esPRIT BT DE L*AMOUR 91

Cela arrive aussi par rapport à la fonction sexuelle qui, dans certaines maladies mentales, se dégage quelquefois des troubles subis par réflexe et acquiert Tapparence ou une partie de sa fonctionnalité^ sauf à tomber de nouveau dans le désordre.

D'ordinaire,, les maladies de Tesprit ne réfléchissent pas dans la même proportion le mode et la durée les maladies sexuelles. D'où la conception clinique que, dans les maladies de l'esprit secondaires (1), f/ ny apas toujours une nature dégénérative ; parce qu'elles sont souvent transitoires, légères ou d'autre forme que la maladie qui les a provoquées, et ne reposent pas sur des conditions organiques qui expriment des états d'une incomplète évolution ou d'involution précoce et anormale, ou de monstruosité, comme dans les folîës primaires.

Voici précisément le cas où les activités intellectuelles et nerveuses répondent par des désordres fonctionnels aux influences exercées sur elles par les foyers dMrritation limités ou lointains de leur propre activité unitaire. Au contraire cela n'arrive pas dans les folies d'origine idiopathique, produites par des lésions intrinsèques aux sources directes de la vie psychique^ qui, bien analysées, ne sont que des altérations de substance; et ces altérations ne peuvent que répondre aux deux moments de l'état général de nutrition : l'intégration et la désintégration.

Il en résulte que la nature des désordres fonctionnels dans les folies primaires idiopathiques répond en général à la conception de l'insuffisance, de la paralysie ou du contraste ; tandis que la nature des troubles psychiques ou nerveux dans les folies secondaires répond de son cdté à la conception de l'excitation par une action réflexe, de la dépression ou du simple désordre, de dynamogénie ou d'inhibition sur une plus ou moins vaste sphère des activités psychiques ou nerveuses.

11 y a donc, outre les folies traumatiques, obsessionnelles, infectives et toxiques (dont je ne m'occuperai que par incident), une nouvelle classe de folies, que je nommerai réflexes, parmi celles qui même en rapport secondaire avec les lésions sexuelles sont distinctement des immaturités, des sénilités, des monstruosités, aussi bien que les correspondantes d'origine idiopathique.

(i^ Kurella les appelle tertiaires.

92 s. VENTURI

Cela vient du fait que, bien que les maladies sexuelles produisent très souvent des effets nerveux psychiques, transitoires et légers et d'une forme non correspondante, néanmoins ces effets acquièrent Tintensité, la durée et la forme correspondante ; d'où en dérivent les folies pareilles aux primaires, parce qu'elles se basent sur la même condition organique d'imperfection de développement et de régression.

De telles folies dégénératives se produisent en ligne secondaire par rapport à Tintensité de la cause, à la résistance individuelle et à la durée de laclion perturbatrice, qui peu à peu, à travers de légers troubles consensoriels réflexes conduit aux altérations dégénératives à cause des épuisements qui en sont la conséquence.

J'aborderai maintenant la question des maladies psychiques et sexuelles dans l'ordre successif de leur manifestation selon la ligne du développement de la fonction et des altérations qui en sont les reflets stables ou transitoires, dans un degré plus ou moins correspondant d'intensité, de durée et de forme.

Page 1