‹ Corrélations psycho-sexuellesChapitre 47 sur 72 · PATHOLOGIE DE L*AMOUR · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE DE L*AMOUR

lions spontanées^ etc. Les chlorotiques de la puberté, hommes ou femmes, ne présentent pas des troubles psychiques ou nerveux égaux à ceux des idiots sexuels, mais parallèlement au genre des troubles sexuels dont ils souffrent, ce sont des hystéroïdes^ des neurasthéniques, des émotifs, des hypocondriaques susceptibles et de caractère variable, en même temps qu'ils sont dans de mauvaises conditions de nutrition et sanguinification. Ces sujets sont dans une constante timidité d'esprit qui les prédispose à toutes les conséquences perturbatrices pour le système nerveux.

Les formes principales de Tidiotie sexuelle, en outre des altérations nervoso-psychiques parallèles, s'accompagnent d*altérations persistantes et graves de la structure corporelle (gracilité physique, rachitisme, monstruosité, atavisme, signes de dégénérescence physique, troubles nervoso-trophiques, faiblesse, anémie, etc.).

En cas d'établissement difficile ou retardé de la fonction sexuelle, surgit quelquefois une forme de désordres nerveux que Ton peut appeler une véritable folie motrice qui est la chorée.

Cest aussi, ordinairement, avec la puberté difficile ou retardée qu'apparaît la névrose hysténque qui n'est pas une névrose sexuelle^ mais l'expression d'une faible énergie de coordination, de synthèse et de volonté (Janet); elle a occasion de débuter mieux qu'en toute autre circonstance avec les premiers troubles de la sexualité, car celle-ci a, plus que toute aulre fonction, des rapports étroits avec toute sorte d'activités du système nerveux. Chez les enfants qui prêtent facilement le flanc au système nerveux, par suite de faiblesse héréditaire ou neurasthénique, surgissent à l'époque delà puberté de légers phénomènes qui présentent une ressemblance avec l'hystérie féminine, mais qui sont ordinairement transitoires.

A cette période de l'âge et chez ces sujets, j'ai vu plusieurs fois des désordres sensoriels de grave apparence, souvent nocturnes : perversions de sentiment et de sensibilité, convulsions et spécialement dispositions à l'automatisme et à la passivité psychique : conditions favorables à l'efficacité des su^estions de toute sorte.

304 s. YEMTURI

Mais plus importante que toutes est une folie spéciale qui surgit sur la base d'une puberté difficile, et qui s'appelle justement folie de la puberté. On peut croire que celle-ci est, dans Tordre psychique, Téqnivalent de la chorée dans Tordre nerveux. L'une et Tautre ont une symptomatologie spéciale qui est Texpression des conditions respectives d'insuffisantes coordinations et d'insuffisante prédominance de Tactivité psychique et nerveuse. Les organes encéphaliques prédominants sont le manteau cérébral et le manteau cérébelleux. Dans leurs rapports, la folie de la puberté, c'est la chorée du manteau cérébral ; elle se produit chez l'homme après que le cerveau^ dans l'évolution de Tencéphale, a assumé la fonction coordinatrice et initiatrice des actions nerveuses qui, jadis, aux temps passés de la phylogenèse, était propre au cervelet.

De même, dans les états de puberté anormale, la chorée surgit plus facilement que la folie de la puberté chez les personnes de moins délicate structure nerveuse, de moindre psychicité, comme le sont les jeunes gens des deux sexes appartenant aux conditions sociales les plus inférieures ; la folie de la puberté surgit plus fréquemment chez les jeunes hommes de bonne famille et de constitution nerveuse délicate, d'esprit plus éveillé, plus disposé aux commotions émotives.

L'origine, la nature sexuelle de la folie de la puberté est révélée par les étroits rapports qu'elle présente avec Tonanisme effréné et précoce, par les paroles obscènes qu'emploient les malades atteints de cette maladie, par le délire de nature erotique dont ils sont souvent frappés, par les besoins erotiques exagérés qu'ils manifestent quelquefois et par la disparition de tous ces phénomènes avec l'établissement normal des processus d'ovulation et de menstruation ou de formation et d'émission naturelle du sperme.

Cette maladie assume aussi, avec Térotisme, les formes les plus variées (pyromanie, impulsions irrésistibles, idées fixes, religiosité, états maniaques ou mélancoliques, immoralité, phénomènes paralytiformes ou neurasthéniques, folies du doute, agoraphobie, claustrophobie, phobie de l'espace, tics hystériques, etc.). Ceci en tant qu'effet des réflexes irradiés dans le champ de toute la personnalité morale et nerveuse.

PATH0L06IB DK l!aMOUR 105

Il y a une autre forme de folie qui se manifeste dans le jeune âge, à peu près entre quinze et vingt-trois ans, qui présente quelque affinité avec la folie de la puberté, dont nous venons de parler, avec laquelle beaucoup d'auteurs veulent même la confondre. G^est Y hébéphrénie et Kalbaum qui Tétudia le premier Tappela démence catatonique. On ne peut nier que beaucoup de choses tendraient à faire croire que Thébéphrénie est une démence de la puberté.

Les rapports qu'elle a avec la vie sexuelle consistent presque exclusivement dans ce fait (je le relève dans la lecture des cas publiés par les auteurs et dans les considérations des cas étudiés par moi) que dans le plus grand nombre des cas, les sujets, avant d*ètre atteints parla maladie^ eurent à souffrir de préoccupations ou de chagrins pour cause amoureuse, ou de nature religieuse^ choses qui ont une valeur équivalente.

Dans les cas décrits par Kalbaum, Mairet et Marro qui ont donné les études les plus remarquables sur l'hébéphrénie, le rapport de la maladie avec des préoccupations erotiques ou religieuses est souvent signalé.

En passant je dois dire aussi quej*aieu plusieurs fois Toccasion de signaler le développement de l'hébéphrénie coïncidant avec la présence d'un écoulement tiréthral vénérien, qui avait débuté peu de temps avant la démence. J*ai constaté cela le plus souvent chez des malades hommes, mais aussi quelquefois chez des femmes. Je puis dire aussi qu'il ne m'a pas semblé que la démence puisse s'être développée à la suite du chagrin occasionné par la maladie vénérienne, laquelle devait certainement préoccuper dans une certaine mesure les malades inexperts aux petites disgrâces de la vie. J'ai fait à ce sujet deux publications (1) et j'ai eu la satisfaction de voir mon opinion confirmée par les observations successives de Cullere (2) et de Culouma (3).

Ces conditions d'esprit antécédentes à la maladie tandis qu'elles sont des apparences de l'hyperesthésie sexuelle ou de l'imagination morbide des sujets eux-mêmes, ne sont pas en réalité des

(0 Reforma Medica (avril 1894), La démence hlennorrhagique, — Annales M édico' Psychologiques (1895). Les Pyophrénies,

(2) Vendée Médicale, mai 1894.

(3) Folie blennorrhagique^ Montpellier 1893.

Page 1