‹ Corrélations psycho-sexuellesChapitre 33 sur 72 · MONSTRUOSITÉ DB L*ESPRIT · texte numérisé non relu

MONSTRUOSITÉ DB L*ESPRIT

en' relation avec les besoins et les difficultés créées par la domesticité ; délits pour la conquête de la nourriture, pour la lutte sexuelle, par envie de caresse et de domination. Ce sont des choses qui manquent chez les animaux sauvages, excepté là où des conditions spéciales, transitoires ou naturelles, leur rendent difficile la satisfaction du besoin naturel. Dans ce cas, les délits chez les animaux n*ont pas le caractère d'immoralités, mais d'actions et de tendances dirigées à la nécessité de la défense individuelle. Chez les sauvages où la chasse à rbomme des tribus difTérentes est fréquente et cruelle, la criminalité est rudimentaire, à peine perçue, limitée aux moyens violents de lutte, alors que dans les sociétés civilisées elle est fréquente, compliquée et immorale. Abstraction faite de ce qui se produit grâce à l'ignorance et à la superstition, chez les peuples sauvages et libres, la menue criminalité, qui est la plus immorale, n'existe pas, de même qu'elle est tout à fait absente chez les animaux sauvages (Voyez Darwin : Les Sauvages et la Terre de Feu), Les luttes pour la sélection naturelle (dans la mesure où elles existent) ne créent qu'une criminalité rare et non provoquée chez les animaux supérieurs.

Les études d'anthropologie criminelle n*ont pas tenu assez compte des résultats merveilleux des travaux récents, spécialement de ceux de Répin, Matbias Duval, Erlacher, Morel, sur les monstruosités consécutives à un trouble artificiel ou accidentel, mécanique ou physique, produit durant la période de développement de Tembryon chez les oiseaux. Si ces études nous ont éclairés sur la genèse des monstruosités énormes de constitution physique, elle devrait nous faire penser un peu aussi à la genèse nouvelle de défauts de développement moral^même lorsque ceux-ci prennent forme et substance sur des spécimens d'antécédences ataviques. Cela se produirait par suite de la continuité de Tenchalnement de l'espèce qui ne fait que des arrêts brefs à travers les individus et accueille avec indifférence, en un point de son passage, les ressemblances et les formes des germes qu'elle projette continuellement le long de sa course vertigineuse.

On ne peut, du reste, douter de la possibilité de la transmission de dérivations ataviques de tendances morales du moment qu'il n'y a plus aucune raison de douter de l'hérédité psychologique (Ribot).

L'âge, par lui-même, crée les conditions favorables à la révélation des caractéristiques-nés. Les différents âges favorisent la formation de caractéristiques spéciaux, et des tendances caractéristiques spéciales sont purement aussi le produit de Tâge.

Il y adoncdesqualitéscaractéristiquessansque ceux qui les présentent soient eux-mêmes des caractéristiques; c'est-à-dire sans qu*ils soient mentalement conformés sur une constitution caractéristique. Ces caractères,qui sont d'ordinaire produits par l'âge, disparaissent à divers âges et apparaissent quelquefois dans des conditions déterminées d^éducation et spécialement de maladies. En général, il est oiseux de le dire, la jeunesse crée les caractéristiques expansifs et la vieillesse les caractéristiques égoïstes. La folie est une cause très puissante de caractéristiques transitoires ou stables, et dans la formation de caractéristiques constitutionnels, elle entre en concurrence avec l'hérédité (Voyez mon livre sur les menteurs). Mégalomanes, cleptomanes, menteurs, avares, vaniteux^ orgueilleux, colériques, timides, fanfarons, obséquieux, serviles, etc., si souvent d'origine pathologique au point de vue mental, sont souvent des produits de l'hérédité. Les caractéristiques se forment ou naissent plus facilement et plus fréquemment dans la classe moyenne, celle qui lutte dans la société le plus vivement et avec la plus large contribution d'activité et d'intelligence : la formation de caractéristiques est une preuve et un effet de la plus grande différenciation mentale et sociale. Les caractéristiques sont, au contraire, très rares dans les classes homogènes, passives, humbles des paysans parmi lesquels, par opposition, croît et natt plus facilement la classe des criminels, comme des produits de conditions de vie plus éloignées de la domestication triomphante et, par conséquent, comme expressions plus accentuées de la tendance de l'espèce à revenir à la vie naturelle, antérieure à la civilisation. La vie rurale favorise la conservation de l'individualisme, tandis que la vie des villes crée plus facilement la socialisation. D'ailleurs, chacune de ces conditions de vie rurale ou de vie citadine crée ses caractéristiques spéciaux, nés ou produits, selon les difficultés traditionnelles ou actuelles de la vie.

Les sexes présentent ensuite une très grande différence

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dans leur contribution à la formation et à Thérédité des monstruosités mentales. Ils ont aussi, ce qui importe davantage, une différence marquée dans la distribution des divers caractéristiques. Les caractéristiques majeurs (criminels ou géniaux) sont d'autant plus fréquents dans le sexe mâle qu'ils sont plus rares dans le sexe féminin. Pourquoi ? Parce que dans le sexe féminin de l'espèce humaine le processus de différenciation est rare et chaque tendance progressive ou restrictive trouve un obstacle dans la tendance conservatrice qui constitue spécialement le sexe féminin dans Tespëce humaine. Il y a pourtant des délinquences et des criminalités spéciales aux femmes et dont nous parlerons lorsqu'il y aura lieu. Au contraire, les caractéristiques mineures sont fréquentes chez les femmes ; elles expriment le mouvement de travail social intime, étroit, auquel les femmes participent, tandis qu'elles résistent aux grandes influences perturbatrices. Plus même^ dans la fréquence des caractéristiques mineures les femmes présentent fréquemment celles à base égoïste et rarement (excepté quelques-unes et d'une façon supérieure) celles altruistes, et ceci contrairement aux hommes chez qui prévalent les caractéristiques expansives. C'est-à-dire que les femmes sont souvent avares et rarement prodigues ; menteuses, et sincères seulement par morbidité ; envieuses, et généreuses seulement pour leurs proches ; curieuses, calomniatrices, vaniteuses, et, par exception, discrètes, bienveillantes et modestes. Elles sont pourtant beaucoup plus que les hommes pieuses, enthousiastes, passionnées et cruelles.

Chez les femmes les caractères sont beaucoup plus rarement éminents dans une personnalité; ordinairement ils sont largement diffus dans ce sexe. Les types caractéristiques sont aussi rares chez elles, tandis que les qualités caractéristiques sont fréquentes et étendues. Ceci dépend encore de ce fait indiqué plus haut, que parmi les femmes le processus de différenciation individuelle est à peine indiqué, comme si elles se trouvaient encore dans une période de formation initiale d'organisme collectif. Ceci et ce qui a été dit plus haut, outre que cela est dû à la grande influence qui est exercée sur les femmes par la vie familiale et restreinte à laquelle elles sont assujetties depuis un temps très reculé, doit être spécialement attribué à

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