CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS ENTRE L*HOMME ET LA FBMMB
le passage de l'hermaphrodisme à la reproduction sexuelle à deux se fait si franchement au moyen de ces croisements spontanés ou artificiels que ïhyppeaslrttm, après avoir été fécondé par le pollen d*une espèce différente, devient stérile si l'on veut le féconder avec son propre pollen.
Par ce système de fécondation étrangère les organes sexuels mâles après quelques générations s'atrophient et l'hyppeastrum devient la nouvelle espèce végétale, dont le mâle a perdu les organes sexuels féminins en formant une nouvelle espèce du système dioïque, toutes les fois qu'il ne se forme pas, grâce à la conservation des organes féminins, ime nouvelle espèce bigame.
C'est ainsi, à mon avis, qu'ont agi le mâle et la femelle des espèces animales supérieures, quand ils étaient à la période opportune de philogenèse, pour passer de l'hermaphrodisme au gonochorisme, par l'effet de l'adaptation à des nécessités et des conditions spéciales de la vie. En effet, suivant Hseckel, parmi les escargots et quelques hermaphrodites de la famille des vers, la fécondation se fait au moyen d'une copulation réciproque entre deux individus. Cela serait le passage à la séparation des sexes si Tun des deux individus fécondait ou était fécondé par Tautre, sans féconder ou être à son tour fécondé comme les espèces végétales dont nous avons parlé. Ceci, bien entendu, sous rinfluence supérieure de la loi du cycle biologique, par laquelle les organismes, une fois arrivés à un moment déterminé de différenciation, s'acheminent vers la période de simplification qui va de la copulation des espèces voisines au retour de plus en plus précis aux origines communes des formes de la matière organisée.
En d'autres termes, le cours philogénétique des espèces animales supérieures, ou mieux encore, des espèces qui se reproduisent à deux, cesse d'être volutif lorsque finit le système hermaphrodite ; et la période involutive du cycle philétique commence par le système sexuel à deux.
L'idée d'une telle séparation dans le processus cyclique de la vie des séries héréditaires et des individus ne parait être contredite par le fait qui en serait la conséquence directe, c'est-à-dire que les formes organiques des êtres supérieurs appartiennent à
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la période involutive de la vie ; parce qu*il est connu que c*est par les organismes inférieurs, qui se multiplient et se divisent infiniment, que s'accomplit le processus de la différenciation la plus variée, tandis que les animaux et les espèces supérieures gardent si opiniâtrement leurs formes que les partisans de la différenciation continuelle ne se doutent même pas de leur variabilité.
Cette variation se fait plutôt dans les parties les plus jeunes pendant la période évolutive de la vie que dans les formes de la maturité, puisque le processus de naissance et de déclin succèdent Tun à Tautre et se poursuivent sans trêve en constituant une succession continuelle de vies et de morts.
La vie de Tespèce finit ainsi que celle des individus. Dans les processus de différenciation et de développement de l'espèce, le progrès se fait sans que celles-ci se délivrent de la fatalité de la mort ; et l'amélioration évolutive si c'est possible et dans des limites étroites^ se fait pendant le cours de la vie par des facteurs immédiats (action mésologique, adaptation) et parait en grande partie parmi les espèces dérivées. En ce cas-ci, les penchants à l'amélioration se transmettent par l'hérédité. L'histoire du monde organique nous apprend que les espèces, après avoir atteint le summum du développement, s'éteignent et en produisent d'autres qui de nos jours trouvent de meilleures conditions pour leur existence. Dans le cosmos, nous voyons les périodes de convergence suivies à celles de divergence. C'est pourquoi les séries génératives croissent et déclinent et les bourgeons poussés sur la tige commune produisent de nouvelles espèces, qui héritent de l'espèce antérieure.
Les animaux et les végétaux qui paraissent s'acheminer vers la période involutive de la vie de famille ou de classe, malgré la simplification de leur système de reproduction sexuelle, peuvent encore évoluer : car le processus involutif n'arrive pas d'une manière uniforme pour toutes les formes et pour toutes les fonctions. Nous le voyons chez l'individu qui se trouve sur la ligne de l'évolution pour ce qui concerne certaines adresses, bien qu'il ait atteint la sénilité.
Le fait est bien plus probable pour ce qui concerne la sexualité, laquelle est le prélude de la vieillesse de Tindividu^ qui
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d'ailleurs est fort, jeune et sur la ligne évolutive des autres facultés de lorganisme, notamment d*ordre psychique.
Nous voyons en effet la capacité sexuelle des hommes décliner lorsque les énergies psychiques sont encore vigoureuses et dans la période d'accroissement. Mais la vie de l'espèce, et celle des genres et des classes plus encore, est si longue qu'elle doit se mesurer avec les Ages géologiques ; de sorte que nous ne pouvons nullement juger au moyen de nos mesures si^ après le commencement des premiers actes de convergence depuis Therroaphrodisme jusqu'à la formation de l'organisation supérieure actuelle, le chemiù à faire par l'impulsion initiale est long ou court.
Suivant ce que nous venons de dire à l'égard de la formation des deux sexes, on comprend d'abord les différences morphologiques^ physiologiques ou psychiques existant entre le mâle et la femelle de l'espèce humaine. Celle-ci n'est pas l'effet de l'infantilisme, de la même manière que celui-là ne Test de la matu* rite; mais l'un et l'autre appartiennent à la même espèce actuelle formée par la convergence de deux espèces voisines qui garde les caractères sexuels direct ou indirect du différent acheminement somatique ou fonctionnel. Bien que la vie commune et le croisement continuel aient de plus en plus déterminé la fusion des deux individus, néanmoins la formation du sexe àlapériode embryonnaire, entraîne avec soi la formation de tous les attributs physiques et fonctionnels qui lui appartenaient.
Mieux encore, le long chemin à travers le développement philogénétique et ces communs moyens de la vie ont presque complètement déterminé la fusion des caractères somatiques et physiologiques communs aux deux individus ; mais ceux-ci ont gardé les caractères du sexe et les autres caractères qui lui sont nécessaires, c'est-à-dire les caractères sexuels secondaires, qui appartiennent à l'ordre somatique et physiologique et les tertiaires, qui sont de l'ordre psychique et sociologique.
C'est pourquoi de nos jours le mâle et la femelle, tout semblables qu'ils soient, se différencient non seulement par le sexe, mais aussi par tout ce qui lui est corrélatif et sert indirectement à ses intérêts.
C'est une espèce de dot que les deux époux se réservent ; dot
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qui apparemment est purement sexuelle, mais qui garde quelque chose de Tancienne personnalité animale, tendant en grande partie aux buts de la sexualité.
De là, les forces de corps et d'esprit de la femme, propres à la séduction sexuelle et à la maternité ; de là, les penchants conservatifs^ somatiques, psychiques et sociologiques vis-à-vis de rhomme, qui, libre des soins du sexe et du ménage, ou, par l'effet d'un penchant héréditaire, consacra ses forces à des buts plus élevés et créa les variations et le progrès, cause de sa spéciale constitution physique et psychique.
D'ordinaire, le mâle des espèces supérieures vaut mieux que la femelle par sa riche constitution physique, par sa supérieure capacité de force et de puissance. Dans les espèces inférieures au contraire, la femelle surpasse souvent le mâle ; parfois leur différence est si marquée que des naturalistes peu soigneux classèrent le mâle et la femelle de la môme espèce comme deux animaux appartenant à deux espèces et même à deux genres divers.
On pourrait donc en tirer la conséquence que, des deux espèces hermaphrodites qui engendrèrent Tespèce actuelle, la plus robuste et la plus développée fut celle qui produisit la femelle. C'est pourquoi dans le cours de la vie des espèces^ engendrées par la synthèse des deux espèces originaires, le mâle des espèces supérieures et surtout de l'espèce humaine a pris le dessus au détriment de sa femelle pour tout ce qui concerne les intérêts étrangers à la sexualité, à la maternité et au ménage.