Mad émoi 9 elle Barretta venait de débuter à l'Odéen
D,mi,.=db,Gooylc
CODRESPOMOAMCE dlOBOAGS SAlTO
A UADGIIOISBLLB ADRORB 3AND, A KOHAHT Paru, n knU 1873.
Ha Lolo chérie,
Je ferai [uuiir demain nue caissa i touadres». Tu y tTQHTeras :
Ua tombereau de jardin pour toi ou pour TlUUi, si le sien est cassé, et si elle ne trouve pas ceUi-tà trop gnnd. Tu me le diras et j'en apporteiaî iid secand, •elM le choix que vous aurez &il.
Deux poupées qu'jonpeutpeigner:lapelite JubUlée fOur Tkiie, U seconde plus grande pour tu.
Deux ombrelles roses pour vous deux.
Uoe ombrelle parapluie pour toL
Uo^serpeut pour Tilile.
Deux bébés en caoulcbouc, le plus grand pour toi.
Les pelichiuâlles de ma laacchaade soiiU iaids et incommodes; je chercherai ailleurs et j'apporterai ce Hae je pourrai.
le TOUS bige k Bort; je m'enouie bien uns tons, mis je De rest«rai pas lan^emps.
Aiioez (oujoHis votie bonne mè, qui vous chirit.
A M. CHARLBS-BDHOND, A PARIS
Nohut, e Juin 1613.
Je ne suis pas morte, car j'ai appris avec une vraie joie que tous alliez enfin mieux, cher ami. Mais j'&i été absolument idiote depuis que nous nous sommes quittés. J'ai fait de la tapisserie et point dé liKéralure.
Je ne suis pas malade, je ne souiTre de rien, mais je suis faible à oe pouvoir faire dis pas sans être écrasée de fatigue, et le seul remède & ces accès d'anémie, c'est, pour moi, de ne penser à rien avec suite et de rêver sans but. Je ne peux même pas penser à mon roman sans que la sueur me vienne au front. Je vous donnerais bien pour titre un des noms des principaux personnages; mais ce serait m'engagera fînir ce roman* là, tandis que je ne suis pas sûre de ne pas le prendre en horreur quand il s'agira de s'y remettre.
Donnez-moi encore une quinzaine pour revenir k la vie.
Voilà, j'espère, que vous marchez tout à fait et que vous allez aussi vous reprendre. Dites à voire femme et à Loulou toutes mes tendresses. Aurore m'a fait beaucoup de questions sur celle fillelte et a été enchantée d'apprendre qu'elle était jolie elbonneeomme on ange.
Ladite Lolo devient si grande et si forte, qu'on s'étonne de l'entendre encore jouer comme un petit enfant, et, avec cela, dts aperçus, des rayons d'intelli • gence dont on est encore plus étonné. Quel bel âge que celte éclosion d'intelligence avec cet abîme insondable de candeur et de droiture naturelle. Ceux qui méprisent la naturs humaine n'ont jamais lu dans un enfant bien doué et pas corrompu par l'éducation première.
Que faites-voua? Faites-vous déjà quelque chose ? Moi, je suis à la fois enragée et elTrayée de me remettre & l'existence.
Amitiés de nous tous. Amitiés de Maurice, qui poursuit son œuvre avec une patience de bénédictin et une sérénité gaie digne d'admiration. Il arrive aux microlépidoptères, que lui seul peut voir à l'œil nu, et il les prépare I II dit que ce n'est pas I& le difficile, mais que les déterminer est presque impossible, parce qu'ils sont presque tous nouveaux dans la science.
Écrives-Doua et aimçz-nous toujours.
990 COnRSSPOnDAtlCE DK OISOUGE SAHD
A UAliniCK-PA.nL J^LBBBT, JLPA.RIS ^ l(obul.,l4.iiiiiil8n.
Cher enfent,
Je m'inquiète de te s*weir-.clou4 et traTailUnti toujours avec tant de rage, quoique fn4vé de l'air et de l'exercice qui réparent ladépenge du cerveau. Mei, je suis anémique pour le moment, et je ne Tais rira ^ve rfivftsser.
Le mauvais temps ne cesse pas, et mes forces ne reviennent jtas vite. Je fais comme toi : je lis Renan, qui vient de n'arriver, et.GflJa me paraît très beau. Je donne mes petites lecoasÀ Aurore, qui n'est pas une piociieuse comme toi. Elle a une facilité admirable, mais peu de faculté à s'abslraire et à se concentrer. Elle fait tout très bien ou très mal, selon l'air qui souffle, et il n'y a. pas à la contraindre. Ce serait pire. Elle est bonne et tendre, et tomberait dans le désespoir, si on lui faisait un reproche- Je l'attends donc, et, en attendant, je lui mâche et lui résume ce qu'il faut qu'elle commence à comprendre, k voir et k sentir. Elle a grand soin du joli bébé que tes sœurs lui ont envoyé. Elle admire le travail qu'elle n'aurait pas
C(yRRESFONI>AKCE DE GEORGE SADD 2*1 la pfttience'defnre, et mediargede les bien ttBMt' ciep et embraiser pour elle.
Guéris-toi bien vile, mon cher mignon, «t dis-moi quand tu seras sur pied. Tâche de venir nous voir anx Tacanees : noos tn 'sertns tous heureux. Tu ae lous parles pas de tagraud'inère. J'espère qu'elle n'est pas trop maisde. Dîs-lni, ainsi^'àtes pareotset à loaEle cher nid, nos «miiiés et nos tendresses.
Je t'erobrasee Meu' prar moi etpovr'Jes petites. Ta marraiDe,
GEORGE SAHD.
AEDUii; SIHONMET. A LVON
NDbul, 13 JalUtl 1873.
Mon cher mignon.
Je te remercie d'avoir pensé à mon anniversaire. Ta lettre m'a trouvée en bonne santé, grâce à la bonne eau froide et agitée de noire écluse. Me voilà sur pied et me disposant à partiraveclafaraille pour une petite excursion. Je pense' que tout le monde va bien chez toi. J'attends René^et j'ai reçu une bonne lettre d'Albert.
Ton absence a bien attristé ma vie ; je t'assure, mon enfant, que l'animation et l'entrain sont plus d'à moi-
Sn CORHESPONDAEtCB DE GEORGE SAHD
tié partis avec loi. Cela m'est encore plus sensible qu'à tous les autres, qui pourtant le regretleot beaucoup. Hoi, je n'ai pas devant moi une longue existence pour espérer.
Tu as emporté un gros morceau de mon cœur, malgré tout ce qui me reste h soigner, à surveiller et à chérir. Il me semblait que tu m'aimais plus au fond que tous mes autres enrants, sauf Maurice ; mais je le regardais comme mon petit-fils ou le fils direct de mon pauvre frère.
Enrm c'est pour [on avenir et ton devoir que j'accepte ton éloignement sans amertume, mais non pas sans chagrin.
Va do l'avant, il le faut. Travaille ferme et, en dehors de ton élat, sache l'instruire par l'observation, la comparaison et la réflexion, qui te donneront de plus en plus l'amour du vrai.
Je t'embrasse tendrement pour moi et les deui générations d'après. Les petites grandissent, sont loajours geutilles et t'aiment
Ta tante,
a. SAHD.
COnnESPONDANCE DE GEORGE SAND
DCCCXCIX
B FLAUBBHT, A CB0I3SI
OÙ se retrouver, à présent? où es-tu niché? Moi j'arrive d'Auvergue avec toute ma smala, Plauchut compris. C'est beau, l'Auvergne; c'est joli surtout. La Hore est toujours riche et întAressante, la promenade rude, le logement difficile. J'ai tout supporté très bien, sauf les deux mille mètres d élévation du Saucy, qui, mêlant un Tent glacé à un soleil brûlant, m'ont llanqué quatre jours de fièvre. Après cela, j'ai repris le courant et je reviens ici continuer mes bains de rivi'^re jusqu'aux gcl;;es.
De travail quelconque, de lillérafure à quelque degré que ce soit, il n'a pas été plus question que si aucnn de nous eût jamais appris à lire. Les poàtes du cru me poursuivaient avec des livres et des bouquets. J'ai fait la morte et ou m'a laissée tranquille. J'en suis quitte, en rentrant chez moi, pour envoyer un eiemplaire de moi, n'importe quoi en échange. Ah ! que j'ai vu de beaux endroits et des combinaisons volcaniques bizarres, où il eût fallu entendre lire ton Saint Antoine dans un cadre digne du sujeti A quoi servent ces joies de la vision et comment se tra-
391 CiORRESPONDAHCË IKE GEOKGE SAKD duisent plus tard les impressions reçues? on ne le sait pas d'avance, et, avec le temps et le laisser aller de la vie, tout se rcirouve et s'enchâsse.
Quelles nouvelles de ta pièce ? As-tu commencé ton livre? As-tu choisi une station d'étude? Ecris-moi, ne fût-ce qu'un mol. Dis-moi que tu nous aimes toujours comme nous t'aimons tous ici.