‹ Corrélations psycho-sexuellesChapitre 18 sur 72 · LES IMMATURITÉS DB L*ESPR1T · texte numérisé non relu

LES IMMATURITÉS DB L*ESPR1T

une place sur Téchelle de formation dans la fonction amoureuse.

La femme, dans ces conditions, ne connaît pas de distance ; elle aspire à la main d'un prince ou se laisse ravir par un élégant freluquet qui n'a pas un sou. Elle n'est pas capable d'une vraie passion, mais seulement de passer d'un caprice à Tautre et elle se marie par vanité, non par attachement. Elle est quelquefois erotique, même froide ; mais il lui reste le penchant à Tamour, qui du reste souvent n*est que de la séduction.

Je dis qu'il n'y a pas de passions en elle, en ce sens qu'elles n'ont ni une base sérieuse ni des conditions de durée ; elle est au contraire très susceptible de passions soudaines, rapides à leur origne et souvent à leur achèvement et qui arrivent à toucher l'expression délirante du suicide (particulièrement du suicide à deux), des fuites, des frénésies et des mariages fantaisistes. En ce cas, l'action est vraiment morbide, parce qu'elle est déterminée par de vraies erreurs de conscience, qui font perdre le critérium du fait et des conditions qui l'ont déterminée.

Ce qui chez la mattoïde constitue surtout le fait clinique, par rapport à l'union, qui est l'expression de sa valeur morale insuffisante, c'est qu'elle méconnaît le but humain et social de l'amour: c'est-à-dire fe soulagement d'une affection, d'un besoin sexuel, et plus tard les joies de la famille et de la maternité ; mais au contraire elle veut seulement satisfaire sa vanité^ le caprice du moment et s'élever par une victoire propre à humilier ses amies. Bref, je dirai que l'homme ne trouve pas en elle la femme ^ pus même la femelle, mais seulement une caricature de l'une et une corruption de l'autre.

C'est parmi ces femmes qu'on trouve les héroïnes qui occupent pour quelque temps l'attention du public et les pages des jouiTiaux ; les harangueuses des meetings, les incendiaires. C'est parmi elles qu'on en trouve quelques-unes qui, le vitriol à la main, défigurent leur amant de la veille, qui dénoncent des attentats imaginaires, qui se battent, ou divorcent et vont en pèlerinage à Rome ; et parfois quelques-unes qui se môlent avec CCS vraies héroïnes du courage, de l'intelligence et des hautes idéalités humaines et sociales, les émancipées et les nihilistes, qui représentent l'avenir utopiste de l'amour.

U8 s. VENTURI

La prostitution, à laquelle contribuent largement les fausses hystériques, représente pour la femme ce qu*est le crime pour l'homme, comme Font dit les anthropologistescriminalistes. La prostitution est la délinquence de la sexualiié féminine et représente> par conséquent, précisément la déviation vers laquelle s'achemine la femme, chez laquelle la sexualité est la fonction maîtresse du cœur et de l'intelligence en même temps qu'elle est l'image qui la représente dans la société. C'est pourquoi la prostitution est un fait antibiologique et est plus propre aux femmes, dont je m'occupe maintenant, et que j'appelle mattoïdes ; et dans ce mot je renferme tous les étals de légère insuffisance, de désharmonie mentale, morale et affective.

La prostitution est la pleine dégénérescence du but biologique et social de la sexualité ; elle est la renonciation à Tamour, à rattachement, à la maternité pour satisfaire des besoins qui sont secondaires dans la normalité de la fonction sexuelle, puisqu'ils sont d'ordre physique et représentent par conséquent un temps abandonné par la philogenëse et un accompagnement d'ordre secondaire à l'amour maternel, qui vise aux buts élevés de l'espèce et de la civilisation.

La prostitution représente aussi une déchéance de la femme parce qu'elle l'abaisse dans sa position sociale et la fait marcher à rebours de son évolution.

L'absence complète de pudeur, qui est la conséquence et souvent la cause de la prostitution, répond aussi à un degré d*imbécillité morale, dont la femme qui se prostitue est affectée.

De là, la conclusion que la prostitution au point de vue clinique est précisément le chemin sur lequel la femme est amenée par les forces négatives naturelles de Tinsuffisance et par des anomalies du développement moral.

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