CHAPITRE X
Pathologie de l'amour
Puisque, dans les chapitres précédents, j'ai traité des dégénérescences psychiques et des altérations sexuelles qui sont sous leur dépendance et qui leur sont corrélatives, il me faut parler maintenant des maladies de la sexualité en tant que maladies primaires auxquelles, d'habitude, correspondent des altérations psychiques qui, à un degré plus ou moins léger, leur sont corrélatives, secondaires ou concomitantes. Je considère d'abord les altérations psychiques qui, d*importance plus haute et de plus grande extension, comportent, par nécessité, des maladies sexuelles analogues; cesont celles-ci, d'ordre mineur par rapport à la personnalité et de moins vaste extension, qui font souvent sentir leur influence sur la vie psychique et qui, à un degré plus ou moins léger, jamais aussi intense ni plus intense, l'attirent dans un consensus morbide.
Ainsi, par la double preuve de l'un et de l'autre rapport pathologique se trouve mieux démontrée l'étroite relation qui existe entre la vie psychique et la vie sexuelle.
Dans la revue que je ferai ici des maladies sexuelles primaires je résumerai la riche littérature qui existe sur ce sujet et j'y ajouterai mes observations et ma façon de voir à l'occasion.
Je distingue aussi les maladies sexuelles en : immaturités sexuelles ^sénilités sexuelles et monstruosités sexuelles; auxquelles j Incorpore les réflexes psycho-sexuels et les démences sexuelles réflexes.
298 s. VENTURI
Immaturités sexuelles. — Il y a des idioties sexuelles, c'est-àdire qu'il est des individus chez lesquels la fonction sexuelle ne peut s'exercer :
i^ Par défaut des éléments nécessaires au processus reproducteur (par exemple, les zoospermes et les follicules de Graaf ) ;
2^ Par vice de conformation de Tappareil génital externe, par lequel vice la copulation devient impossible ;
30 Par* défaut de sensibilité ;
4<> Par manque de stimulation mentale.
Chacune de ce^s idioties s'accompagne ordinairement d'une condition spéciale d'altération psychique et nerveuse.
Ceux qui souffrent de la première de ces formes d'idiotie se confondent souvent avec les idiots ordinaires ; et souvent, ce sont des avortés au point de vue de la vie physique et sociale (monstres) .
Les seconds sont ordinairement des imbéciles, fous moraux et criminels-nés.
Les autres sont à peu près toujours des hystériques, des neuraisthéniques, des suggestionnés, des dégénérés, des intoxi- (]iiés ou des épuisés.
Les formes intermédiaires de ces idioties sexuelles sont si variées, par rapport au mode sous lequel la fonction sexuelle est anormale, qu^elles ne semblent pas rentrer dans la classe des idioties, dans le sens où celles-ci sont communément comprises. En même temps, les troubles psychiques correspondants qui accompagnent chaque forme d'idiotie sexuelle sont si variés en degrés et en formes, que Ton ne reconnaît pas tout d*abord le rapport unissant chacun d'eux à la condition pathologique qui le détermine.
Chacune de ces idioties sexuelles est le résultat d'un développement manqué des éléments particuliers (idiotie sexuelle) de la fonction sexuelle elle-même, ou de tout l'ensemble de la fonction (idiotie totale) à diverses périodes de son processus évolutif, qui procède de l'extrémité la plus organique à la plus psychique. Pour qu'il donne lieu à l'idiotie, ce manque de développement doit être complet ; s*il était incomplet, il en résulte* rait une imbécillité. Celle-ci, au contraire de l'idiotie, admettrait