‹ Corrélations psycho-sexuellesChapitre 48 sur 72 · Vnrrviii. fO · texte numérisé non relu

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expressions de la difficulté de l'établissement de la vie sexuelle physiologique, mais plutôt, à mon avis, de la difficulté du début de la vie intellectuelle ou affective, active et luttant, à cause de l'insuffisante énergie de résistance psychique, effet souvent de faiblesse héréditaire. Je croirais donc que, comme à rétablissement difficultueux de la puberté, début de la fonction sexuelle physiologique, répond quelquefois une forme de folie spéciale, folie de la puberté, rhébéphrénie correspond à cette forme de démence qui serait TefTet d*un début difficile dans la vie sociale émancipée. Ceux qui ne manifestent pas un suffisant pouvoir d'énergie tombent sous ce poids trop lourd, ils deviennent fous ou stupides ; c'est-à-dire qu'ils ferment le cycle de leur vie mentale au début de la courbe ascendante. Un petit nombre en réchappe et reprend vigoureusement la route.

Dans rhébéphrénie aiguë, il n'y a pas d'apparence marquée d'érotisme, d'onanisme, de délire ou d*actes sexuels; mais plutôt des désordres d'idéation sous une forme continue et dans une succession d'états émotifs qui reposent sur la base des désordres de la sensibilité, de Tidéation, de la conscience, et de la volonté. Si, comme il arrive souvent, et comme cela fut mis en relief par Tanzi,robjet de la verbigération des hébéphréniques est sale, obscène, c'est Tefifet de l'action automatique des centres corticaux qui fait surgir le contenu intellectuel qui préoccupait et frappait le plus récemment Tesprit du malade mais sans que, en mfime temps, ils unissent aux paroles obscènes des actes de conscience ou des désirs erotiques. Dans la démence de la puberté, au contraire, ce ne sont pas seulement les paroles malpropres, mais les désirs erotiques et les actes obscènes qui se manifestent et conduisent souvent le malade à satisfaire son érotisme aux dépens de sa réputation et de sa santé, eu un scandale public.

Dans l'état de démence qui suit rhébéphrénie, l'onanisme est fréquent et constitue le plus grand préjudice pour la santé physique des malades qui deviennent anémiques et s'abrutissent de triste façon.

Dans la folie de la puberté, il y a, plutôt qu'inconscience et négation de la personnalité comme dans rhébéphrénie, il y a une accentuation vaniteuse de la personnalité dans le sens éro-

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tique, comme une anticipation sur un âge plus avancé. Voyez, à ce sujet, le superbe cas rapporté par Krafft-Ebing.

Entre la folie de la puberté et Thébéphrénie il y a la même diiïérence qu'entre la démence de Fàge critique et la démence séniie ; toutes deux sont des effets de la sénilité, mais Tune se rapporte à la sénilité de la fonction sexuelle, Tautreà la sénilité de l'esprit ; dans la première, la démence est le fait secondaire réflexe, la seconde le fait primaire auquel s'ajoute comme coordonné le désordre du domaine sexuel. De même, la folie de la puberté est Teffet de révolution difficile de la fonction sexuelle; Thébéphrénie est TeiFet du début difficultueux ou de rinsuffisance d'énergie mentale dans les fatiguQs inhérentes à la période de l'individualisation sociale et des luttes pour l'existence dans la société. Elle relève en grande partie des difficultés des luttes sexuelles lorsque les besoins amoureux surgissent impétueux et inaptes au succès.

La folie de la puberté se termine souvent par la mise en ordre de lafonction menstruelle (Kraiïl-Ebing),tandis que l'hébéphrénie guérit rarement, ou laisse derrière elle une suite d'inexorabilités d'esprit qui conduit facilement plus tard aux états délirants continus. C'est que la première est un réflexe psycho-nerveux, la seconde une aliénation vraie et propre de Tesprit, suite ordinaire de son involution précoce.

Il y a des formes intermédiaires de passage entre la folie de la puberté et Thébéphrénie; ces formes intermédiaires expriment les rapports étroits qui relient la partie physiologique de la vie sexuelle et la vie psychique.

L'hébéphrénie qui finit dans la démence est un processus de sénilité très précoce chez un individu qui est au début de la vie mentale adulte et qui se sent insuffisant pour la lutte de l'existence ou pour le choix sexuel. L'hébéphrénique est un soldat qui, aux premières escarmouches de la bataille delà vie, s'épouvante et succombe. Aux hébéphrénies on doit assimiler toutes les aliénations et les démences qui surgissent dans l'âge de la jeunesse comme un effet de l'insuffisante énergie de Tindi* vidualité psychique aux fatigues de l'esprit et de la sensibilité dans la lutte sociale et amoureuse. J'ai observé des cas assez nombreux d'aliénation chez des jeunes gens de vingt ans ou

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environ; et, bien qu'elles n'aient pas eu la forme ordinaire franche, avec des phénomènes caractéristiques, avec alternatives d'étals de stupeur et de manie, suivis de démence, de rhébéphrénie ; bien qu'elles se soient limitées à des états de demi-conscience, d'évanescence^ de faiblesse mentale, de légères excitations maniaques choréiformes et autres, je n'ai pas hésité à les considérer comme des hébéphrénies. 11 arrivera ainsi souvent à d'autres, comme il m'est arrivé à moi-même, de devoir considérer comme telles des démences dont se trouvent frappés de jeunes prêtres qui sont au moment de la première messe, des soldats faibles dans leur première année de service, des étudiants et jusqu'à de jeunes épouses insuffisantes pour les premières difficultés du mariage. Au fond, ce sont des prédisposés et leur maladie est souvent faite d'une fatuité légère plutôt que d'une stupeur ou d'états d'agitation et de délire faibles et effacés. Deux fois j'ai vu réapparaître la maladie parce que, après avoir été guéris^ les malades s*étaient trouvés placés dans les mêmes conditions difficiles qu'auparavant. Ces malades ne sont pas, ou très rarementi^ des délirants d'ordre sexuel jusqu'à ce qu'ils tombent dans la démence.

Si la fonction sexuelle physiologique, chez certains individus, est incapable d'arriver, ou arrive après des efforts et desoscillations,à son complet développement (et donne lieu par conséquent à des folies réflexes correspondantes dont la forme plus simple^ la première par ordre chronologique, est la pubérale et dont les consécutives sont d'autres dont je parlerai plus loin), le côté psychique de la fonction sexuelle, Tamour, peut, indépendamment du côté physiologique de la fonction, s'arrêter à une période de développement inférieur et donner lieu à une aliénation qui serait l'effet d'une véritable idiotie de Tamour. Telle est la folie dite masturbatrice.

L'onanisme habituel, anormal, qui éloigne le sujet du contact avec l'autre sexe, qui le rend impuissant et stérile, est aussi une forme morbide qui peut avoir sa base d'origine dans des condi* tions d'insuffisant développement de la fonction sexuelle ellemême ; mais elle a, certes, comme annexe, un arrêt correspondant ou une décadence consécutive de la personnalité psychique et sociale. C'est la correspondance parfaite de ce qui se pro-

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duit chez beaucoup d'individus par suite des conditions de milieu ou d'éducation qui obligent àTonanisme permanent. Dans ces cas, Tonanisme continué et exagéré conduit nécessairement à des états neurasthéniques et à des névroses ou à des folies qui sont secondaires. Quand Tonanisme n*est pas TefTet des causes extérieures, mais de la constitution morbide héréditaire, du^ développement insuffisant, les désordres morbides sont des faits corrélatifs «lui reflètent la forme même de l'anomalie sexuelle. En fait, ceux qui sont des onanistes habituels par occasion morbide, tandis qu'ils sont,au point de vue sexuel, des individus arrêtés aux périodes de Tadolescence où Tâmour est fantasque et imaginatif. et se satisfait sans rapports avec l'autre sexe, ils constiluent aussi, par rapport à l'énergie du système nerveux et de l'esprit, des développements arrêtés à la période de l'adolescence ; période où il y a prévalence des émotivités, domination des actions vaso-motrices, réflexes faciles, immaturité de la volonté, caractère non formé et par conséquent changeant, craintes fréquentes, subjectivité exclusive, égoïsme, crédulité, faligue de pensée et d'énergie nerveuse. Les onanistes, à l'âge de la plus grande énergie, sont des neurasthéniques. Sur cette base de neurasthénie physique et psychique s'implante toute sorte de faiblesses et de dissociations de travail idéateur.

La démence masturbatrice par rapport à la vie sexuelle correspond parfaitement à Thébéphrénie par rapport à la vie psychique. La première est l'expression de l'incapacité de l'individu à l'exercice de l'amour, de la sexualité nécessaire au but biologique et civilisé tout ensemble ; Thébéphrénie est l'expression de l'incapacité d'aboutir à l'exercice de la vie psychique dans le but de la lutte pour la conservation et l'amélioration morale de soi et de la descendance. Toutes deux naissent de la base de l'insuffisance de développement, dans leurs symptômes elles manifestent des états juvéniles, dans leurs efl'ets d'impuissance sexuelle et aiïoctive et de démence intellectuelle, ce sont d^s sénililés très précoces, parvenues au premier début de la vie active correspondante. Le résultat est un produit de dégénérescence mixte évolutive etinvolutive. Cela n'est pas din*érent de ce qui se produit sur les imbéciles d'esprit ordinaires qui.

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comme je Tai dit en son lieu, sont facilement exposés à la folie^ parce qu^ls ont une énergie insuffisante pour développer comme les individus normaux la parabole de la vie mentale. Les imbéciles d'amour correspondent aux imbéciles d'esprit; ceux-ci finissent avec la dissociation et la ruine de leur faible intelligence, qui ne s'emploie pas au but de la protection de l'individu; les premiers exercent Tamour de façon rudimentaire, violente ou obscène, en dehors de la nécessité de la descendance; tous deux vivent pourtant sans but ni pour eux ni pour Tespèce.

Réflexes sexuels psychiques. — Les désordres mentaux que l'on ne peut considérer comme des états de dégénérescence sont ceux qui sont dus à des empoisonnements aigus ou à des infections aiguës. Il en serait de même, comme je l'ai dit ailleurs, des folies transitoires proprement dites et, jusqu'à un certain point, des folies réflexes ou sympathiques qui, dans leurs degrés les plus atténués, peuvent être dites réflexes psychiques.

Entre les aliénations transitoires et les sympathiques, il y ades différences de nature physiologique et clinique. Les premières sont l'effet d'automatismes cérébraux, les secondes de réflexes sur le cerveau, déterminés par des excitations péi'iphériques. Le passage entre les unes et les autres sur le terrain du mécanisme physiologique se rencontre dans les cas fréquents (le formes mixtes et de réflexes qui viennent de conditions morbides dans la masse cérébrale elle-même (cysticerques, tumeurs, ostéomes, elc).

Cliniquement, les folies transitoires ont, en général, une très brève durée; ce sont des faits isolés dans la vie individuelle, ils se manifestent d'ordinaire par des désordres heurtés et profonds des fonctions mentales (i): les aliénations réflexesont une durée variable ; quelquefois longue^ le plus souvent intermittentes ou rémittentes, elles se manifestent par des désordres psychiques qui souvent sont partiels ou légers et qui, peu à peu, deviennent monotones et assument la nature dégénérative en raison de la durée de la maladie et des causes qui la maintiennent.

(1) Voyez mon travail sur les folies transitoires. Naples, Detkeo, 1S87.

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Les folies réflexes peuvent avoir divers degrés d'intensité et de durée et comportent des effets diversement accusés. Ceci selon les conditions spéciales par lesquelles elles sont produites ou maintenues.

Les réflexes psychiques, tout autant que les folies réflexes^ peuvent avoir, nous Tavons vu, une origine sexuelle ou commune. L'on a, en effet, des réflexes psychiques qui sont des désordres transitoires, légers, sans effet de dégénérescence, partant des sens spécifiques, du cœur^ des poumons, de Testomac, des intestins, des reins, de la vessie, de la peau, etc. Il y a également des aliénations réflexes, c*est-à-dire des désordres psychiques graves, quelquefois chroniques et avec effet dégénératif qui proviennent aussi des organes des sens, du cœur, des poumons, de Testomac, des intestins, des nerfs périphériques et de la peau. Des exemples communs de ces maladies sont les folies causées par des maladies de Toreille, du nez (1)^ les folies dismiques, la folie de la phtisie, la folie hypocondrique (hépatique), les folies de la gale, les folies par déboitement du colon iransverse, celles des vers, celles du chancre de Testomac, etc.

Avunt d'aller plus loin, il est bon de relever les rapports que les réflexes psychiques et les folies réflexes de provenance non sexuelle peuvent avoir avec les manifestations de la vie sexuelle. Nous avons dit ailleurs que les folies transitoires ne comportent aucune altération évidente de caractère sexuel. Cela par effet de la rapidité du cours de la* maladie, et en outre par l'excitation physique exagérée cachant les rapports qui pourraient peut-être exister. Il faut aussi considérer que Taliénation transitoire est Texpression d'un désordre limité au cerveau et n*a pas les caractères de .raltéralion générale de l'organisme, comme les démences d'autre nature et de plus grande durée. D'où la non-nécessilé de cette coordination des troubles sexuels et des troubles psychiques advenant lorsque la personnalité morale est compromise dans l'ensemble ou dans une grande partie de ses énergies.

Les folies réflexes sont aussi le plus souvent des exprès*

(1) Voyez le oa.s rapporté par moi dans mon travail : Sur i'umffe du tabac à priser cher les chiens, les fous et les crimnels» — Naples, Detken. 1885.

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sions de désordres limités à la sphère nerveuse^ de même que la condition périphérique dont elles dérivent est d'extension limitée. Elles peuvent donc comporter ou ne pas comporter des désordres correspondants des fonctions sexuelles.

La présence de ces désordres dans les formes de folie réflexe de causes ne provenant pas de l'appareil sexuel peut se produire en rapport avec la durée de la maladie ou son intensité; d'où se produisent des diffusions de réflexes dans les systèmes qui ont des rapports de fonction : elle peut se produire aussi par suite de faiblesse de lorganisme (état dégénératif), faiblesse qui suscite les associations ordinaires pathologiques ou de corrélation. Ainsi, les folies réflexes dues à des vers intestinaux, à des calculs hépatiques, à des maladies pulmonaircvcs, à des maladies cutanées, etc., provoquent souvent des érotismcs ou, si elles durent longtemps, s'accompagnent d'aUé< rations continues des fonctions utérines, de la môme façon que dans les démences ordinaires.

Le passage des états de folie réflexe à ceux de démence chronique dégénérative,que i*on aurait autrefois appelé idiopathique, est assez fréquent, en raison mCme de ce fait que la durée de la folie, en tant qu'effet de réflexe psychique, est l'occasion de tels troubles dans l'organisme en général qu*elle constitue un terrain favorable à la démence comme effet de dégénérescence. De même une folie trop longtemps simulée peut s'établir à denîeure et exprimer les effets d'un état dégénératif provoqués par elle-môme.

Ayant ainsi rapidement considéré les folies réflexes en général^ par rapport au mécanisme qui les produit et aux formes dégénératives primaires auxquelles elles ne ressemblent pas, j'en arrive à traiter des réflexes psychiques et des folies réflexes qui sont des expressions directes des désordres primaires de l'appareil sexuel.

Ce qu'il y a de principalement important dans ces réflexes psychiques d'origine sexuelle, c'est la si forte fréquence avec laquelle elles correspondent aux conditions morbides de la sphère génitale ; fréquence telle qu'elles en sont presque la conséquence normale. On ne trouvera pas ceci exagéré si l'on veut bien tenir compte que tous les organismes ne réagissent

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pas avec la même intensité d'effets morbides à l'égale intensité des causes; mais chacun réagit par des degrés divers de retentissement, suivant les conditions spéciales de prédispositions^ de temps, de circonstances et autres.

Mais, au fond, il est à peu près normal que, plus ou moins, aux altérations de Tappareil génital, de suffisante importance, correspondent des réflexes nervoso-psychiques^ même faiblement accusés.

Il est intéressant de relever un fait clinique qui sert aussi debaseàunesubdivisiondes formes morbides psychiques réflexes sexuelles. Certains réflexes nervoso- psychiques et certaines folies réflexes proviennent de simples lésions de l'appareil sexuel sans rapport immédiat ou nécessaire de désordres fonctionnels ; d'autres sont engendrés par des troubles fonctionnels. Ce fait pourrait être plus rarement constaté pour les réflexes psychiques ou les folies réflexes d'altérations non sexuelles, car il est plus difficile de distinguer les effets des altérations de Torgane du désordre des altérations correspondantes. Dans Tordre sexuel, le fait est plus évident, car l'appareil sexuel entre en fonction à des moments déterminés, et chez la femme^ il a également^ en outre, des fonctions périodiques. C'est à cause de cela que les organes, en dehors du temps de la fonction, donnent lieu à des réflexes de nature et de valeur différentes.

Ainsi, par exemple, les ulcérations du col de l'utérus^ les fluxions, les catarrhes chroniques, etc., donnent lieu à des réflexes et à des folies qui ont des origines et une nature absolument diverses de ceux engendrés par les perturbations de la fonction menstruelle, par la grossesse, par le moment du coït, etc.; car les premiers sont continus et les seconds récurrents^ en rapport au moment fonctionnel lui-même. Les premiers peuvent s'appeler réflexes psycho-sexuels organiques et les diuires réflexes psycho-sexuels fonclionnels. La même distinction doit être faite pour les folies réflexes d'origine organique ou fonctionnelle. Citons aussi quelque exemple du fait en dehors du domaine sexuel, bien qu'il se produise moins fréquemment et qu'il ait une moins grande évidence. Dans les maladies de l'intestin leur influence sur le système nerveux et sur la vie psychique dérive dans le plus grand nombre des cas de causes inhérente?

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aux troubles de sa fonctionnalité ; mais il semble quelquefois qu'elle n'ait pas des rapports nécessaires avec ceux-ci. Il me semble qu'il en est de môme, par exemple, de la maladie de Glénard, Tentéroptose, qui paraît donner lieu à Tune des formes les plus typiques de neurasthénie cérébrale. Dans ces maladies, les sujets ont une bonne digestion et des fonctions de Tinteslin régulières. L'action perturbatrice des vers intestinaux sur le système nerveux se fait souvent en dehors de la fonction intestinale elle-même. Les calculs hépatiques et rénaux suscitent des troubles nerveux disproportionnés au désordre des fonctions des organes correspondants qui, souvent, pendant longtemps, suivent leur cours régulier, etc., etc.

J'ai relevé ce fait de réflexes psychiques qui sont en rapport avec la lésion de la fonction de l'organe, dont part l'excitation et des réflexes psychiques déterminés aussi en dehors de ces rapports, par la lésion fonctionnelle de l'organe où l'excitation prend son origine. Ceci parce qu'il y a deux sortes de réflexes psychiques, surtout si Ton considère ceux provoqués par des troubles de l'appareil sexuel : ceux qui se montrent en des espaces de temps limités et qui accompagnent la période fonctionnelle ; et ceux qui se manifestent en dehors de chaque moment fonctionnel. Ceci sans préjudice du fait clinique que ces derniers se reflètent plus ou moins en autant de lésions fonctionnelles, tant celles-ci peuvent avoir souvent leur origine directe en ceux-là.

J^énumère simplement les espèces les plus communes de réflexes psychiques et de folies réflexes d'origine sexuelle.

Réflexes psycho-sexuels organiques. — Il peut en surgir des conditions morbides de \ utérus : les déplacements, les flexions^ les versions, les ulcères du col, les altérations parenchymaleuses et muqueuses, les tumeurs, les pressions externes, etc. Il en vient plus souvent des ovaires, qui peuvent être malades : par condition de développement anormal, par cicatrices, par tumeurs, par adhérences, par états de dégénérescence, etc. Il en vient aussi de maladies vaginales, ({mi sont : les cicatrices, les flstules, les inflammations de la muqueuse, les ulcérations, les altérations des glandes de Bartolini, les prurits

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de cause parasitaire ou toxique, les lésions traumatiques, etc.

Quand ces conditions morbides sont d*un degré marqué, elles donnent presque toujours lieu à des réflexes sur le système nerveux, même s'il n'y a pas dans Tindividu une tendance ou une prédisposition héréditaire. En dehors de la gravité de la lésion organique sexuelle, les réflexes psychiques peuvent se manifester graves et fréquents, lorsqu'on a affaire à des individus déjà atteints, pour une autre cause, de démences ou de maladies nerveuses ; dans ce cas, ils provoquent des exacerbations de l'état morbide antérieur, ou y ajoutent de nouvelles apparences morbides. Dans ces conditions, le délire préexistant prend même souvent une forme de nature sexuelle, ou bien des éréthismes se manifestent qui ne se seraient pas produits autrement. Ces réflexes psychiques de cause sexuelle organique sont souvent obstinés et ne disparaissent qu'avec la cause ; à la longue, ils donnent souvent lieu à des démences ou à des maladies nerveuses stables avec effet de dégénérescence sur l'esprit.

La forme clinique des réflexes psycho-sexuels organiques est très variée. Les manifestations hystériformes avec expressions morbides des formes motrices ou sensitives ont le plus souvent une origine ovarienne ; les altérations utérines causent le plus facilement des états mélancoliques ou maniaques. L'érotisme ne résulte pas fréquemment des altérations organiques sexuelles; pourtant, dans certaines maladies vaginales (parasites) éclatent souvent des érotismes violents (vaginisme). Dans les cas de fisiule vaginale, j ai souvent observé des états de mélancolie avec stupeur. Dans chaque ordre d^expressions nerveuses ou psychiques d'origine ovarienne ou utérine, l'intermittence et la variété symptomalique dominent. Les hallucinations visuelles sont fréquentes et, par-dessus tout, les altérations de l'esprit montrent la prédominance des actions involontaires, des incoordinations, et des mouvements émotionnels. La conservation de la conscience est le pouvoir qui résiste le plus.

Réflexes psycho-sexuels fonctionnels, — Ils peuvent être déterminés par l'action des altérations pathologiques communes dans les organes de la génération qui troublent la fonction elle-

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m(^me ; ils surgissent aussi, en oulre, comme effets de conditions générales du système nerveux et psychique.

A la base des réflexes fonctionnels psycho-sexuels qui sont des effets des conditions morbides dans lesquelles se développe la fonctionnalité généralive, et qui prennent la gravité et la nature de véritables phénomènes pathologiques, se trouvent des réflexes fonctionnels psycho-sexuels de légère intensité, qui jaillissent en tant que faits normaux dans des conditions non morbides de la fonction générative ou de la fonction psychique, comme de simples réflexes de la fonction elle-même sur le système nerveux. Ces réflexes peuvent seulement, comme cela arrive d'ordinaire^ être plus accentués chez les individus prédisposés, ou plus exposés, pour un motif quelconque, aux retentissements des diverses influences sur le svstème nerveux luimême.

En dehors des cas où \k puberté trouve de si graves difficultés à s'établir et où se produisent ces conditions qui engendrent les névropathies et les folies dont nous avons parlé, la pu* berté donne Heu ordinairement à des changements et à des troubles du caractère moral et des fonctions nerveuses dans chaque individu; ceci se produit surtout chez les individus prédisposés. La puberté est marquée par de légères tendances mélancoliques, par des impulsions, des tics, des tendances étranges, des perversions, des érotismes, et parce réveil spécial de la personnalité intellectuelle qui se dirige vers l'intérêt de la vie sociale. Elle donne lieu aussi à des érotismes souvent platoniques, assez souvent même matériels, qui atteignent jusqu'aux pratiques exagérées de Tonanisme et qui déterminent les chloroses et les neurasthénies.

hes périodes menstruelles sont égsi\emeni accompagnées d'ordinaire de soufl'rances nerveuses et d'altérations morales, môme légères et transitoires, qui se traduisent par des changements d'humeur, par une certaine irritabilité, par des névralgies ou bien par une disposition spéciale, positive ou négative, de l'intelligence, de la volonté et des sentiments. L'influence de la menstruation sur le système nerveux se trouve ensuite aussi évidente dans les étals de démence habituelle, où s'affirment lés exacerbalions des phénomènes morbides dans les périodes

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menstruelles elles-mêmes. Icard a fait un excellent résumé des observations faites à ce propos par de nombreux auteurs. C*est une chose qui, du reste, se trouve enregistrée dans tous les livres de pathologie. La grossesse, la fièvre puerpérale^ la lactation, en même temps qu'elles suivent leur cours normal, se reflètent dans des troubles marqués nerveux et psychiques, tellement que la loi, dans certains pays, a considéré avec beaucoup d'indulgence les actions délictueuses commises par les femmes se trouvant dans des conditions de grossesse et de fièvre puerpérale, de même que pour les époques menstruelles de la puberté et de Tàge critique. Nous avons parlé de ceci ailleurs, quand nous avons fait allusion à ces changements quelquefois trop accentués que produisent ces conditions dans le moral des malades, au point mr*me de provoquer des apparences hystériformes et des états moraux très proches de la folie, parmi lesquels on trouve le plus fréquemment des tendances à l'ascétisme, les velléités matrimoniales^ les expansions philanthropiques, etc. ; toutes choses de brève durée^ d'ordinaire, mais qui laissent aussi quelquefois de tristes conséquences.

Ces troubles nerveux et psychiques, consensuels, réflexes, des moments périodiques de la fonction génitale, de ses moments initiaux ou terminaux ou de ses moments en rapport avec les événements les plus graves et les plus fréquents de cette fonction, en dehors d'une morbidité quelconque, ces troubles sont généralement connus, et ils ont été résumés avec soin, sur les témoignages les plus autorisés, dans le travail dlcard [La femme pendant la période menstruelle. Paris, 4890).

Il ne faut pas non plus oublier que jusqu'à l'acte marital est accompagné de réflexes nervoso-psychiques, d'autant plus intenses que la sensibilité individuelle est plus grande et que le fait est plus nouveau. Voyez les émotions confinant quelquefois au délire et quelquefois suivies de véritables folies chez les nouvelles épousées; et dans certains cas assez fréquents les effets nerveux, se continuant un certain temps après le coït^chez des sujets présentant une excitabilité spéciale.

Même chez les hommes, jusqu'à un certain point, on trouve des réflexes nervoso-psychiques en rapport à des moments et à des faits plus marqués delà fonction sexuelle : puberté, sénilité.

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et coït passionné ou violent. Mais la ténuité des réflexes ne rvosopsychiques chez les hommes, eu égard à ce qui se passe chez les femmes, est en rapport avec ce fait, déjà cité plusieurs fois, que la fonction sexuelle du mâle est plus différenciée, plus isolée des autres fonctions de la personnalité morale et physique. Les rapports consensuels morbides et réflexes sont donc moins marqués. En outre^ chez Thomme, il n*y a pas les périodicités que Ton trouve chez la femme, les fonctionnalités qui lui sont spéciales et qui retentissent nécessairement sur tout l'organisme physique et moral; il n'y a pas non plus chez l'homme cette intensité de pudeur dont Toffense, chez les femmes, donne lieu à des réactions si marquées .

Outre ces moments de vie, ces périodes et ces états de la fonction sexuelle, il y a aussi d'autres cenditions, en dehors des conditions morbides qui chez la femme et chez Thomme donnent lieu à des réflexes de nature nervoso-psychique. Ce sont les excès de la fonction génitale, ou les excès d'abstinence, chez la femme et chez l'homme : on a d'abord des états neurasthéniques de fatigue, de faiblesse et de perversions; ensuite succède cet ensemble de malaises, expression de besoins non satisfaits et de surcharge d'énergie qui, chez les hommes, s'exprime quelquefois par Vivresse spermatique et chez la femme par ce que l'on pourrait nommer Vérotisme comprimé^ que d'autres appellent Vaura seminaiis. Ces deux états sont assez souvent des causes d'effets graves qui ressemblent à des folies et qui se produisent presque toujours chez des personnes obligées ou vouées à l'abstinence (religieux, marins, collégiens, etc.).

Le retentissement sur l'esprit et sur les fonctions nerveuses des moments les plus solennels des fonctions sexuelles trouve sa correspondante dans le retentissement sur les activités sexuelles des monients les plus accentués de la fonctionnalité psychique et nerveuse.

Folies réflexes sexuelles organiques. — Elles n'ont pas des différences initiales marquées avec les réflexes organiques psycho-sexuels. Elles se distinguent plus tard par leur continuité plus grande et surtout par l'intermittence, toujours moindre, des phénomènes morbides à mesure que la maladie dure

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davantage. La folie réflexe a aussi une tendance décisive à faire prévaloir le trouble psychique sur le trouble nerveux, à faire prévaloir une vague systématisation de l'étal afTectif ou des idées délirantes, dans lesquelles est souvent projetée la condition causale connue du délire : par exemple, la croyance d*étre enceinte^ d'avoir des rapports sexuels avec quelqu'un, avec le diable, etc. Bien que ces individus ne passent que rarement à la démence absolue, et bien que la personnalité physique conserve, au moins pour longtemps, cette apparence de jeunesse qui rend les démences sexuelles rétlexes si semblables à Thystérie, pourtant, à la longue, les malades atteints de démences réflexes inguérissables Finissent par revêtir les caractères de la dégénérescence régressive sénile précoce, au physique et au moral. Dans ces cas, il faut bien admettre ce que les aliénistes classiques voulaient étendre autrefois à toutes les formes de la folie : c'est-à-dire que les mêmes effets de la folie sont les facteurs de la désorganisation physique et que, à l'observation clinique et à la table anatomique, ils semblent être les causes de la maladie.

C'est seulement, à mon avis, parmi les formes de nature réflexe que se manifestent quelquefois des guérisons si tardives de la folie, comme celles qui furent spécialement étudiées par Raggi et par Ventra(l). C'est que, dans ce cas, le processus anatomo-pathologique n'étant pas primaire, n'est pas progressif, mais il est l'expression pure et simple d'altérations trophiques secondaires, qui, par conséquent, ne sont pas stationnaires et qui sont guérissables.

Ces folies sexuelles organiques réflexes sont produites par les mêmes altérations anatomiques de l'appareil sexuel, qui donnent lieu aux simples réflexes psycho-nerveux; ces altérations anatomiques sont peut-être, dans ce cas, plus graves et plus continues et agissent dans des conditions où la personnalité nervoso-psychique résiste moins. La raison de ces effets différents de conditions égales ou d'intensités diverses reste cachée dans l'ensemble inextricable de ces mécanismes par

I i ) / Manicom io Modemo , 1 894 .

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lesquels le système nerveux réagit bien ou se déséquilibre sous ^influence des causes les plus diverses.

Les moments favorables à la résolution de ces folies, même d'ancienne date, sont Tàge critique, le mariage, la grossesse, les chagrins violents, les événements graves, même dans la sanié physique, comme les vasies suppurations, les blessures, les traumatismes, les infections, etc., qui ont une action révulsive, violente ou prolongée.

Les folies organiques sexuelles réflexes montrent aussi leur faible condition dégénérative dans ce fait, que les personnes qui en sont atteintes sont moins infécondes que celles atteintes d'autres démences. Cela ne se manifeste que trop dans les naissances fréquentes d'enfants chez des personnes qui souffrent notoirement, à de brefs intervalles, de folies, et qui, continuant à vivre au sein de la société, augmentent les malheurs de leur famille sous la protection de Topinion générale et de celle des médecins qui les considèrent comme des nerveux ou des hystériques.

Folies réflexes et fonctionnelles. — Elles sont généralement connues sous le nom de folies menstruelles, folies de la grossesse^ de r accouchement, de la fièvre puerpérale^ de fallaitement. Elles ont une durée variée, car, tandis que d'ordinaire elles cessent avec les conditions qui les ont produites, elles se propagent quelquefois, deviennent stables^ et prennent, comme celles que nous venons d'étudier, la forme dégénérative. Elles se produisent sur la base d'une disposition générale de faiblesse nerveuse et psychique.

La forme de ces folies réflexes est, en général^ celle de Texallation, quelquefois de la dépression lypémaniaque, semblables aux vésanies organiques sexuelles réflexes.

La cause occasionnelle du développement de ces folies pourrait fort bien être une action irrégulière des fonctions sexuelles de la menstruation ou de la maternité, mais, au fond, on ne sait pas de quelles altérations on traite, car il n'y a aucune apparence" extérieure appréciable. Il faut plutôt croire que l'incitation aux désordres réflexes psychiques repose essentiellement sur la prédisposition des sujets, à qui les mo-

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menis de la fonction du sexe donneraient Toccasion de se manifester.

Avec sa récidive fréquente, liée à la répétition des opérations de la maternité, la forme de la folie réflexe tend toujours davantage à prendre les caractères de la dégénérescence ; c'està-dire qu'elle tend à l'organisation du délire ou des actes qui accompagnent la faiblesse mentale et nerveuse vers la décadence physique séniliforme. Dans ces folies, la tendance et le (iélire erotique sont des choses très rares; les tendances impulsives, les hallucinations et les perversions du goût et de lasensi-. bilité prévalent plus facilement. .

ObsessionS'psychO'Sexuel/es. — Je renvoie pour ce sujet aux publications spéciales de KrafFt-Ebing, de Moll, de Penta, de Gnicciardini, de Lombroso, de Morelli, etc. Ici, Télément qui se trouve le premier touché, c'est la vie psychique, bien que l'élément sexuel paraisse quelquefois être le seul atteint, en vif contraste avec la volonté qui fait fonction de modératrice. Pourtant, le fait que des obsessions psycho-sexuelles se produisent liées aux périodes de la puberté, de l'âge critique, des mens-, trustions, de la grossesse, de l'abstention forcée, vient appuyer cptte hypothèse que ces obsessions sont d'ordre sexuel primaire. Filles ont leur raison d'ôtre dans le fait que les besoins de la sexualité constituent la principale préoccupation des sujets faibles et neurasthéniques. Elles ont un mécanisme d'action hlcntique à celui de l'hystérie, car elles présentent des obsessions psycho-sexnelles avec, comme base, des auto-suggestions, et elles gravitent par des moyens analogues. Les obsessions psychosexuelles sont analogues aux autres obsessions religieuses, homicides, suicides, motrices, etc; l'élément sexuel est d'importance secondaire. C'est pourquoi je n'en parle pas en détail ici.

De même la folie onirique ^ dont tout récemment a parlé de Sanctis, est une obsession intellectuelle, sans correspondance nécessaire avec des faits sexuels.

Sénilités sexuelles, — La démonstration faite plus haut que les diverses formes de la folie primaire sont aussi souvent autant d'états de sénilité précoces, partielles ou diffuses, légères ou;

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graves^ de sorte que la série successive des maladies acquises de l'esprit n'est autre chose qu'une graduation, du partiel au général et du léger au grave, de la sénilité normale de Tesprit ; cette démonstration trouve aussi une correspondance parfaite dans les maladies acquises qui touchent directement la capacité sexuelle, de son extrémité la plus organique à la plus psychique. De même que le terme fixe de comparaison pour la démonstration de la nature sénile de la dégénérescence qui se trouve à la base des démences acquises, fut l'état de sénilité naturelle de rhomme dans toute Texlension de ses conditions physiques et morales, depuis ses débuts, jusqu'à ce qu'elles soient tombées dans la langueur finale, le terme de comparaison pour la démonstration de la nature sénile de la série des maladies sexuelles acquises sera la sénilité naturelle de la fonction sexuelle elle-même, signalée à ses débuts par des phénomènes tumultueux et pseudo-actifs de Tâge critique el, ensuite, par la cessation complète de la fonction dans tous les points de son activité. Car, plus que par des gradations de précoce décadence générale, la fonction sexuelle involue par des décadences partielles; de sorte que, cliniquement, il faut relever le contraste avec les activités qui résistent et qui évoluent jusqu'au terme naturel de leur énergie, il est donc plus utile d'étudier les sénilités sexuelles de la même façon que les immaturités, qui furent caractérisées dans les quatre éléments principaux de la fonction. Nous relèverons les sénilités séminales^ organiques, physiologiques et psychiques. Nous entendons parler de la prédominance de la sénilité de l'un ou de l'autre élément de la fonction et non à l'exclusion de tout autre que celui considéré. C'est un fait clinique évident que, à la décadence d'un élément, succède, plus tôt ou plus tard, par corrélation, par consensus physiologique, ou par conséquence morbide, la décadence d'un autre ou de tous, à un degré plus ou moins accentué.

Si pourtant, il peut y avoir une parfaite analogie de distinction entre les formes de l'immaturité sexuelle pathologique et celles de la sénilité sexuelle précoce, il manque une égale analogie entre le rapport que chacune possède avec les troubles de l'esprit ou du système nerveux qui lui sont consensuels. C'est-

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à-dire que si les altérations de Tesprildans les idioties sexuelles correspondent au défaut sexuel à un degré presque correspondant (dans les termes des rapports entre la sphère d'influence de la psychicité et celle de la fonction reproductive), dans les sénilités sexuelles cette correspondance est assez faible, elle est va^ue et à peine marquée. Ceci parce que dans les états analogues d'insuffisance de cféveloppement, cette relation entre la fonction reproductive et la fonction psychique demeure étroite; elle devient plus lard toujours moins accentuée, en raison de la ditTérencialion qui s'est produite dans l'individu par son émancipation des nécessités phylogénétiques. De là aussi ce fait évident, que sur la voie de cette émancipation se trouve en première ligne l'homme cultivé, laborieux, intellectuel, et ensuite plus près de l'enfance se trouve la femme bien femme, tranquille et simple. Dans la sénilité sexuelle les consensus psychiques les plus accentués s'observeront chez la femme, d'autant plus que son esprit sera moins isolé des fonctions de la sexualité.

La ^sénilité sexuelle séminale est créée chez la femme par cessation précoce de Tovulation, révélée par l'absence du processus menstruel ou son désordre. Ceci peut se produire comme fait secondaire dans des maladies de Tovaire et de Tutérus, dans des maladies consntutionnelles, dans des névropalhies dégénératives ou dans des psychopathies de même nature également concomitantes à une décadence générale involutive précoce. Chez les hommes Ja décadence séminale ou reproductive ne s'accompagne ftas nécessairement d*aspermie ; nous avons vu également comment le sperme peutexister chez les vieillardsdécrépitSi bien qu'ils soient inféconds, n'ayant aucun zoosperme ou seulement des zoospermes dégénérés. L'aspermie ou l'azoospermie acquises peuvent (^tre dues à beaucoup de causes : maladies du testicule, des conduits déférents, épuisement par fatigues morales, par abus sexuels, par onanisme, par empoisonnements chroniques de mercure, de morphine, d'alcool, de plomb, de phosphore, par des infections chroniques, des maladies du système nerveux général, etc.

Comme l'indique fort bien KrafTt-Ebing, l'infécondité ne fait pas cesser nécessairement les désirs sexuels, pas plusque la possibilité de la copulation. Cela est si vrai que des femmes demeu-

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rent sexuelles après l'âge critique ; certains vieillards ont des tendances libidineuses si violentes qu'elles les portent à des immoralités ou à des délits scandaleux; les eunuques, assez souvent, aiment le plaisir vénérien. Tout ceci pourtant est exceptionnel, tandis que la décadence précoce du pouvoir reproducteur conduit à la faiblesse du. pouvoir de copulation et du désir amoureux.

Le même processus qui rend Tinfécondité acquise (sénilité sexuelle séminale précoce) produit d'ordinaire deux sortes d'altérations : altérations de la nutrition générale, et altérations des fonctions nerveuses. Les femmes qui involuenl précocement vers la sénilité deviennent grasses et même obèses, ou bien elles perdent du poids, leurs chairs se flétrissent, vieillissent, se rident. La sénilité sexuelle précoce anticipe sur la sénilité physique générale. Le même fait bien que moins accentué se produit chez les hommes. En fait, les empoisonnements chroniques de mercure, de plomb, de morphine, d'alcool, de phosphore, les épuisements suite d'accès mentaux ou sexuels, le diabète, la syphilis, etc., s'accompagnent de troubles de la nutrition générale, de processus séniliformes de dégénérescence sur toute sorte de tissus. En d'autres cas (ablation des testicules) la nutrition peut subir une altération dans le sens de l'excès. Les troubles nerveux sont multiples et répondent à la nature dégénérative séniliforme delà cause qui les a engendrés.

Par la cessation précoce des menstrues, c'est-à-dire du processus d'ovulation, les femmes deviennent quelquefois aliénées (paralytiques) et d'ordinaire neurasthéniques, hystériques, bigotes, elles changent de caractère, deviennent irascibles, colères, querelleuses, exagérées et obscènes. C'est-à-dire qu'elles manifestent les phénomènes ordinaires de Tàge critique morbide.

Chez les hommes, les causes qui conduisent à l'aspermie ou à Tazoospermie engendrent comme conséquence ordinaire la neurasthénie, souvent la paralysie progressive, la perte de mémoire, la paresthésic, les désordres céphaliques de la circulation, et les maladies spinales ataxiques.

Les sénilités sexuelles organiques sont de deux sortes : les unes dues à des maladies spontanées des organes de l'appareil

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sexuel, qui causent Tincapacité ou la faiblesse naturelle pour les actes nécessaires à la copulation ou à la génération ; les autres., à des ablations artificielles d'organes ou de parties d'organes, qui provoquent le même effet que les maladies spontanées, soit par rapport aux fonctions sexuelles, soit dans les conséquences consensuelles sur la vie psychique et sur le système nerveux.

Parmi les premières, notons comme principales : les tumeurs de Futérusy les endométrites et les paramétrites chroniques, les étranglements cicatriciels du col de l'utérus, les fistules vaginales, les tumeurs vaginales ; ou bien Thydrocèle, le chancre de la verge, les tuméfactions graves de la prostate, les maladies chroniques de Turèthre, etc.

Par suite de ces maladies, on trouve la plupart du temps, chez les femmes qui en sont atteintes, des affections du système nerveux et une décadence sénile de Ténergie ; les femmes qui sont persuadées d'avoir des maladies incurables de l'appareil génital vieillissent précocement; chez les hommes, ces maladies causent souvent un tedwm viise qui est quelquefois cause de suicide.

Les amputations de la verge produisent, presque toujours^ un état mélancolique avec idées et tendances au suicide. J'en ai observé deux cas sur de jeunes mariés : l'un fut publié par Tebaldi (1). On en trouvera d'autres cas dans les livres de chirurgie. Un chirurgien anglais fut tué par un de ses malades qu'il avait amputé de la verge et qui devint ensuite lypémaniaque.

Il me semblait qu'un fait analogue devait se produire chez des femmes privées de Tutérus. Je pris des informations auprès d'un éminent gynécologue, le professeur Inverardi, de Padoue. A ma grande surprise, il me répondit qu'il ne croyait pas que cela se fût jamais produit ; c'est-à-dire que ni à des ablations d'ovaires, ni à des ablations de Tutérus ne succèdent des démences ou des états névropathiques. Certes, l'expérience du savant clinicien n'est pas à négliger, bien qu'il y ail des opinions contraires. Pourtant, il me semble qu'une autre de ses inf(»r-

(1) Larhirurgia nelle maiatiie mentale (Rivinta sperimentale di frenatria e medicina légale), 1879.

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mations me donne la raison de ces conséquences psychopathiques chez les femmes opérées d'ovariotomie et d*utérotomio.

Inverardi dit que lorsque les chirurgiens opèrent sur le vagin, ils ont l'habitude de laisser les choses de telle sorle que la copulation soit encore possible. De là la différence entre la femme opérée des ovaires ou de l'utérus et l'homme opéré de la verge ou des testicules. Celui-ci est non seulement infécond, mais inapte à l'amour sexuel; celle-là peut continuer ces relations. On comprend que la seule inaptitude à la maternité ne produise pas d'aussi graves affections.

L'ablation des testicules produit des effets graves sur le système nerveux, analogues dans leur ensemble à ceux qui marquent des altérations du type masculin ; ce sont donc des altérations physiques et morales qu'il est inutile d'énumérer. Il faut pourtant mentionner par-dessus tout le caractère timide, servile, des eunuques. Les chevaux châtrés deviennent peureux, moins résistants aux fatigues. Chez la femme l'ablation des ovaires produit aussi des altérations des caractères physiques et moraux du sexe (1).

Les sénilitffs sexuelles physiologiques sont plus fréquentes chez l'homme, qui est quelquefois atteint d'impuissance précoce.

Les causes qui l'engendrent d'ordinaire indiquent par ellesmêmes les altérations nerveuses et mentales qui l'accompagnent. Maladies de la moelle épinière, paralysies progressives, diabète, neurasthénie, épuisement nerveux et psychique, études prolongées, chagrins graves, empoisonnements chroniques.

L'impuissance, outre qu'elle retentit sur le système nerveux, par suite de la cause même qui la produit a par elle-mt^me une influence déprimante psychique, qui conduit quelquefois à rhypocondrie et au suicide. L'impuissance peut être considérée comme la démence de la sexualité; sa manie furieuse est le satyriasis, qui est également produit par des maladies de la moelle épinière, par les périodes initiales de la paralysie progressive ou par des empoisonnements aigus spéciaux (cantharides, phosphore^ alcool, etc.).

Le satyriasis passe ensuite à la faiblesse fonctionnelle el

(1) Malachia de Crigtoforis. Le malattie deUa donna. Milan, 1881.

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prélude à Tirapuissance chronique. C'est pourquoi il faut la ranger parmi les manifestations de la dégénérescence séniltforme, car^ cliez les vieillards et les déments séniles il y a souvent des excitations extraordinaires et intenses des besoins sexuels, par suite desquelles ils commettent des délits contre les bonnes mœurs. Ce sont des faits qui préludent à la disparition de Ténergie fonctionnelle elle-môme, feux de paille qui brûlent vite et s'éteignent. De façon correspondante, il y a quelquefois chez la femme de l'anesthésie acquise ou du vaginisme, qui sont aussi des expressions d'états pathologiques semblables à ceux de l'homme et qui s'accompagnent d'altérations mentales ou nerveuses analogues.

Les sénilités sexuel/es psychiques sont celles que l'on pourrait plus précisément appeler sénilités de iamour^ car elles affectent la fonction sexuelle dans son extrémité la moins matérielle. L*étude de ces sénilités ne pourrait être faite ici, où nous parlons des maladies qui atfectent directement la fonction sexuelle. Dans cette partie extrême de la fonction sexuelle ne se trouvent pas seulement le désir, le plaisir, l'appréciation morale des rapports sexuels, mais aussi tout ce qui sert à ce but de procurer, de rendre purs et sains ces rapports sexuels et de les conserver à l'individu. Dans les sénilités sexuelles psychiques il faudrait donc aussi étudier les décadences des aptitudes à la séduction et aussi celles des sentiments et des idées connexes à ramour,qui lui servent de moyens protecteurs, comme la pudeur, l'honneur, la jalousie, la fidélité. Cette étude sera reprise plus tard après que j'aurai analysé les décadences des aptitudes à la séduction, les altérations des sentiments et des idées de pudeur, d'honneur, de jalousie, de fidélité. Alors aussi trouveront leur place d'étude les intéressantes folies qui sont la nymphomanie, les érotomanies, et les délires mêlés érotico-religieux. En parler ici, outre que ce serait en parler incomplètement, serait aussi ne pas les Faire considérer dans leur signification et nous ne pourrions mettre en évidence la «légénérescence spéciale biologique et sociale dont ils sont le produit et l'indication.

Monstruosités sexuelles, — Il y a des façons d*exprimer les besoins amoureux, ou de leur donner satisfaction, qui représen-

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tent autant de monstruosités de Tamour, ayant une nature antibiologique et antisociale ; d'autres encore sont des façoos d*ainier qui ne correspondent pas aux exigences pratiques et habituelles de la fonction reproductive dans la société et dans le temps historique actuel, mais qui présagent des évolutions et des divergences dans les modes et dans les buts delà fonction elle-même.

Ces monstruosités de l'amour trouvent à peu près leurs correspondantes dans la pathologie de l'esprit, dans les épilepsies, dans rhystérie, dans les états caractéristiques majeurs, c'està-dire dans les immoralités, dans la délinqnence et dans le génie. Le retentissement qui a lieu dans le champ sexuel de la monstruosité de Tesprit trouve aussi une correspondance en autant de retentissements du domaine mental, dans les monstruosités de la fonction amoureuse.

J'étudierai en un ensemble les monstruosités de Tamour dans sa forme complexe, monstruosités que, par analogies à celles de l'esprit, on pourrait appeler délinquence sexuelle.

Tout mode d'activité de la fonction de la sexualité qui ne répondrait pas aux buts de la reproduction de l'espèce, sans que ces modes d'activité soient produits par l'état d'insuffisance ou de sénilité naturelle de Tinilividu, serait de la délinquence sexuelle.

On peut voir, dans chacune des monstruosités sexuelles qui constituent la délinquence, l'action de l'anomalie ou de l'insuffisance de développement partiel de la fonction, celle de la corruption sociale (réflexion du milieu ambiant), de l'atavisme, de la sénilité précoce et celle de la tendance naturelle destructive comme dans la délinquence ordinaire.

Voyons les formes de la monstruosité sexuelle en rapport avec ces conditions dégénératives, et les anomalies de Tesprit dont chacune d'entre elles est accompagnée.

Sont délinquences sexuelles, par suite d'arrrt ou d'anomalie de développement de la fonction : Vonanisme tardif, Yinversion sexuelle, et V exhibitionnisme. Ceux qui restent onanistes à l'âge adulte sont d'ordinaire, je l'ai dit ailleurs, des simples d'esprit, soit qu'ils en soient arrivés là par suite d'un arrêt de développement corrélatif à celui de Tintelligence, soit par suite d'un effet

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secondaire à uae éducation viciée et contrainte. Les invertis et les exhibitionnistes sont toujours des dégénérés, le plus souvent simples d'esprit, souvent aussi épiiepliques et quelquefois hystériques. Lombroso considère les invertis comme des individus arrêtés sur la voie du développement de l'idée amoureuse.

Les délinquences sexuelles par corruption sociale (retentissement du milieu ambiant) sont celles engendrées par la corruption des mœurs publiques, ou par une particulière dépravation morale de l'individu : fellaiiones, irrumationes , pederastiiie^ incestes, amours sur les enfants, bestialité. Ceux qui aiment de cette façon ont aussi des âmes corrompues. Cette perversion, outre qu'elle est d'un mauvais exemple, est causée souvent par un défaut de développement moral, par suite duquel le caractère et toute sorte de sentiment social et humain disparaissent. Ces amours sont fréquents dans les prisons, dans les bas-fonds des cités populeuses, dans les lupanars, et sont quelquefois produits par une longue et solitaire oisiveté; ils se produisent le plus souvent chez des individus dégénérés par des excès d'alcool ou de débauches, démoralisés par l'abus immodéré d'autres substances enivrantes (opium, chanvre indien, éther, etc.).

Les actes sexuels normaux, stimulés par une fiction de lutte, et quelquefois aussi stimulés et accompagnés par la douleur, le sang chez soi-même ou chez la femme qui les subit, pourraient bien être des délinquences sexuelles ataviques. Ce seraient certains de ces amours que Kraiït-Ebing appelle ynasochisme et sadisme, atito-sadiswe et auto-masochisme, et ceux où l'acte sexuel est provoqué ou accompagné de flagellations, de morsures, etc. Ces amours se trouvent chez des dégénérés héréditaires et souvent chez dos épileptiques, souvent aussi chez des vieillards où le stimulus sexuel se galvanise par le jeu des affinités physiologiques entre la douleur et le plaisir et par l'action antithétique des sentiments de dégoût et de répugnance. Aux séniles sont plus propres, d'ailleurs, les délinquences sexuelles causées par la pédérastie, par le viol sur les enfants, par l'inceste et aussi par Texhibitionnismc : modes d'actes sexuels qui sont aussi communs à la classe des dégénérés par arrêt de développement, en rapport avec ce fait connu que les vieil-

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lards dans leurs régrressions révèlent do grandes analogies avec les enfants.

Les délinquances sexuelles, qui sont des expressions de délinquence que je trouve être, chez certains individus, une tendance congénitale de Tespèce à la destruction de Tespèce (dégénérescence destructive), sont toutes ces anomalies de la sexualité causées par l'inversion de Tinslinct sexuel qui donne lieu aux tirninges et aux trihades instinctifs; et par ces perversions de rinstinct sexuel par lesquelles le stimulus est perverti au point de donner lieu à ces amours monstrueux ou cruels : viols sur les cadavres ou sur les statues, expansions libidineuses accompagnées de sévices, assassinats, éventrement delà victime, dont on a, dans la littérature, les exemples de Verzeni, de Jack TÉventreur, de Vacher, et d'un certain nombre d'empereurs romains. Ces obscénités et ces cruautés agissent sur rindividu comme de véritables équivalents du coït.

Ceux qui commettent ces délits sexuels, dont le résultat évident est non seulement la monstruosité de l'acte sexuel luimême, mais aussi le manque de continuation de l'espèce, sont les champions de la dégénérescence humaine, quoiqu'ils montrent même assez souvent une capacité intellectuelle oi'Jinaire ou supérieure. Ce sont des dégénérés du sentiment et de rinstinct. Cette dégénérescence morale s'accompagne d'ordinaire aussi d'altérations physiques analogues : les urninges ont un aspect physique féminin^ les tribades, un aspect physique masculin, les nécrophiles et les sanguinaires montrent les manifestations les plus marquées du criminel-né.

Y a-t-il une génialité de ramour?Ellene pourrait exister que chez ceux qui usent de la fonction sexuelle dans le but pur et simple de la continuation de la famille et qui ne retirent du plaisir sexuel que les impressions de TafTection et du sentiment élevé de l'humanité, de telle sorte que la femme arrive à la hauteur de la dignité humaine et devienne Tin^^piratrice des sentiments de bonté, d'altruisme et de civilisation. Les amours des poètes, lorsqu'ils ne négligent pas les intérêts de la vie de Tespèce, pourraient être ceux de la société dans son avenir de civilisation meilleure. Si nous voulons en voir les présages dans la littérature actuelle, il pourrait peut-être se faire que

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Tolstoï fût le prophète de Tavenir (La Sonate à Kreutzer). Il n'y a aucun doute pourtant que la femme doive avoir une fonction plus digne que celle d'être, en trop grande partie, comme aujourd'hui, un instrument de plaisir sexuel; et que la famille ne soit plus perpétuée seulement par une raison accidentelle ou libidineuse de Tamour.

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