‹ Corrélations psycho-sexuellesChapitre 45 sur 72 · PATHOLOGIE DE L AMOUR · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE DE L AMOUR

la possibilité d'un développement plus ou moins sensible de la fonction el de ses éléments partiels, au delà du point où s*est produit l'arrêt. L'idiotie et Timbécillité étant ainsi comprises, on voit clairement comment il doit y avoir des conditions dans lesquelles la fonction, privée des éléments plus ou moins élevés dans l'ordre de son développement, est capable de cet exercice permis par les conditions de la fonction qui demeurent ; il faut tenir compte, bien entendu, des désharmonies et des corrélations d'altération dans le reste de lorganisme, celui-ci ayant pu à différents degrés poursuivre son propre développement.

Ainsi, si la fonction sexuelle a subi un arrêt du développement dans ses éléments psychologiques et sociologiques, de telle sorte que les moyens de la séduction intellectuelle manquent, Tindividu, atteint de cette maladie que Ton peut quali&er d'idioiie sexuelle psychique^ pourra jusqu'à un certain point exercer la fonction sexuelle d'une façon grossière, matérielle, comme le font les sauvages qui attaquent la femme.

Lorsque, au contraire, l'arrêt s*est produit dans le développement de la sensibilité erotique, donnant lieu à cette forme que l'on pourrait appeler idiotie sexuelle sensorielle, l'individu qui en est affecté pourrait jusqu'à un certain point exercer l'amour, avec ses effets biologiques, sans en sentir les plaisirs et peulélre, sans en ressentir le désir. Quand l'arrêt s'est produit dans la conformation de tel ou tel organe sexuel (utérus, vagin, etc.), donnant lieu à ce qu*on pourrait appeler une idiotie sexuelle organique, l'individu qui en souffre pourra désirer lacté sexuel et le tenter sans avoir les bénéfices de l'accomplissement de l'acte lui-même. (Voyez combien de mariages sont dissous pour défauts organiques sexuels.)

Quand, enfin, l'arrêt est advenu dans la formation des zoospermes ou des follicules de Graaf, donnant lieu à cette idiotie que Ton pourrait appeler idiotie sexuelle séminale, l'individu pourra exercer l'amour avec pleine capacité morale sensorielle et physique, sans les effets biologiques de la fonction.

Il y a aussi des idioties sexuelles totales qui peuvent se différencier Tune de l'autre car elles peuvent être des effets, comme je l'ai dit, d'arrêts toiaux de la fonction sexuelle à différentes périodes de son développement.

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Cette idiotie peut être occasionnée, par exemple, par une maladie accidentelle durant la jeunesse.

Si l'on a compris pourquoi les idioties sexuelles sont différentes Tune de l'autre, on comprend aussi pourquoi à chacune d'elles s^associent des troubles psychiques ou nerveux spéciaux. C'est-à-dire que les arrêts qui se montrent le long de la ligne sexuelle ne limitent pas leur influence à celle-ci, mais retendent à tout l'organisme. Le développement manqué du pouvoir reproducteur s'étend en provoquant une croissance corporelle et psychique restreinte (infantilisme); l'incomplète formation des organes sexuels externes s*accompagne d'une incomplète organisation générale physique et psychique; le manque de stimulus mental s'unit à des anomalies de la fonction corticale qui plus tôt ou plus tard comportera ses effets par des désordres psychologiques correspondants. On pourra, dans chaque cas, penser à la difficulté de discerner la primarité de la lésion, si elle est sexuelle ou psychique; mais Ton ne pourra jamais méconnaître la parfaite analogie des consensus morbides correspondants. L'esprit, surtout dans ses formesd'immaturitésdedéveloppement, ne les possède pas à ce degré, si ce n'est avec une seule des f'^nctions de l'organisme, la fonction sexuelle.

J'ai dit que par imbécillité sexuelle on pourrait entendre non pas une condition de légère insuffisance de développement, signification que Ton donne à ce terme lorsqu'on parle des défauts de l'esprit; mais qu'il faudrait entendre des conditions de retard dans le développement et aussi de difficultés dans rétablissement Aq la fonction sexuelle. Quant aux défauts persistants de développement, même s'ils sont de petite intensité, j'ai préféré les appeler idioties (partielles'ou totales et d'une nature différente selon le point delà fonction où s'est produit l'arrêt), car si j'avais appelé imbécillité les légers arrêts de développement, il aurait été véritablement impossible dans la pratique de déterminer les cas d'une imbécillité sexuelle. On est ou Ton n'est pas fécond ; on est ou Ton n'est pas normal dans l'exercice du coït ou dans le fait de sentir le plaisir et de le désirer.

En comprenant par imbécillités sexuelles seulement les retards et les difficullcs de développement, on est sur le terrain

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