‹ Corrélations psycho-sexuellesChapitre 46 sur 72 · PATHOLOGIE DB L*AMOUR · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE DB L*AMOUR

des faits cliniques palpables et qui demandent à être clairement et explicitement relevés.

Les retards et les difficultés de développement sexuel sont plus facilement relevables chez la femme que chez Thomme; ils y sont d'ailleurs plus fréquents.

Séparons \esretards des dif/icidtés de développement. Celles-ci ont aussi des consensus nerveux psychiques qui ne correspondent pas à la conception des immaturités de développement, mais bien à celle des réflexes comme nous le verrons plus loin.

Au fond, la difficulté de développement, en dernière analyse, trouve sa base dans le retard du développement des organes sexuels et dans le retard de ra4aptation de leur fonctionnalité aux conditions générales ou spéciales de l'organisme. La difficulté de développement mérite aussi d'être considérée parmi les imbécillités^ car quelquefois elle n'est pas surmontée et laisse derrière elle, comme conséquence, une insuffisance plus ou moins partielle de l'aptitude à la fonction : une idiotie.

Le retard du développement sexuel, avec ses conséquences sur le développement psychique, peut s'observer aussi dans la généralité d'une population suivant la race, le climat et les spéciales conditions morbigènes, suivant la population, nombreuse ou rare, et suivant enfin le degré de civilisation. Les paysannes des petils villages des montagnes de la Calabre (par exemple) subissent non seulement un retard notable dans Tépoque de la première menstruation, qui n'advient chez elle qu'à partir de seize ou dix-sept ans, mais aussi dans tout le cours de leur vie: même si elles sont saines et procréent bien, elles ont des pertes de sang très petites et présentent un retard correspondant dans les activités mentales ; elles vivent dans la servitude de maris grossiers, partagent le sort du porc et de l'âne, ses compagnons de maisonnée et d'infortune. Dans Fasile de Gatanzaro» les paysannes hospitalisées furent toujours, dans les années passées, et sont toujours, pour les trois quarts, des frénasthéniques (imbéciles, épile))liques ou criminelles) ; parmi les hospitalisées non paysannes, au contraire, les frénasthéniques sont dans la proportion de 10 p. lUO.

Ces conditions de retard sexuel et mental dans la population

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misérable,grossière, qui vit en marge des rapports sociaux et civilisés, est une autre preuve du fait que les conditions des classes inférieures de la société présentent des analogies avec les conditions d'enfance ou d*adolescence des individus ou des sociétés civiles, ou avec celles dès frénasthéniques ; c'est pourquoi surgissent chez elles plus fréquemment que dans les classes sociales élevées ces tendances criminelles, qui sont un effet de l'insuffisance du développement, du retour au type primitif ou de la tendance destructive. En même temps, ceci donne la raison de la faible augmentation, de la population par rapport aux cités dans les pays isolés ou grossiers, car là où il n'y a pas de variations et par conséquent pas d'action vers la satisfaction des multiples besoins individuels, la vie de l'espèce se traîne aussi appauvrie et monotone. Tout ceci démontre encore le rapport étroit qui existe entre le développement des facultés de l'esprit et de la sexualité, c'est-à-dire entre les aptitudes aux luttes pour l'existence individuelle et celles pour la continuité de l'espèce.

On pourrait aussi relever diverses formes d'imbécillité sexuelle : psychique, organique, sensorielle et séminale.

Le plus ordinaire des états d'imbécillité sexuelle (car il n'est pas facile de différencier une condition de l'autre et elles s'unissent souvent, est représenté par la femme chloroanémique qui souffre de désordres dans les organes sexuels et de réflexes psycho-nerveux et vasculaires, par suite desquels elle n'est plus apte ou devient tardivement apte à Texercice et aux effets du mariage, aussi bien qu'aux nécessités de la vie sociale. La chlorose qui accompagne la puberté ne peut dépendre de conditions morbides primaires de Tétai du sang et du défaut'de nutrition des tissus. La prédominance marquée des désordres nerveux, parmi lesquels une notable hyperesthésie et une faiblesse psychique, indique que rallération sanguine est un phénomène concomitant à d'autres phénomènes nervecnt. Parmi les mâles, qui peuvent aussi souffrir de chlorose^ il y a des troubles analogues de faiblesse irritable et nutrition viciée et ceci s'observe chez ceux qui, par l'effet d'une neurasthénie héréditaire, ont abusé ou abusent de l'onanisme, et qui souffrent^ par conséquent, de demi-impuissance , d'éréthisme, de poilu-

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