‹ Correspondance, 1812-1876: 1812-1876Chapitre 40 sur 62 · I. Lo Qte de UerlDD. 1. Le-fdnénl F«rripu · texte numérisé non relu

I. Lo Qte de UerlDD. 1. Le-fdnénl F«rripu

£C4 CORRESPOKDAHCE DE CKOBGB SAHb

AH. ALBXANDRB DOUAS FILS, A PARIS Hobanl, 10 «rril tS73.

Cher fils, je tue désintéresse de toutes les théories quand l'art me parle. Aucune théorie, d'aiJIeurs, ne me niche, quand même elle ne me va pas. Il faut que tout soit discuté, la vérité n'est qu'à ce prix. Mais je le répète, l'art est au-dessus des discussions quand il se montre, et j'accepte tous ses points de vue, pourvu que le beau l'éclairé. La pièce est belle et très grande '. Tout ce qu'on a dit, tout ce qu'on dira maintenant pour ou contre, le but qu'on lui prête ou loi assigne, m'est absolument égal. Tout cela est à cAté. Pavre a très bien parlé autour du sujet. Il ne peut pas dire de bélîses et il ne peut que bien parler; mais il aurait beau entourer l'œuvre d'une pluie d'étincelles, la seule chose qui prouve, c'est le foyer ; et, d'ailleurs, il ne prouvera rien à ceux qui ne peuvent rien sentir. Faites beau et ce qu'on n'accepte pas aujourd'hui, on l'acceptera demain.

Les deux premiers actes sont merveilleux. J'aime moins le troisième, non â cause du dénouement (le

1. La Femme de Claude, piice da Dnma» flii, représeplé» au Uiftilre du Gimotse, le 16 janvier 1873.

CORRESPONDANCE DE CEOftCE S&HD Sï$

meartre), qne je vois différent et peut-être plus brutal encore, mais parce que Claude, étant un idéal plus grand que nature, ne devrai! pas, selon moi, se démentir. Tuer est un acte de justice humaine, Claude est au-dessus de celte justice-là. 11 n'est pas besoin d'être na grand homme pour tuer un chien enragé. Celle besogne-là était le fait d'Antonin, son expiation, sa réhabililalion; el Claude prenant le fusil aussilAt, disant devant témoins : < C'est moi qui ai tué, c'élaJI mon droit ! > Claude assumant sur lui seul les suites de l'afTaîre, car il t aura des suites, on ne lue pas un voleur sans en rendre compte, — restait lui-même, c'est-à-dire toujours au-dessus de tout et de tous.

Gela, c'est mon idée, et c'est la manie de tons les auteurs de refaire la pièce à leur guise. N'y voyez qu'une chose, c'est que j'ai pris Claude au sérieui, comme une figure à la Michel- Ange. Gésarine aussi est une ligure de cet ordre-là, k force de laideur, elle est très belle; si elle n'était pas capable de tout, elle serait ratée. Pourquoi cette fureur des femmes conlre un type si réussi? Ah! mon ftls, le public n'est pas artiste. Je ne vous dirai pas qu'il faut lui plaire, mais je dis qu'il faut l'enlrainer. Il regimbe, mais il en revient

Je voulais vous en dire davantage. Voilà Flaubert qui arrive. Je vous embrasse pour moi et pour tous les miens. Compliments à tous les vôtres.

a. SAND.

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DCCCXCIT

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Voire succès, ma bien chère enfant, me cause nn vrai sealimeat de bonheur'.

Vous voilà vengée de toutes les déceptions que vons avez éprouvées. Mon regret avait été vif de ne pas ^ous voir emporter du Conservatoire ce premier prii que vous méritiez si bien, et de voir aussi se Ternier aevant vous les portes du TliéMre-Francais, où est votre place. Aujourd'hui, je me réjouis de ce dernier coup du sort. On en serait encore à vous connaître, tandis que vous voilà classée et hors de page! Bravo! ma chère petite ; restez ce que vous êtes, toujours simple et vraie; l'avenir s'ouvre beau devant vous; ne compromettez votre talent éclos d'aucune manière. Je suis ravie de ne vous avoir donné aucun conseil sur votre rôle; je vous ai appris à apprendre e( à créer d'après vos propres inspirations; j'ai bien rempli ma tâche, et je suis heureuse de voir le public vous récompenser de. si bien remplir la vèlre.

Je vous embrasse de tout mon cœur.

G. s AND

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