‹ Corrélations psycho-sexuellesChapitre 17 sur 72 · yiNTuni · texte numérisé non relu

yiNTuni

144 s. VEMURI

C'est pour sa féminité qu'elle est prisée par les hommes qui lui créent une position sociale. La fonction de la femme est renfermée dans Tamour et dans la famille. Le génie de l'homme, son habileté, sa santé, sa position sociale, ses richesses trouvent leur pendant dans la beauté, le charme, Thonnéleté de la

femme.

Lorsque ces dons ne suffisent pas pour que la femme remporte la victoire dans le choix sexuel, alors elle l'emporte par des moyens beaucoup plus mortifiants pour elle: au moyen de ses richesses. Les femmes bonnes, braves, ménagères, etc. (avec tous ces ennuyeux attributs, par lesquels on gratifie une femme laide), ne sont nullement appréciées au point de vue des exigences de la fonction amoureuse, ce sont des outils frustes, bons tout au plus pour qui n*a pas les moyens d'un choix plus libre et plus heureux.

De sorte que la jeune fille à marier, ou qui veut faire valoir sa personnalité, combat avec ses armes naturelles et appréciées, en laissant à Thomme l'usage d'autres qualités, qui du reste n^ont de valeur pour lui seul même par rapport à l'amour.

On ne saurait nier le nom de reine de la fête àcelle qui, élégante, charmante, éblouissante, courtisée et habile, a le courage d'oublier ses tils, de dissiper sa fortune, de négliger son mari, d'être maligne et même dure envers ses parents. La femme sait bien que ce n'est pas pour ces vétilles qu'elle n'arrivera pas à conquérir un mari, un amant ou la considération qu'elle désire. Au contraire la féminité règne en souveraine et triomphe dans les disputes d'amour, quand elle règne sans trop de contrastes et n'est pas entravée par les pédanteries de la culture et par des sentiments restrictifs. L'homme, quand il aime, se repose des luttes ennuyeuses et épuisantes de la journée et cherche chez la femme le sourire et le charme qui le séduisent, l'attrait de la beauté, les joies de la gaieté.

11 y en a seulement peut-être un sur mille assez avisé pour s'apercevoir avant le mariage que la femme qui éveillait sa convoitise n'était qu'une sotte. Les autres s'en aperçoivent ensuite, lorsqu'ils ne cherchent plus le charme et l'esprit, mais ce qu'il faut à une bonne ménagère, à une brave mère de famille.

LES IMMATURITÉS DE l'eSFRIT IIS

Un jour une dame me faisait remarquer que les fîlles à marier sont toujours les mêmes, bonnes, braves, honnêtes, jolies, etc. Sans avoir des caractères spéciaux elles sont toutes de la même pâte, que Ton peut réduire et modeler à son caprice ; mais que, après le mariage, vice versa, elles changent d'abord, parce que chacune d'elles a son naturel, sa manière de voir, ses caprices, ses idées, etc., de sorte que de la pâte uniforme des bonnes filles à marier, sort la variété infinie des épouses.

Et tout cela parce que Ton connaît les femmes d'un seul côté, de celui qu'elles vous montrent dans le but de gagner le grand prix.

La femme a donc peu d'intérêt à faire valoir ses aptitudes intellectuelles et morales^ et au contraire, elle en a beaucoup à mettre en évidence la valeur de sa féminité; tandis que l'homme prise les qualités morales au-dessus des qualités physiques et sociales de la femme. Il en résulte que la femme fade, sotte, extravagante, impulsive, insuffisante par rapport à ses sentiments affectifs et moraux, est méconnue et^ par erreur, estimée et prisée. On arrive même quelquefois à appeler sa manière d'être anormale : nervosisme, sensibilité, hystérisme. Les plus intimes hésitent à prononcer à leur égard, même tout bas et craignant d'exagérer ou d offenser, le mot, qu'on dirait si aisément aux hommes dans de pareilles conditions, c'est-à-dire : extravagantes, excentriques, toquées^ mattoïdes, folles, etc..

C'est là le moment où la fortune de la femme fait passer son extravagance pour de la sensibilité ; cela est d'autant plus vrai que, lorsque la femme est mise hors de combat, lorsque sa beauté est fanée, après avoir perdu le charme et la gaieté par le travail et les souffrances, lorsque personne ne pense à la désirer, ou si elle est laide originairement, on ne dit pas d'elle qu'elle est nerveuse, on ne dit pas non plus quelle est hystérique; mais, néglige-t-elle son ménage, elle est folle ; est-elle incapable d'en avoir soin, se gène-t-elle en société, elle est stupide; n'a-t-elle pas soin de ses fils, elle est méchante ; ofTense-t-elle Thonneur de son nom, négli^e-t-elle son mari, elle est extravagante, elle est immorale. C'est alors que trop aisément ou trop lard, la femme est mise sur le même pied que Fhomme.

Regardons maintenant les jeunes filles jolies et élégantes

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avec l'œil d'un vétéran invalide. Nous verrons que, outre la grande masse de celles qui sont belles et jolies, mais bonnes, intelligentes, sensées aussi, il y en a d'hystériques, pour ainsi dire, dont les espèces sont si nombreuses qu'on ne saurait trouver d'adjectifs pour les classer.

On y pourrait voir les sottes, les médisantes, les fades, les extravagantes, les revêches, les bavardes, les caqueteuses, les sensibles^ les nerveuses, les mélancoliques, les babillardes, les légères, les débauchées, les entêtées, les méchantes, etc., etc. Et bien, je parie mille francs contre un sou que 5 p. 100 à peine sont des hystériques, en ce sens, qu'elles sont affectées de la triste maladie marquée par mille phénomènes étranges et variables qui^ des malades, font des malheureuses, qui n'ont vraiment ni le temps, ni le moyen de briller dans les fêtes ou d'être cotées sur le marché de la galanterie. On peut observer une partie de ces phénomènes aussi chez les femmes que nous appelions mattoïdes, mais qui, à peu près, ne manquent pas d'une certaine physionomie clinique^ qui les distingue et que l'on peut résumer en général dans les convulsions et dans les désordres de sensibilité ; toutes choses qu'on ne peut ni dissimuler ni cacher et dans tous les autres troubles de la sphère psychique, motrice, végétative, sensorielle, etc.

Psychiquement, la femme hystérique a un caractère spécial qui la distingue : sasuggestionnabiiité.

Hormis cela, elle n*a rien de la mattoïdc, de la dégénérée qui, précisément à cause de son étroite parenté avec les fous, déclarés tels, n'est pas passible d'être suggestionnée ; et tout ce qu'il y a de docilité en elle n'est que pauvreté d'esprit^ caprice, ou faiblesse de caractère.

En suite de cette question peu galante, mais très vraie, Tamour chez la femme dite hystérique, mattoïde, excentrique, héréditaire, est à peu près ce qu'il est chez l'homme dans des conditions morales analogues, en tenant compte de la différence des situations respectives des deux sexes par rapport à l'amour.

Je renonce à décrire l'amour de la femme mattoïde, extravagante ; je me borne à remarquer quelques-uns des côtés cliniques, suffisant à déterminer son état moral, et à lui assigner

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