C'etl-i-dtre «on M« arliete pour le Tempt
COHRESl-OnDAflCE bB GEORCE SAHD 263 siège et de ta Commnne; qOe, sans la subvention, il serait radicalement perdu. Il doit y avoir du vrai, et jeoeveaxpastourtnenter Dnquesnel.quiaété malade et doit être soucieux. Hais entin je voudrais être mise nn peu au courant et je ne puis l'être que par vous, qui me direz toujours la vérité.
Ne laissez pas La Qtiinttnie tomber dans lamain des généraux. Je crois, eb la relisant, que nous nous étions trompés, et que le iUôment n'est paâ bon, peiit-étt'e pas possible, pour une pièce qui touche au vif de la question pendante. Pourtant Ce serait bien le moment de dire tout ce que dit la pièce, mais pas sur un théâtre, où les spectateurs apportent leur passion. Mon avis, que je vous soumets ainsi qu'à Duquesnel, serait de publier la pièce chez Lévy ; la lecture n'offrirait pas le danger de la scène : le lecteur est plus réDéchi et plus équitable que l'auditeur. La pièce serait jugée par le public, et, si elle était trouvée bonne, il n'est pas dit que, plus tard, on ne puisse pas la jouer avec succès et sans danger.
En ce moment, elle soulèverait des tempêtes et je ne suis pas d'avis de mettre des bâtons dans les roues du fihar de l'Etal, qui nam'^ue, comme dit H. Prudhomme, sur un volcan.
Dites-moi où TOUS en étés, vous ; sans doute vous faites comme moi, vous mettez de cAté votre personnalité et vous prenez paliejice. Mais il faut que je vous gronde. Pourquoi ne publiez-vous pas quelque Iravail, TOUS qui travaillez toujours? Votre vie est peut être
H4 CORftESPOHOÀNCE DE GEORGE SAKD dévorée par les allées et Teanes, les conversations, les irrésolulions, les évolutions sans nombre et inévitables des choses de théâtre. Je suis venue compliquer vos ennuis et vos fatig^ues, et pourtant je voudrais les alléger. C'est mon vif désir quand je vous parle de publier La Quintinie avec une préface qui expliquerail bien ma pensée etmou désintéressement personnel quant au danger de la représentation; autrement, ou dira ou que la pièce est mauvaise, ou que Duquesnel est poltron, ou que le gouvernement fait de la tyrannie, et que je suis une victime, toutes choses qui ne sont pas vraies et que je n'aime pas i laisser croire.
Nous comptons sur vous pour Noël. Il vous faut quelques jours de repos et d'oubli. Vrai, venez pour que je commence l'année en famille complète.
G. SAHD.
DCCCLXXXII
A M. JULBS GLAHBTIB, A PAftlS
Kohint. 6 ddMDibn mi.
Cher confrère.
J'ai trop lardé à vous envoyer ces pauvres pages. Je suis liée par un travail courant qui était en retard aussi; — et, vous le voyez, j'ai eu à faire un elTort immense, je le dis à vous; — il faut me pardonner.
Je n'ai pas pris mon parti sur cette cession de nos
CORHESPONDANCK DE GEOllGE SAKD £65
provinces : J'en pleure encore comme au premier jour, je ne veux pas qu'on m'en parle. Vous me demandez des pages émues; c'est justement quand je suis trop émue queje ne dis rien qui vaille. Je n'y peux rien. J'ai plus de peine qu'on ne croit à rester calme, et îl faut que nous le soyons ! affaire de décence et de tenue devant l'ennemi. Malgré moi, je suis indignée de ce qui se passe en ce moment, et j'ai peut-être eu tort de le dire dans ces pages où il ne faut froisser personne. Si vous pensez qu'il y ait quelques mots à Ater, tous me le direz, et je rayerai sor l'épreuve que vous voudrez bien me faire envoyer.
Veuillez aussi dire à nos confrères du Comité que, tout en étant tourmentée de leur insistance, j'en ai été touchée el reconnaissante.
A vous de cœur,
A H. CHARIGS-BDHOND, A PARIS
La pièce est dure, comme vous me le disies*. Elle t dû Aire très difficile h jouer à l'Odéon ; car un drame si
t. Le FanlrfmerMe, proverbe de Charlei-Edmond, repr<Mi)t£ h rOd<:OD, lo 6 décembre 1ST9.
^66 CORHESPONUANCK DE GEOEICE SAND noir a besoin de spectacle et d'elTet. Le style est étrange â la lecture, tellement condensé, qu'il semble obscur. Au théâtre, ce déraut doit devenir une qualité. La fièce est admirablement agencée, saisissante d'uo bout k l'autre et empreinte d'une force qui vous est ipropre, qui a du slave, el qui tous Tera gagner d'autres batailles. Voilà l'avis des trois Sand, mère, fils et belle-lille, dit brutalement et sincèrement.
Après cette lecture, on se sent non pas tendre, mais ■vivement impressionné et je suis sûre qu'à la représentation, on est bouleversé. Je comprends les résistances de l'idyllique public de l'Odéon; mais la pièce se défend, car elle est très ingénieuse dans son obstination et admirablement bien faite.
J'écris à Plauchut de vous enlever pour NoSl, et de profiter des facilités du voyage à plusieurs. Notre voiture ira TOUS chercher à Chàteauroux.
A vous de cœur, cher ami.
DCCCLXXXIV
A GUSTAVE FLAUBERT, A CROISSET Nobut. 8 Sécembn iSJî.
Eh bien, alors, si tu es dans l'Idéal de la chose, si tu as un livre d'avenir danâ la pensée, si tu accomplis
CORHËSPOHDANCE DE GEORGE SAND tSI une tâche de confiance et de conviction, plus de colëre et plus de tristesse, soyons logiques.
Je suis arrivée, moi, à un état philosophique tl'nne sérénité très satisfaisante et je n'ai rien surfait en te disant que toutes les misères qu'on peut me faire, on toute l'indifférence qu'on peut me témoigner, ne me touclient réellement plus et ne m'empêchent pas, non seulement d'être heureuse en dehors de la littérature, mais encore tl'èlre littéraire avec plaisir et de travailler avec joie.
Tu as été content de mes deux romans? Je suis payée. Je crois qu'ils sont bien, et le silence qui a envahi ma vie (il faut dire que je l'ai cherché) est plein d'une honne voix qui me parle et me suffit. Je n'ai pas monté aussi haut que toi dans mon ambition . Tu veus écrire pour les temps. Moi, je crois que, dans cinquante ans, je serai parfaitement oubliée et peut-être durement méconnue. C'est la loi des choses qui ne sont pas de premier ordre, et je ne me suis jamais crue de premier ordre. Mon idée a été plutôt d'agir sur mes contemporains, ne fut-ce que sur quelques-uns, et de leur faire partager mon idéal de douceur et de poésie. J'ai atteint ce but jusqu'à un certain point, j'ai fait du moins ponr cela tout mon possible,je le fais encore, et ma récompense est d'en approcher toujours un peu plus.
Voilà pour moi ; mais, pour toi, le but est plus vaste, Je ?e vois bien, et le succès plus lointain. Alors tu devrais te mettre plus d'accord avec loi en étant encore plus calme et plus content que moi-même. Tes colères
tes CORRESPONDiNGE DE CEOItCE SINO
d'uD momenl sont bonnes. Elles sont le résullat d'un lempéramenl généreni, et, comme elles ne sont ni méchantes ni haineuses, je les aime; mais ta tristesse, tes semaines de spleen, je ne les comprends pas et je le les reproche. J'ai cru, je crois encore de ta part à trop d'isolement, à trop de détachement des liens de la vie. Tu as de puissantes raisons pour me répondre, si puissantes, qu'elles devraient te donner la victoire.
Fouille-loi et réponds-moi, ne fût-ce que pour dissiper les craintes que j'ai souvent sur ton compte, je ne veux pas que tu te consumes. Tu as cinquante ans, tomme mon fils, ou à peu près. Il est dans la force de r&ge, dans son meilleur développement, toi de même, si tu ne chaulTes pas trop ie four aux idées. Pourquoi dis-tu souvent que tu voudrais élre mort ? Tu ne crois donc pas à ton œuvre? ta te laisses donc influencer par ceci ou cela des choses présentes? C'est possible, nous ne sommes pas des dieux, el quelque chose de faible et d'inconséquent trouble parfois notre théodicëe. Mais la victoire devient chaque jour plus facile quand on est silr d'aimer la logique et la vérité. Elle arrive même à prévenir, t vaincre d'avance les sujets d'humeur, de dépit ou de découragement.
Tout cela me parait facile, quand il s'agit de la gouverne de nous-mêmes : les sujets de grande tristesse sont ailleurs, dans le spectacle de l'histoire qui se déroule autour de nous; cette lutte éternelle de la barbarie contre la civilisation est d'une grande amertume pour ceux qui ont dépouillé l'élément barbare et qui
COBRESPONDANCS DE GEORGE SAND 109 se trouvent en avant de leur époque. Mais, dans cette grande douleur, dans ces secrètes colères, il y a un grand stimnUnt qui justement nous relève, en nous inspirant le besoin de réagir. Sans cela, je confesse que, pour mon compte, j'abandonnerais tout.
J'ai eu assez de compliments dans ma vie, du temps où l'on s'occupait de littérature. Je les ai toujours redoutés quand ils me venaient des inconnus; ils me faisaient douter de moi. De rargent,j'en ai gagné de quoi me faire riche. Si je ne le suis pas, c'est que je n'ai pas tenu à l'être ; j'ai assez de ce que Lév; fait pour moi. Ce que j'aimerais, ce serait de me livrer absolument à la botanique, ce serait pour moi le Paradis sur la terre. Mais il ne faut pas, cela ne servirait qu'àmoi,et, silechagrineslbonà quelque chose, c'est ànous défendre derégoîsme;donc, ilnefaut pas maudire ni mépriser la vie. Il ne faut pas l'user volontairement; tu es épris de la justice, commence par être juste envers toi-même, tu te dois de te conserver et de te développer.
Écoute-moi : je t'aime tendrement, je pense & toi tous les jours et à tout propos : en travaillant, je pense à toi. J'ai conquis certains biens intellectuels que tu mérites mieux que moi et dont tu dois faire un plus long usage. Pense aussi que mon esprit est souvent près du tien et qu'il te veut une longue vie et une inspiration féconde en jouissances vraies.
Tu promets de venir; c'est joie et fête pour mon cœur et dans la famille.
STO CORTtBSPOnOANCE DE GSORGE 8AND
DCCCLXXXV
AH. CHAllLeS EDVOHD, A PARIS
Nohut. Il ddcemhn tSTt.
Cbw ami,
Je ne Vous ai pas dit lout de suite que j'étais heureuse du succès de votre gentil PtmVOme,Yaa^ le saviez t)ieii, et, qaant aux trois lignes de ma collaboration, n'en imrleE donc à personne '.
C'est comme si j'avais mis une épingle il la coifTurt 4'Kne dame-, ou comme û j'avais recousu un bouton  votre mancbelte.
Noue altendronsdonc, pour Lf) Qutnttnts, des temps meilleurs ou plus explicites ; car on ne sait où l'on va. ' Tâchez que l'on songe à Mauprat. — Bien ! je m'aperçois que Lolo a pris la raoilié de mon papier pendant ■que j'avais le dos tourné, et qu'eHe n'avait pas les mnîns bien propres ! C'est Lolo, il Tant tout pardonner. Slle est dans une rage de mythologie, elle coupe et colle des casqnes de papier, ponr faire de sa poupée «ne Minerve; elle sait tous les dieux de l'Olympe sur le bout de son doigt et pourrait vous raconter Vïliade. En revanche, elle n'aime pas la Bible et déclare que
i. Le Fantôme rote.
COnRESI>'0'!fDiNCE DE GE'O'RGE ^iMO 'V\
JflioTfah est très mAcliant et très "bête. ïî'aM;-éHe pas
Elle compte snr vons à MOél et tous écrira pour vous le dire ; moi, je vousie répète, et je serai fâchée si tous ne veneï pas. )e toÎs que vous êtes totit ennuyé et tout navré. Il Taut secouer et oublier pendant quelques jours. Au revoir donc, cher ami. Tontes les tendresses de chez nous.
La combinaison de Taire jouer à l'étranger avant Paris ne me sourît pas. Dieu sait quelles coupures bêles on Cerait, et comment ce serait joué! Je crains d'avoir, pour peu d'argent, beaucoup de désa|;réments.
► DCCCLXXXVI
A M. CHARLES PONCV, A TOULON
Nohinl, S jamiw 1873.
Cher enfant.
Merci de vos jolis vers et de voire bon souvenir. Je vois que Charlotte est maintenant le soleil qui luit pour TOUS. Je le savais, que l'arrivée d'un petit ange dans votre maison vous ferait enfin comprendre qu'il faut marier ses enfants pour leur bonheur et pour le nôtre.
Ici, tout va bien. Après beaucoup de pluie, Dousavons nn temps magnifique presque tous les jours, un vrai printemps. Les fleurs s'y trompent et s'ouvrent avant leur saison. Vous me direz qu'elles le payeront cher. C'est possible; mais il ne faut pas mépriser les dons dn présent par crainte de l'avenir.
Certes, la politique nous promet encore bien des déceptions et des désastres. Hais qui sait s'il ne sortira pas une vérité de tous ces conflits ?
Nospelitesgrandissent: Aurore estdéjànae personne et une société charmanles. Elle accapare toute mon existence k son profit, et c'est lu mon bonheur le plus soutenu et le plus intense.
Solange nous est arrivée en plein NoSl. Elle nous dît que votre Charlotte est ravissante. Maurice Fait mille folies pour amuser ses filles, qui l'adorent; ce qui ne l'empéche pas de piocher toujours comme un nègre l'histoire naturelle. Liiia est toujours la perle de la maison. Toutes les qualités et toutes les grâces!
Moi, je me porte bien, et vieillis sans trop de fatigue.
Je vous souhaite toutes les joies de notre foyer, pour celte année et pour les autres.
Mille tendresses à la jeune mère et un baiser i l'enfant.
COURESPONDAHCE DE CEOROE SAND
DCCCLXXXVII
A KADAUE EDMOND ADAU, AtJ GOLFE IOUAM
Chère Jnliette, merci pour le bel envoi arriv Iiier, merci de la part de tous et des petites fiUea aussi. Lolo voudrait bien vous écrire, mais elle ne fait que s'y remettre : elle allait trop vile et mal. C'est une bonne nature ardente, qu'il faut retenir et non
Je pense qu'Adam est près de vous. Priez-le, pour moi, de s'occuper de la bonne œuvre menée à bien par vous et par lui, dès qu'il sera de retour k sa géhenne parlementaire. Vous avez, je pense, à présent un temps délicieux. Ici, où nous n'avons pas de brise, il fait presque trop chaud dans le jour. La terre est Jonchée de marguerites et de violettes.
Le jour de l'an s'est passé en fêtes, déguisements, danses et souper: qu'il eût été doux et gentil de vous avoir là ! Hais vous avez vos fêtes de famille Ik-bas, avec les rêves dorés que nos Cites sont loin de faire encore. Verrai-je ces beaux jours pour elles? Il faudrait vivre encore douze ou quinze ans et c'est beaucoup. Il faut bien du courage pour vouloir aller si loin et voir encore au dehors tant de choses tristes.
IM CORltESPONDANCE D£ CKOHCIf SAHD toujours les mêmes ! — Ne nous plaignons pas, nous qui avons du moins le bonheur dans le nid. Hais comme le pauvre arbre est secoué !
Je vous ombrasse tous, et tonte la famille se joint à moi pour vous dire un bon an bien tendre et dévoué.
DqCUJLXXX^IIt
Nohinl, 4 juTicr ISn.
Il ne faut paa que cette année qui cainmanAa^ vous emporte, comme, voiv le reilouipx. Jina, le^fune^aimantes siarvivAnti à tout et aupportoot UhiX; elle». aciiéveoLsur la terre l'esistenAe d» loues amis partis avant ejUos; eUea les •}■ font vivre encore dans leur culte et dans leufls souvenirs. Ne devançons point l'IuureoA il pl8irA.à.Diifiu de aou^ réunie à. ce que n9mavoQïainé;eta|ocs nous IfuisHrmi8,.nDus. aussi, quelque chpjie da.noua dans Isa «buis qui nous au,ra;it'.été d^vosés. On. ne toewt pas tout entier surla ttiixe et. poui4ant oa vit plus pleifiemant ailleurs. U ïil^l a nij vesgeances ni sii|iplicea, il rCj. a. que justice. e|>boaté daoAlff GoiadfiOieu*.oiïnouB'«x>istmuns,éler-
CORRESPONDANCE DE GEOAGE SilfU ST»
nellemenl sous quelque forme et à quelque titre que ce soit. Cela, nous l'igoorons, et c'est cette ignorance du sort qu'il nous réserve qui fait la douceur ef 1». mérite de notre confiance en lui ; ne seront damné^ croyez le bieu, que ceux qui auront cru à la damnation ; mais cette damnation, qae nous rèTOBS élermli»' et terrible, ne saurait être qu'une nouvelle épreuve supportable et passagère. Dieu n'existe pas, ou^ il est bon: toute religion, ijui a'abftulit pas à la conflance, nous enseigne la peur dff Dien» c'est-à-dirs la hain» du Trai.
Je vous dis ma religion, qui me rend.beureiue,etje voudrais qne vous fussiez calme et. beureuse aussi ; car vous içéritez de l'ôtre., en d^pU dç tovJes, vos d^ur l«nrs.
Crojei q^neje m'y intéresse vivement el.qHe.je vouçsois dévouée de cœui;.
DCCCLXXXIX
EDUB SIH-OHNer, A PARIS
HohiBt, ISjanTÎei 1878.
Mon cher mignon,.
Xe voilà, donc exilé décidément? Espérons qne c'est ponr peu de temp» et que tu reviendras; c&i* il
ne CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND
n'est pas aisé de s'habituer à ne plus voir soa pelit Edme. Ta vieille tante en a le cœur plus gros qu'on ne pense et qu'elle ne veut le dire. Ta mère et les frères n'ont pas besoin d'élre aidés & souffrir de ton absence. Enfin, mon pauvre petit, il faut toujours voir en beau -, car, si l'on voit en laid, c'est qu'on est laid soi-même, ou qu'on se sent porté ii le devenir. II est cruel de se trouver seul à ton Âge el d'entrer dans l'inconnu brusquement, au sortir d'une si bonne vie de famille. Hais c'est une épreuve qu'il faut subir lAt ou tard, et dont un être aimant el intelligent, comme toi, doit savoir tirer boa parti. On est forcé de secouer l'indolence que donne le bien-ëlre et l'aide continuelle des autres. Ou se recueille, on fait pour la première fois sérieuse connaissance avec soi-même. On se demande ce que l'on fera de son temps et de sa volonté. Il n'y a que les sots ou les êtres mal organisés qui se trouvent embarrassés. On peut tout apprendre à ton &ge. Apprends donc tout ce que tu pourras et n'imporle quoi. Tout ce qu'on ne sait pas est utile à savoir et nous ouvre d'autant l'horizon. Rappelle-toi bien que voir loin el clair, c'est tout le but de la vie. Quand le champ de la vision est étendu, il n'y a plus de (rouble dans le cœur : on va au vrai et au bien avec une facilité incroyable. On n'esl plus contrarié par aucun devoir, fatigué par aucun effort de volonté, abattu par aucune épreuve.
Tu sais que tu m'as promis de m'écrire 1res souvent, de me rendre compte de tout ce qui t'arrivera; rien
CORRESPONDANCE DE GSOIIGE SAHD iTl n'est insignifiant quand on veut s'expliquer loul. Dismoi tes occupations, tes relations. Si tu faisais des bêtises, — ce que je ne croîs pas, — c'est à moi qu'il faudrait les dire. Je t'en garderais le secret et je t'aiderais à sortir d'embarras.
Je compte aller k Paris dans peu de jours. Dès que j'y serai, je t'avertirai el je pense qu'il te sera facile de venir me voir.
Nous te bigetis teus & mort, et nous le regrettons.
A UADAHB LBBARBIBR DE TINAN'
Kstiiil, n Un\tt m».
Eh bien, chère amie, d'après ce que vous me dites et la joie qu'en ressent votre fille, j'ai lieu, ce mt semble, de vous faire compliment de ce mariage et de vous féliciter. Vous savez que ce qui vous touche m'intéresse toujours vivement. Je voudrais surtout ■vous voir reprendre la santé et savoir celle de notre cher Maurice assurée. Je crains qu'il ne travaille trop. II assure pourtant qu'il est très fort et jamais