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COBRESPONDAHCE DE GEOBGE SAND 155 théâtres ou chez les auteurs dramatiijues en s'ofTrant pour jouer les premiers rôles ! On les essayait dans le; derniers emplois, ils ne savaient pas dire trois mots. Voilà le métier ridicule des prétendants, n'en soyez jamais, vous, mon prince philosophe et intelli;,'enl.
Hais je n'ai pas hesoin de vous en prier. Tous ne donnerez jaimais dans les godants du manifeste hypocrite ou nair. Henri V est le plus honnête d'entre eux, il casse les litres : mais aussi il est le plus naU.
République, société française, organisation nationale, peu m'importe le nom, mais point de maître, pas de droit divin^ pas d'hérédité dynastique, voilà ce que veulent tous ceux qui ne sont ni ambitieux, ni fous. El il y en a encore pas mal, soyez-en certain; ceux qui s'emparent du pouvoir par surprise sont toujours en minorité. Ils peuvent l'emporter k un moment donné, ils ne peuvent pas durer, on ne leur pardonne jamais l'usurpation du pouvoir; on ne la pardoimerait pas plus à M. Thiers qu'à un autre, malgré sa grande iniluence du momenl.
Voilà, mon cher et ^and ami, ce que je réponds à votre question en toute liberté et saule de conscience. N.aioieaaol dev«z-vnu3 venir eu France? Qui, ceriaia«meal, si la république s'y consolide et si vous jugei qu'elle mérita voira adbésion comme autrefois. Tour leraainenl, je ne sus s'il vous plairait d'y voir faire U euisiao tl si les marmilojisne vous enverraient pas des éclaboussures. On vous accusera de conspirer, cela est inévitable, et, pour répondre, vous serez forcé de
156 CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND Eouteair des polémiqnes désagréables. Le journalisme n'est pas toujours biea élefé et loyal. Je n'aimerais pas à vous voir dans cette bagarre. Ce n'est guère le moment de revoir la France ; moi, je ne veux pas voir Paris. On y remue pële-mâle de l'or et de la vidange. Je n'ai pas quitté Nohant, je ne le quitterai pas cette anoée. J'aime mieux l'ombrage de mes tilleuls et la possession de moi-même, de mon jngement, de ma liberté et de ma dignité. Ceux qui vont à Paris, et qui ont du cœur, ne décolèrent pas ; que voulez-vous I on liquide tout, de la cave au grenier.
Bonsoir, mon grand ami ; ma famille vous envoie ses vœux et son affection. Je vous embrasse de tout cœur.
A H. CHARLES-EDUOND, A PARIS
Rohant, 18 mit tSII.
Cher ami.
Je vous renvoie l'épreuve reçue ce matin*. Je voas supplie de mettre beaucoup d'exigence à ce que l'on observe ma ponctuation, sans laquelle mon stjle (par sa nature et je ne sais pourquoi) est tout à fait incompréhensible. Je corrige donc avec beaucoup de soin;
1. Ëpreuva du premier reuilleton de> Imprettitm* et Sawemn qui fureol publié* dani le Ttmpi.
CORRESPONDANCE DE CEORGE SAND 15T mais, dans la plupart des journsui, od n'en tient pas compte, j'espère que le Temps est plus coasciencieax, etj'avoue être très sensible k une virgule qui déiislure une idée. II ; a, À la Revue, des pédants obstinés à leur méthode de ponctuation, qui est mauvaise, illogique, absolue, béte par conséquent. Cela m'a fait damner. Si je retrouvais chez tous, la liberté et la responsabilité personnelle, non seulement de ma manière de voir et de sentir, mais aussi de ma ponctuation, qui est une partie essentielle de ma forme, je m'en réjouirais beaucoup. — Cela me faitpenser qu'un feuilleton sur la ponctuation comme je la comprends ne serait pas ennuyeux et aurait son utilité : qu'en dites-vous?
J'ai écrit à H. Hébrard pour accepter l'offre dont vous avez bien voulu être l'intermédiaire, me réservant de vous dire, au bout d'une année, si je me trouve vraiment dans les mêmes conditions qu'à la Revue. Ma belle-tille, qui sait calculer et que je consulte, me dit qu'elle croit que j'aurar plus de travail pour atteindre à la même somme. Nous verrons s'il y a une différence qui vaille la peine que je vous la signale. Quant à présent, marchons.
M. Hébrard me dit que vous ne saviez pas que )e roman de M. Hector Halot devait passer après celui de Maurice, c'est-à-dire avant moi. Il faut le laisser passer. Je ne veux prendre la place de personne. Si j'ai plus de travail que je n'en peux écouler au Temps, je pense que j'aurai quelque chose à donner
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