‹ Corrélations psycho-sexuellesChapitre 27 sur 72 · SÉNILITÉ DE L*ESPR1T · texte numérisé non relu

SÉNILITÉ DE L*ESPR1T

faut spécialement signaler les pellagreux dont Lombroso a si bien décrit les désordres sexuels, les intoxiqués par Tergot de seigle, qui sont impuissants, et les morphinomanes qui en sont réduits presque au môme point et qui sont presque toujours stériles.

Les effets de dégénérescence produits par Tabus prolongé de Talcool peuvent ^tre délerminés dans une certaine mesure par des conditions spéciales de quantité ou de qualité de la boisson absorbée, par rapport à la constitution particulière et aux dispositions du sujet. Cette dégénérescence est môme en rapport avec Tâge du sujet car Talcool aune tendance évidente et accentuée à joindre ses effels dégénératifs à ceux de l'âge ; ceux-ci ont beaucoup d'analogie avec ceux de Talcool et peuvent, par son action, apparaître précocement ou être précocement favorisés.

Ceux qui sont affectés de dégénérescence alcoolique grave deviennent stupides, apathiques, sans volonté, sans mémoire, sans imagination, insensibles à toute affection, immoraux, pervers, sans caractère, privés de toute sorte d'énergie morale et du sentiment de leur propre personnalité. Ceci au point de vue psychique. Au point de vue nerveux, ils ont des impressions faibles et confuses, les perceptions des sens sont tardives, confuses et faibles; ils sont insensibles au plaisir et à la douleur, au froid et au chaud, lents dans leurs mouvements, tremblants, épuisés, paralytiques ; ils ont la masse sanguine anormalement distribuée, et souffrent de toute sorte d'altérations sécrétoires; les activités de la vie végétative, digestion, nutrition, circulation, respiration et reproduction, sont affaiblies.

Tel est Télat grave de décadence générale vers lequel s'achemine rhomme par les effets de Talcool ; il en fait l'allié de toutes les causes qui attentent constamment à son énergie. Il devient irritable et supporte difficilement les processus pathologiques ordinaires, il v succombe facilement et dans de telles conditions offre n'importe où le plus étroit contact à la mort.

Cet état grave de dégénérescence alcoolique doit être comparé à celui de la sénilité naturelle avancée.

Je crois ne pouvoir ôtre plus précis qu'en citant en entier ce qui se trouve à ce sujet dans l'ouvrage de Peters (f Alcool^ phy-

170 s. VBNTDRl

siologie^ pathologie^ médecine légale^ Paris, 1885) par rapport aux conditions de la fonction sexuelle de rhomme alcoolisé.

« L'alcool à petites doses produit une excitation génésique à K laquelle Texaltation de Timagination n'est pas étrangère.

« A dose élevée, l'esprit-de-vin produit l'impuissance.

(( Magnus Huss, dont l'expérience était très grande, dit n'avoir « rencontré qu'un seul cas d'alcoolisme avancé avec excitation « génésique. Le pouvoir générateur s'affaiblit, çelon lui, à (( mesure que l'affection progresse et il voit l'explication de c( cette faiblesse dans l'épuisement musculaire général.

(( Chez les femmes, les effets de l'alcool sont plus fortement « marqués, au moins sont-ils plus facilement appréciables par (( les troubles survenant dans la fonction périodique delamens- « truation. Lancereaux l'a constaté chez les femmes adonnées « aux boissons spiritueuses. Les métrorragies répétées, dit-il, « et plus ou moins abondantes constituent l'un des premiers « désordres ; plus tard, on observe un arrôt, souvent définitif, « de la fonction menstruelle à un âge où cette fonction est (c d'ordinaire en pleine activité, entre trente et quarante ans.

» Dans certains cas où la menstruation s'était arrêtée avant « l'âge, le même auteur nota la petitesse du volume des ovaires (( et spécialement de la partie corticale et glandulaire de ces « organes.

« Aune période avancée d'alcoolisme, les organes génitaux « de l'homme présentent des changements matériels, bien " étudiés par Lancereaux et qui peuvent apparaître dans l'atro- « phie résultant de l'âge. Les testicules sont flasques, petits, « leur substance est jaune, décolorée. Les spermatozoïdes sont « peu nombreux ou bien manquent tout à fait. L'alcoolisme « produit donc l'impuissance chez les hommes et l'infécondité « chez les femmes. »

Krafft-Ebing et Lombroso disent que l'alcoolique est le délinquant sexuel le plus brutal, le plus cynique.

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