ViiffUM
146 s. VKNTURI
psychique, révélée par les anomalies du sentiment ei de Tidée sexuelle.
Je ne m'occuperai pas des désordres de la vie sexuelle corrélatifs à des folies transitoires, réflexes, infectives^ toxiques et aiguës, qui n'appartiennent pas aux formes de dégénérescence. Dans ces folies le désordre sexuel existe, aussi, mais comme un effet de sympathie par rapport à Tétat d'altération fonctionnelle, transitoire de l'organisme tout entier.
Folies mélancoliques. — Dans les états de mélancolie le sentiment erotique fait défaut.
Dans Tétat de douleur morale et de préoccupation intense dont les malades sont atteints, le soin de soi-même devient considérable, s'impose, ne donne plus lieu à aucun sentiment d'apparence expansive, si ce n'est par rapport aux enfants, aux parents, ou même à certaines amours, ou à des choses aimées; dans ce cas, le malade n'exprime pas par là une véritable affection altruiste, mais, plutôt un sentiment portant sur son intérêt propre.
Dans les états cT exaltation (manies) les tendances sexuelles latentes chez l'individu normal sont mises en évidence, et ceci autant dansla période initialede la maladie que dans les périodes les plus tourmentées. Les femmesontàce sujet la prédominance la plus marquée sur les hommes ; les pensées et les tendances sexuelles constituent ordinairement la manifestation intellectuelle et les propensions morbides de la folie même, cela^uivanl la loi d*après laquelle, dans les états d'exaltation et de délire, la maladie revCti naturellement et en les exagérant les formes et les préoccupations ordinaires de Tindividu chez lequel elle se développe. De sorte que, de môme que Thomme cultivé, atteint de manie aiguë, présentera des délires intellectuels et destendances ambitieuses, l'ignorant délirera dans des superstitions et manifestera des tendances triviales; la femme présente des désirs et des tendances d'ordre sexuel, excepté le nombre i'estreint de celles qui par Peffet d'une culture spéciale ou de l'éducation ont appris à contenir leurs tendances naturelles et adonner à leur esprit des préoccupations plus supérieures.
Le délire et les tendances sexuelles sont de nature psychique
SÉNILITÉ DE L*I£SPRIT i47
OU de nature sensuelle, sous une forme correcte ou lubrique, non seulement suivant l'intensité de la maladie, qui sera plus ou moins enrayée par les habitudes et l'éducation, mais suivant aussi la classe à laquelle appartiennent les malades.
Souvent, je le répète, la manifestation délirante de la folie maniaque aiguë est donnée par ce que Ton trouve, dans Tindividu normal, dissimulé dans le domaine de la demi-conscience (couches sous-corticales) .
L'individu sain, incité par ses convenances sociales^ cache le fond de ses pensées, la véritable base de sa personnalité. Dans les états de haute manie, Tinconscient arrive à dominer la conscience. C'est pour cela que les maniaques montrent des pensées ou des tendances inconvenantes, patrimoine caché de leur personnalité. C'est ainsi que des dames cultivées, habituées à un langage très réservé, devenues maniaques, deviennent indécentes et révèlent les idées triviales qu'elles croyaient ne pas avoir. Ce n'est pas autrement que dans des états analogues ou voit les folles se souvenir de poésies^ de langues, de. chiffres, oubliés ensuite et demeurés cachés dans le domaine de l'inconscient.
De l'une de mes récentes publications [Les Discours des fous, 1894), dans laquelle j'avais recueilli par la sténographie les vociférations des maniaques à l'état aigu, il résulte que les paroles et les tendances les plus indécentes, les plus triviales, étaient la manifestation délirante prédominante chez des jeunes filles qui, lorsqu'elles étaient saines, n'auraient certes jamais pensé à rien de semblable.
Dans les périodes de début de la maladie, les fous manifestent une extraordinaire tendance aux choses sexuelles et qui ne manque pas de préoccuper les parents et les amis ; ils fréquentent des gens équivoques, ils forment des projets absurdes et inattendus de mariage, s'habillent de façon insolite (Krafft- Ebing)^ fréquentent les maisons de tolérance, abusent des plaisirs vénériens, se livrent à l'onanisme et commettent quelquefois des attentats contre la pudeur d'autrui.
Nous verrons ailleurs combien, chez les maniaques, les sentiments de la pudeur et de l'honneur sont altérés et comment, chez la femme^ les exagérations et la caricature de la séduction
148 s*. VENTURI
correspondent aux mècnes excitations sexuelles que Ton trouve chez rhomme.
Pendant Tétai aigu de la maladie, spécialement chez les femmes^ la pensée d'ordre sexuel prend toutes les directions mentales et affectives. Dans les moments de plus grave agitation, le visage souriant et les yeux brillants démontrent l'érotisme, qui s'exprime même par des tentatives faites pour séduire le médecin, par des mouvements rythmiques du bassin qui correspondent à Tillusion du coït. La manifestation erotique se trouve même le plus souvent dans les états d'exaltation morbide à apparence religieuse ; les martyres et les extases ont comme base, quelque paradoxal que cela puisse paraître, des pensées, des tendances et des sensations erotiques.
Le délire sexuel se manifeste aussi assez souvent chez les maniaques, associé et masqué par les apparences du délire religieux, car dans ces conditions d'exagération de Texcitabilité intellectuelle et affective, les relations physiologiques et psychiques se manifestent en proportions amplifiées, le fond de la vie mentale et affective surgit et s'affirme dans des antithèses qui, à l'origine^ n'étaient que des affinités et qui se reproduisent dans les divers moments évolutifs de leurs rapports suivant les diverses intensités d'hyperesthésie.
Folie délirante chronique. — Il y a des fous chez lesquels se trouve systématisé un délire qui a pour base des pensées amoureuses (paranoïques avec délire erotique). Ces fous, hommes ou femmes, croient être à la veille de noces brillantes : ils attendent d'un moment à l'autre l'époux : un prince, un roi, un empereur ou une reine qui doivent arriver, accompagnés d'un grand cortège de dames et de cavaliers ; en attendant, ils reçoivent chaque nuit leur visite et le jour, tiennent de longues conversations avec eux au moyen d'un téléphone invisible et qui aboutit à l'une ou l'autre de leurs oreilles. Il est impossible de contredire les illusions de ces malheureux ; ils vivent dans une telle conviction^ subjectivement d'autant plus supérieure à la réalité, que leur esprit en est tout à fait envahi et leurs sens plus complètement frappés.
SÉNILITÉ DK l'esprit 149
Ils ont en tête, au sujet de ces amours, une longue série d'aventures, plus merveilleuses les unes que les autres où ils triomphent toujours, vainqueurs des persécutions les plus subtiles et les plus effroyables, car ces délires surgissent toujours sur la base de Tidée délirante de grandeur de soi-même par opposition à Tidée délirante de persécution qui constitue le fond sombre du tableau. La bonne fortune est donc «simplement l'expression directe et ingénue de Tidée d'orgueil ; celle-ci domine et se fixe sous la forme qui surgit le plus facilement dans leur fantaisie. Ce sont, au fond, des faibles d'esprit, impuissants et incapables dans un autre ordre d'idées.
Dans la vie normale, chez les individus mécontents de leur propre état et rêvant une position riche et brillante qu'ils sont incapables de rechercher par le travail^ Tidée de sa conquête facile, sans effort, c*est la découverte d'un trésor caché, ou bien le gain à la loterie, ou un mariage riche, suivant le degré et la condition de l'individu. Ce sont là des idées faciles que peuvent avoir même les sots, qui ne fatiguent ni ne compromettent ; ce sont des châteaux en Espagne que l'on construit en fiflnant et d autant plus vite, 1i 'autant plus beaux, que Tesprit, plus paresseux, corrompu, n'est ni soutenu ni guidé par la fierté du caractère et la force de la volonté. Le fou, plein de lui-même, fixe sa position selon la vie habituelle de ses pensées, se régalant de ce qui constituerait le ciel dans le degré de ses vanités morbides; celles-ci prenant souvent leurs racines dans les attitudes conformes de la personnalité à Tétat normal. C'est ainsi qu'ils deviennent tout d*un coup généraux, empereurs, dieux, époux de princesses, riches à milliards.
La jeunesse, le célibat, les tendances sexuelles déterminent facilement la direction du délire vers la forme amoureuse, de même que d'autres conditions sociales ou d*âge conduisent à l'idée du pouvoir, du prestige, etc. Il y a dans l'esprit de rhomme dés richesses latentes, qui se traduisent en faits ou demeurent à l'état de songe suivant la force ou le bonheur de l'intelligence. Pour l'homme de génie, un éclair de pensée crée la richesse ou la gloire, en lui découvrant de nouvelles lois, de nouveaux rapports entre les choses ; à l'homme tenace la persévérance ouvre la voie de la fortune ; au fantasque et au pares*
130 s. VEKTURI
seux, la fantaisie révèle des trésors qui restent dans le domaine du songe. Il est des conditions individuelles qui, par rapport à la fantaisie, jouent le rôle de capitaux. La jeunesse et le célibat, pour celui qui cherche une fortune merveilleuse sans fatigue, créent de singuliers motifs à feindre, à espérer, et même à croire à de futurs et riches mariages. Pour le fou qui manque de sens critique et qui ne peut distinguer le réel de l'imaginaire, les délires de Tesprit sont des réalités ; par rapport au fantasque et au paresseux normal, il se trouve dans une situation analogue à celle de celui qui croit, en songe, posséder les trésors qu'il désirait à Tétat de veille. A ce point de vue, rien n'est plus exact que de dire que la folie est un songe. Le délire n'est en somme que Taccentuation fantastique des pensées caressées à Tétat de santé : et les songes, dit le poète, sont les images gâtées et corrompues du jour.
Le délire à manifestations ou à tendances sexuelles, qui n*est pas fréquent dans le sexe mâle, est ordinaire chez toutes les femmes, pour lesquelles la sexualité représente le trésor moral et matériel, souvent même prédominant et exclusif. C'est par la sexualité que les femmes entrent dans la vie sociale, c'est en elle qu'elles trouvent toutes sortes d'aspirations que leur esprit désire. On ne saurait imaginer chez la femme un délire des grandeurs qui n'aurait pas un contenu actuel ou originaire de nature sexuelle. Celles qui croient ôire reines, le croient comme suite d'un mariage imaginaire ; ou tout au moins les avantages d'une aussi brillante position sont un mariage brillant, ou la cour de mille cavaliers splendides de beauté et de richesse. Dans le délire de la persécution chez les femmes Télément sexuel se reflète ou prédomine le plus souvent; c'est ainsi que celles qui se croient persécutées le sont souvent par des idées de jalousies, d'attentats exercés contre elles, de paroles malpropres qu'elle s'entendent balbutier à Toreille.
C'est conséquemment à ce fait, mis en évidence dans la première partie de ce travail, que les hommes mûrs, en raison même de la plus haute direction des luttes sociales yers lesquelles ils dirigent leurs forces, donnent une beaucoup plus petite place aux pensées d'amour ; dans leur délire de persécution et d'ambition les préoccupations amoureuses font souvent -défaut, si ce
stNiLiT£ DE L'espniT 151
n'est chez ceux donlnous avons parlé, à tempérament sexuel, et qui oatau fond peu d'énergie morBle,mous,nonchalants, méprisables, souvent même d'&me basse. D'ailleurs dans les délires des jeunes gens [hébéphrêniques) les pensées et les tendances erotiques prévalent et c'est sur celte base qu'apparaît le plus souvent la future personnalité paranoïque. Les délires paranoiques dits précoces, c'est-à-dire surgis par hérédité chez des individus jeunes, sont presque toujours sexuels, même s'ils, présentent une forme extérieure de persécution ou d'ambition. Une forme intéressante de délire erotique est celle qui se trouve en rapport avec le délire religieux et les intensités excessives du sentiment religieux lui-même. On pourrait même dire que toujours là où il y a délire religieux, éclate de temps en temps le délire erotique, quelquefois étroitement mêlé au premier, d'autres fois tout à fait antithétique.
Je renvoie le lecteur à mon travail sur Les diverses formes de paranoîsme (1) dans lequel j'ai cru devoir mettre en évidence un type de délire chronique évolutif, composé de deux éléments principaux, l'un de délire religieux, l'autre de délire erotique consécutif, ou vice versa. Le dernier surgit du premier en se substituant à lui par un effet de la transformation due à l'antithèse par laquelle dans l'esprit humain (esprit et sentiment) sont normalement organisés l'idée et le sentiment religieux et erotique. Dans ce travail, j'ai décrit les diverses gradations, le passage de l'une à l'autre forme délirante, et la période mixte des deux délires, période de transition. Il y a de même un type de délire chronique évolutif, mis en évidence par l'école française {Annales médico-psychologiques, 1886-1887) et présenté par Magnan et Gamier; ces auteurs considérant les successions fréquentes du détire d'ambition et du délire de la persécution, avec période transitoire de forme mixte, ont créé le délire chronique proprement dit, que j'appellerai type persécuto-ambitievx, afin de le distinguer du type que j'aiappelc religioio-érotique.
Voici deux modes différents de formation d'un délire erotique
<1| Aciea do Congrès italien de médecine mentale de Nov>r« 1889. (Areht iîaliennet dtâ maladiet mentale». Hilaii>|
152 8. VBNTUW
identique, au fond de la personnalité normale, dont le délire a coutume de prendre les tendances, l'objet et l'intensité. L'un, comme je l'ai dit plus haut, surgi tel quel du contenu de la vie mentale et affective de Tindividu, met en relief des linéaments existants, c'est-à-dire faisant dominer et résulter, sans le contraste des idées et des sentiments de convenance, de mesure et d'intensité, ce qui constituait l'idée et le sentiment familier, habituel de l'individu lui-même, de sorte que le délire ne serait que l'hypertrophie du côté faible de la vie mentale et affective normale ; Tautre surgirait en contrepoids à l'idée et au sentiment habituel, presque comme opposition au délire primitif qui exprimerait l'hypertrophie du caractère habituel : son mécanisme de réaction serait Tantithèse.
Le délire erotique ne demeure pas toujours dans la forme psychique. Le plus souvent, à peine est-il systématisé qu*il prend un objectif matériel, qu'il se complaît, qu'il se nourrit dans des pratiques erotiques représentées par l'onanisme, par des attouchements, des exhibitions, et souvent de la pédérastie passive. Parmi ceux-ci se classent les délires chroniques à objectifs libidineux. C'est ainsi que beaucoup d'aliénées croient passer la nuit avec leur époux et en devenir enceintes ; d'autres disent avoir été violées par le diable (incubes et succubes du moyen âge). J'ai même connu des hommes qui croyaient avoir été violés par des parents ou par des gardiens de l'asile. Les hallucinations viscérales qui donnent lieu à la croyance d'avoir dans l'utérus des serpents, ou la queue du diable, etc., sont autant d'expressions du délire erotique. C'est plus spécialement cette forme de délire erotique qui s'accompagne du délire religieux ou en dérive et qui a pour matière des pensées obscènes et des hallucinations génésiques. C'est ainsi que dans l'intensité du sentiment religieux, Timage du Rédempteur assume les apparences de l'époux désiré et suscite les chauds désirs de l'amour, de même que la Vierge répond aux plus fervents idéals de l'amour terrestre. Voyez sainte Thérèse et saint Antoine.
Le délire erotique pourrait, en apparence, contredire cette conception que la folie est l'expression d'une invalidité mentale^ de nature régressive, involutive, car le délire se manifeste avec les formes du travail mental augmenté de l'imagination et se
8ÉNILITË DK l'eSPRIT 153
soutient souvent par uue apparence d'énergie logique qui n'est paa commune à l'esprit normal. En fait, ceci est une illusion : le délire erotique, comme tous les autres délires, esl l'expression de la débilité de l'esprit, en ce sens qu'il est basé sur un défaut de jugement critique, sur la décadence de la personnalité morale et de l'énergie volitive. Cliniquement, cela est amplement confirmé par ce fait que le délire erotique, comme tout autre délire, mène plus ou moins à la débilité mentale, à la démence, avec laquelle il peut persister, mais sans vigueur, illogique, stéréotypé, incapable de provoquer des affections et de déterminer des modifications et une posture actives. Les périodes de vigueur du délire ne peuvent être comparées qu'à celle des oscillations dans la vieillesse, qui représentent non pas une expression d'énergies augmentées, mais un effort, presque une convulsion d'agonie.
Outre ces amours que l'on peut appeler délirants, il y a une classe d'amours qu'on peut appeler amours de fatuité.
Il arrive souvent que certains fous fassent rire d'eux : ils s'énamourent de telle ou telle personne, et lui font aussitôt, de la façon la plus inattendue, des propositions de mariage qui, naturellement, sont prises en moquerie. C'est ainsi que la femme de chambre du directeur ou les servantes de la cuisine sont les fiancées de tel ou tel fou interné dans l'asile et qui parle de ce manage commed'une chose entendue. Il n'est pas rare, chez les fous laissés libres, que l'un d'eux gravisse les marches il'iine maison, sonne à la porte d'un appartement, et là. sans nii-mc s'asseoir, demandeàquivientlui ouvrir la main delademoi^olle qu'il vient d'apercevoir pour la première fois, à la fenèln* in passant.D'autres écrivent des lettres,et font des offres sembhblt*» à des personnes qui ne sont pas de leur rang ou d'âge correspondant, ou même à des femmes mariées et sous les yeux mt^me du mari. Ces individus appartiennent à la classe des déments et une grande part d'entre eux à la catégorie des déments paralytiques ou séniles proprements dits. Ils demeurent dans ce délire amoureux quelques heures, quelques semaines, et changent à l'occasion d'une autre idée ou dès qu'on leur suggère de faire autre chose. Ce sont des amours qui ne donnent pas d'émolinn et qui n'engendrent aucun sentiment; ce sont des idées galantes.
154 s. VENTURl
simplement conscientes, à un certain degré et de certaine façon c'est pour cela qu*elles n'ont pas de ténacité et que si elles sont contredites elles n'ont que de transitoires (quoique quelquefois vigoureuses) réactions ; elles s'effacent de la mémoire comme autant d'idées superficielles.
Il y a encore une autre catégorie que Ton pourrait dire d'amours anomaux. Ils ont souvent rapport à des états anomauxde conscience ou à du délire, tout autant qu'à des anomalies de la sensibilité^ ont pourrait les appeler amours monsiruettx. Je n'en parle pas ci-après, mais j'en parlerai à propos d'autres maladies au cours desquelles ils se manifestent spécialement, dans des états d'épilepsie, de perversion morale, et dans certains états d'anomalie ou de transformation du sentiment de la personnalité.
Fous séniles. — D'après ce. que j'ai dit, on aura pu facilement distinguer les formes de plus grande ou de moindre débilité mentale d'après laquelle on trouve chez les fous des manifestations erotiques qui vont des amours exagérés, paradoxaux, incoordonnés, passagers des maniaques aux amours fantastiques des délirants, à ceux de fatuité des déments^ et qui s'accompagne aussi des divers degrés de débilité physique.
Il faut dire de môme que pour tout autre genre d'action de l'activité organique, dans l'exercice de la vie sexuelle, la forme de folie qui montre le plus grand degré de décadence, ainsi que le plus généralisé, c'est la démence sentie. Elle est, au moins au point de vue moral, l'expression la plus évidente du processus involutif psychique, de même que le marasme est celle du processus d'involution physique. La démence sénile, forme clinique qui eut toujours une place à part dans la nosologie, est l'expression de l'anomalie, de l'exagération, et du désordre aigu du processus involutif; c'est la formule absolue de ma conception pathogénique par rapporta la nature du processus de dégénérescence qui est la cause de tant d'altérations chroniques de l'esprit. Elle représente la démonstration positive de l'efficacité du processus sénile de régression pour déterminer les désordres nerveux et psychiques qui sont l'accompagnement et la matière de la folie. C'est en les comparant à elle que doivent être cémen-